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Cet article est issu du dossier «Aérien : l'Afrique à tire-d'aile»

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Transports

Sabena Aerospace accélère en Afrique

Un appareil de la compagnie ECAir.

Un appareil de la compagnie ECAir. © ECAir

Après la RD Congo et la Tanzanie, le groupe belge s'implante au Congo. Outre un centre de maintenance, il compte y développer une activité de formation à destination des compagnies aériennes.

Après avoir quitté le giron du groupe français TAT en fin d’année dernière, Sabena Aerospace, héritière du savoir-faire de la compagnie belge Sabena, disparue en 2001, renforce son implantation sur le continent africain.

L’entreprise a signé, en juillet, un accord de coentreprise avec la compagnie du Congo, Equatorial Congo Airlines (ECAir), pour l’ouverture d’un centre de maintenance au départ de Brazzaville. Ce centre, en cours de certification pour les normes EASA (normes de l’Agence européenne de la sécurité aérienne, plus hauts standards de qualité), est destiné aux pavillons locaux et internationaux, et devrait démarrer ses opérations en octobre.

Hub régional

Le Congo est le troisième pays d’implantation de Sabena Aerospace en Afrique, après la RD Congo (où il est présent depuis deux ans auprès de Fly CAA) et la Tanzanie (où il travaille depuis trois ans avec Fastjet). C’est aussi le premier hub régional de maintenance légère. Objectif du groupe belge : réaliser la moitié des activités avec ECAir et le reste avec d’autres clients.

De nombreuses flottes africaines sont interdites de vol dans l’Union européenne et aux États-Unis

« Pour faire décoller un avion, il faut un équipage, des techniciens, des mécaniciens, une infrastructure certifiés selon des standards internationaux, explique Marc Hallaert, directeur des ventes et du développement chez Sabena Aerospace. Or aujourd’hui, en Afrique subsaharienne, ces standards n’existent pas. Les compagnies viennent donc avec leurs propres solutions de maintenance, leurs mécaniciens, ce qui coûte beaucoup d’argent. Par ailleurs, de nombreuses flottes africaines sont interdites de vol dans l’Union européenne et aux États-Unis. Il s’agit donc pour nous de proposer aux compagnies et aux aéroports africains une solution intégrée combinant formation, support et maintenance. »

Sur place, les concurrents principaux sont Lufthansa et Air Industries. « Nous avons le même niveau de qualité qu’eux, mais pour ces gros groupes les coûts de fonctionnement sont plus élevés. Ils s’occupent de leurs propres avions et prennent peu de clients extérieurs », indique Marc Hallaert.

Le nouveau hangar de Brazzaville pourra ainsi accueillir tous les types d’avions, jusqu’au Boeing 787

Programme

En juin, le groupe belge a signé un accord avec le Wallonie Aerotraining Network, centre spécialisé dans les formations à destination du secteur aéronautique, afin de monter un programme pour le vendre aux compagnies aériennes et aux aéroports africains.

Des instructeurs belges seront ainsi envoyés dans les écoles et, au terme de stages réalisés dans les sociétés africaines de Sabena Aerospace, les étudiants pourront être recrutés localement.

Le groupe belge, qui a vendu ce premier programme à Fly CAA en RD Congo, va aujourd’hui plus loin avec ECAir en construisant ses propres infrastructures de support et de maintenance. Le nouveau hangar de Brazzaville pourra ainsi accueillir tous les types d’avions, jusqu’au Boeing 787.

Chiffre d’affaires

Sur le continent, Sabena Aerospace assure déjà le support et la maintenance pour Turkish Airlines, Air France, Air Côte d’Ivoire, etc. « Sur les programmes et formations engagés, on se donne cinq ans environ pour sortir un pays de la liste noire. Cela signifie qu’il y a un travail à faire sur la mise à niveau des compagnies aériennes, mais aussi sur les infrastructures aéroportuaires », indique Marc Hallaert.

Sabena Aerospace compte quelque 400 travailleurs en Belgique et une trentaine de personnels locaux en Afrique. En 2015, la compagnie table sur un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros, dont 15 % seront réalisés sur le continent, avec un objectif à court terme de 30 %. Dans le viseur, l’aéroport de Dakar, très fréquenté, devenu un goulot d’étranglement faute de compétences.

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