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L’Hôpital Salah Azaiez, à Tunis, est le premier institut tunisien de traitement contre le cancer.

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Santé : comment les classes moyennes africaines gèrent-elles leur budget ?

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Économie

Tunisie : Zaineb, remboursée tant que tout va bien

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 17:56

L’hôpital Salah Azaiez, à Tunis

Pour Zaineb, il y a eu un avant- et un après-2004, année de la création de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam). « J’ai deux enfants, dont l’un est né par césarienne en 1995, raconte-t-elle. Nous avons dû payer 2 000 dinars pour l’intervention. »

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Une somme importante pour cette famille qui gagne 1 800 dinars par mois (environ 820 euros) : Zaineb travaille comme documentaliste dans l’enseignement supérieur, son mari est cadre dans le domaine de l’agriculture à Tunis.

Depuis l’apparition de la Cnam, dont les cotisations sont directement prélevées sur les salaires, Zaineb ne débourse plus qu’une centaine de dinars de sa poche chaque année pour les soins de santé : « Nous sommes remboursés à hauteur de 500 dinars par an, auxquels s’ajoutent 100 dinars par personne, enfants inclus, au titre de ma complémentaire santé. Nous avons donc le droit à un remboursement de 900 dinars par an et nous en dépensons un millier environ. »

Au moindre ennui de santé important, la facture grimpe

Mais à regarder les chiffres en détail, le bénéfice n’apparaît pas si flagrant. Entre les cotisations à la Cnam et la mutuelle, 7,2 % du revenu de la famille est alloué aux dépenses de santé, contre un remboursement équivalent à 4,2 %. Et au moindre ennui de santé important, la facture grimpe. « Les remboursements, c’est trois fois rien, se désole Zaineb. Mon mari a eu une opération de la cataracte qui a coûté 1 300 dinars, et on n’a été remboursé qu’à hauteur de 550 dinars. On a de la chance, personne n’a eu de gros ennuis chez nous. »

Souffrant d’arthrose, Zaineb se paie des séances de kinésithérapie dont les remboursements par la Cnam sont « à la tête du client, déplore-t-elle, nous ne sommes pas assez bien informés ».

Ce déficit d’information est l’un des principaux défauts du système de santé, selon Zied Mhirsi, président de l’ONG Tunisian Center for Public Health : « Le pays n’a jamais investi dans la prévention alors que les maladies chroniques se développent à mesure que la population vieillit. Si rien n’est fait à ce niveau, notamment concernant les maladies cardio-vasculaires, le déficit de la Cnam [32 millions de dinars début 2014] ne finira jamais de se creuser. »