Automobile

Marché du platine : « Les investisseurs ont surréagi à l’affaire Volkswagen »

Par

Directeur associé chez SNL Metals & Mining.

Une bonne partie de la demande de platine provient de la fabrication des pots catalytiques pour les motorisations diesel.

Une bonne partie de la demande de platine provient de la fabrication des pots catalytiques pour les motorisations diesel. © Reuters

Dans cette tribune, Magnus Ericsson, directeur associé chez SNL Metals & Mining, analyse pour « Jeune Afrique » l’impact de « l’affaire Volkswagen » sur le marché du platine. Pour rappel, fin septembre, les autorités américaines ont contraint le constructeur automobile allemand à rappeler près de 500 000 véhicules, l’accusant d’avoir volontairement enfreint certaines réglementations anti-pollution.

L’affaire du trucage par Volkswagen de ses tests antipollution sur ses moteurs diesel a eu un impact important sur le marché du platine : après les révélations dans la presse, le prix du métal a été fortement chahuté, atteignant le 30 septembre son plus bas niveau depuis 2009.

Demande

Selon moi, les investisseurs ont surréagi. Certes, une bonne partie de la demande de platine provient de la fabrication des pots catalytiques pour les motorisations diesel.

Une baisse de la demande sur ce type de véhicules pourrait donc en affecter les prix. Mais il faudra encore attendre longtemps avant de voir d’éventuels changements de motorisation dans la demande automobile mondiale, puis d’en mesurer l’impact sur les cours. Qui plus est, on utilise aussi du platine pour les motorisations essence, bien qu’en plus petite quantité.

Par ailleurs, n’oublions pas que le marché du platine est très concentré : le sud-africain AngloAmerican Platinum et le russe Norilsk Nickel se partageant plus de 60 % du marché, ils ont les moyens de jouer sur l’offre pour faire monter les prix.

Source : lesechos.fr

Évolution du cours du platine à la Bourse de Londres. © Source : lesechos.fr

Prétexte

Reste que les producteurs de platine, fortement présents en Afrique du Sud (AngloAmerican Platinum, mais aussi Impala Platinum), pourraient trouver dans cette baisse conjoncturelle un prétexte pour fermer plusieurs de leurs mines dans la nation Arc-en-Ciel, un pays jugé politiquement risqué à cause des tensions sociales qui y perdurent.

Certaines exploitations sud-africaines, anciennes et peu mécanisées, ont des coûts d’exploitation élevés et pourraient donc être les premières touchées, avant celles de Russie. Au Zimbabwe, dont le sous-sol recèle aussi du platine, il est peu probable que de nouvelles grandes mines entrent en exploitation tant que le régime d’investissement obligera à une association avec un groupe local.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte