Elections

Maroc : qui sont les grands gagnants et les grands perdants des régionales et des communales ?

Une Marocaine vote lors des élections locales, à Casablanca, le 4 septembre 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Les électeurs marocains ont plébiscité le PJD d'Abdelilah Benkirane lors des élections communales, délaissant les partis de ses adversaires historiques que sont le PAM ou Al Badil. Qui sont les nouveaux maires des grandes villes marocaines, et qui est destitué ?

LES GRANDS GAGNANTS …

Bachir Abdellaoui (PJD) : Tanger

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La ville du détroit était de longue date promise au PJD, qui a patiemment bâti son implantation dans une région plutôt conservatrice. En 2009, Samir Abdelmoula avait pris la mairie sous la bannière du Parti Authenticité et Modernité (PAM) en ralliant toutes les formations contre les islamistes. Il a depuis quitté le PAM… pour le PJD. Le maire sortant, Fouad El Omari, n’est autre que le frère d’Ilyas El Omari. Cette prise a un goût presque aussi savoureux pour le PJD que celle de Fès. Ancien chef de l’opposition communale, le nouveau maire est Bachir Abdellaoui, 57 ans, un enseignant du secteur public. Le PJD a remporté 47 des 84 sièges de Tanger.

Abdelaziz El Omari (PJD) : l’homme de confiance du Premier ministre nouveau maire de la ville blanche

Le nouveau maire de la capitale économique est un homme discret, mais pas un inconnu. Né à Errachidia, cet ingénieur de 47 ans formé à l’École Mohammadia d’ingénieurs (EMI) est, depuis mai 2015, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, en remplacement de son camarade El Habib Choubani, après avoir été élu sans discontinuer aux législatives, de 2002 à aujourd’hui. Au sein du PJD, il a été successivement chef du groupe parlementaire et directeur général du parti. Avec 74 sièges sur les 147 que compte le conseil de la ville, sa majorité semble plus solide que celle de son prédécesseur Mohamed Sajid (Union constitutionnelle).

Driss El Azami El Idrissi (PJD) : le ministre délégué au Budget prend Fès à Hamid Chabat

Àbientôt 49 ans, il vient d’entrer dans la légende de Fès et de son parti en évinçant avec éclat Hamid Chabat. Le secrétaire général de l’Istiqlal avait fait de son fief de la capitale spirituelle la première marche de son ascension politique. La défaite de Chabat tient beaucoup au rejet qu’il suscite par ses outrances et aux soupçons que dégage sa gestion cavalière de la commune. Face à lui, le PJD a choisi de mettre en avant un « Fassi de souche » au profil rassurant, jouant sur ses qualités de sérieux et de probité. Ministre délégué au Budget depuis 2012, El Azami El Idrissi n’avait jusque-là jamais été élu. Son parti a raflé les six communes d’arrondissement.

Jamaa Moatassim (PJD) : la mairie de Salé par la grande porte

Formidable revanche pour l’actuel chef de cabinet du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane ! Élu en 2009 à la présidence du conseil d’arrondissement de Salé-Tabriquet, Jamaa Moatassim avait été arrêté pour soupçons de corruption et jeté en prison, au grand dam de ses camarades, qui ont toujours clamé son innocence. Libéré à la faveur des manifestations de février 2011, nommé par le roi au Conseil économique, social et environnemental (CES), il revient à la mairie de la ville de Salé par la grande porte. Le PJD a remporté 39 sièges sur 86 et ne devrait pas rencontrer de difficultés pour construire une majorité.

 

LES GRANDS PERDANTS …

Tariq Kabbage (Al Badil) : Agadir

Hassan Ouazzani/J.A.

Hassan Ouazzani/J.A.

C’est l’une des défaites attendues de ce scrutin : le maire sortant Tariq Kabbage a perdu la mairie d’Agadir, dernière grande ville restée entre les mains de la gauche en 2009. Ancien membre dirigeant de l’USFP, Kabbage, 67 ans, grand propriétaire terrien dans le Souss, a pris la tête du nouveau parti Alternative démocratique (AD, Al Badil), issu d’une scission avec l’USFP. En 2009, il s’était allié localement avec le PJD pour former une majorité. Ses alliés d’hier n’ont plus besoin de lui aujourd’hui pour diriger la capitale de l’une des régions les plus attractives du pays par ses atouts économiques (agriculture, pêche, tourisme).

Fatima-Zahra Mansouri (PAM) : Marrakech

Joelle Vassort/Max PPP

Joelle Vassort/Max PPP

Première femme maire d’une grande ville, Fatima-Zahra Mansouri n’a pas pu garder l’une des plus belles prises de son parti lors des communales de 2009. Confrontée à la forte progression du PJD, elle n’a même pas tenté de briguer la présidence du conseil de la ville après l’annonce de résultats décevants. En revanche, son rival Larbi Belcaid du PJD a pris une avance telle que la mairie ne semble pas pouvoir lui échapper. Face à lui, Abdelaziz El Banine, du Rassemblement national des indépendants, qui, à l’encontre de la logique nationale, s’est allié avec le PAM et l’Istiqlal. Le PAM essaiera de se consoler avec la présidence de la région Marrakech-Safi.

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