Défense

Abd Rabbo Mansour Hadi : le président du Yémen de retour par la petite porte

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Le 21 février 2012, à Sanaa, lors de son élection.

Le 21 février 2012, à Sanaa, lors de son élection. © HANI MOHAMMED/AP/SIPA

Six mois après avoir fui le pays, le président du Yémen est de retour. Mais la capitale reste aux mains des rebelles houthistes.

Arrivé dans la foulée des bottes saoudiennes, le président du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, a fait un retour peu triomphal à Aden, grande ville du Sud récemment libérée, qu’il avait fuie le 26 mars devant l’avancée fulgurante de ses ennemis houthistes.

À la faveur de l’instabilité qui a suivi la révolution de 2011 et avec l’appui des troupes ralliées au président déchu Ali Abdallah Saleh, ces miliciens chiites originaires du Nord montagneux ont conquis la capitale, Sanaa, en septembre 2014, avant de s’enfoncer profondément dans le Sud. Le renfort, en juillet dernier, de 3 000 soldats émiratis pour appuyer au sol les efforts de la coalition anti-houthiste menée par l’Arabie saoudite a permis la reprise de la deuxième ville du pays.

Les houthistes rompus à la guérilla promettent de faire de la capitale un Falloujah yéménite

Symboliquement, Hadi a présidé dès son retour une réunion de son gouvernement, brandissant sa légitimité face aux « milices putschistes ». « Nous sommes aujourd’hui à Aden. Nous serons demain à Taëz [troisième ville du Yémen] puis dans la capitale », a-t-il affirmé. Un optimisme prématuré, même si son camp, appuyé par des milliers de soldats émiratis, qataris, bahreïnis et saoudiens, a lancé une vaste offensive en direction de Sanaa, le 13 septembre, après qu’une soixantaine de soldats de la coalition sunnite ont été tués par un missile le 4 septembre.

Face au contingent étranger, aux troupes restées loyales à Hadi et à ce que le président nomme « la résistance populaire » (des milices tribales, islamistes voire jihadistes aux visées divergentes), les houthistes rompus à la guérilla promettent de faire de la capitale un Falloujah yéménite. Dans ce pays où le courage est considéré comme la première des vertus, Hadi le fuyard ne suscite plus quant à lui que le mépris de ses compatriotes.

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