Politique

Algérie : Athmane Tartag, successeur de Toufik à la tête du renseignement

Le président Abdelaziz Bouteflika a nommé Athmane Tartag à la tête du DRS © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Athmane Tartag, dit Bachir, a succédé à Mohamed Mediène, le "Monsieur Sécurité" du DRS en Algérie. Retour sur le parcours de cet homme secret, réputé réservé en public mais dur dans ses méthodes.

Au début des années 1970, quand Athmane Tartag, qui prépare alors une licence de géographie à l’université de Constantine, fait la connaissance de Mohamed Mediène, il ne se doutait pas qu’il lui succéderait un jour à la tête des services. Pour rendre hommage à Toufik, le nouveau patron du renseignement a organisé, le 15 septembre, deux jours après sa nomination, un déjeuner en l’honneur de celui qui fut son ami et mentor.

Comme Toufik, Athmane Tartag, dit Bachir, est un homme secret. Il n’existe aucune biographie officielle de lui et ses photos sont rares. Originaire de l’Est, l’homme a fait carrière dans la sécurité militaire avant de diriger, dans les années 1990, la lutte contre le terrorisme au sein du Centre principal d’investigation militaire (CPIM).

Spécialiste de l’infiltration qui a permis le démantèlement des Groupes islamiques armés (GIA), Tartag, qu’on surnomme aussi le Bombardier, est réputé pour ses méthodes dures. « C’est un fonceur, une tête brûlée, admet un ancien des services. Mais en public, il est réservé, voire timide. »

Lorsque le président Bouteflika sonne l’heure de la réconciliation nationale, Tartag est écarté. « Toufik, qui a beaucoup d’affection pour lui, le soutiendra durant sa traversée du désert », raconte un ex-officier de l’armée. En 2011, Bachir reprend du service à la tête de la Direction de la sécurité intérieure (DSI), devenant ainsi une sorte de numéro deux du DRS.

Son principal fait d’arme : la gestion de l’attaque terroriste contre le site gazier d’In Amenas en janvier 2013, qui s’est soldée par l’élimination des assaillants. S’est-il brouillé avec son chef ou a-t-il failli dans sa mission, qui consistait à empêcher qu’Amar Saadani s’empare du FLN en août 2013 ?

Toujours est-il que Tartag est admis à la retraite en janvier 2014. Mais sa mise au ban sera de courte durée. Neuf mois plus tard, il est nommé conseiller à la sécurité à la présidence de la République, antichambre de la succession de Mohamed Mediène.

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