Politique économique

Akinwumi Adesina : Grand oral réussi

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 15h00
Le Nigérian Akinwumi Adesina a officiellement pris ses fonctions de patron de la BAD.

Le Nigérian Akinwumi Adesina a officiellement pris ses fonctions de patron de la BAD. © Eric Piermont/AFP

Le Nigérian a officiellement pris ses fonctions de patron de la BAD. Les mots d’ordre de son discours inaugural ? La lutte contre les inégalités, la promotion du secteur privé et l’intégration régionale.

Akinwumi Ayodeji Adesina peut afficher son plus beau sourire sous les ors de l’hôtel Ivoire d’Abidjan. Élu président de la Banque africaine de développement (BAD) le 28 mai lors des assemblées annuelles de l’institution, l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture, 55 ans, a officiellement pris ses fonctions le 1er septembre devant une assistance aussi nombreuse que prestigieuse, où figuraient au premier rang Alassane Dramane Ouattara, le président ivoirien, Yemi Osinbajo, le vice-président nigérian, et le Rwandais Donald Kaberuka, son prédécesseur. Face à son auditoire, celui qui dirigera la BAD ces cinq prochaines années était visiblement aussi à l’aise dans son nouveau rôle que dans son costume gris souris.

Cet « Africain de cœur » l’a plusieurs fois juré : il ne roulera pas pour le Nigeria mais pour toute l’Afrique

Discours inaugural

Il a longuement remercié sa « grande sœur », Ngozi Okonjo-Iweala, l’ex-ministre nigériane des Finances, qui, en coulisses, a beaucoup œuvré pour l’élection de son compatriote. Après avoir fait sourire avec quelques anecdotes sur ses jeunes années passées en Côte d’Ivoire et rendu hommage à Donald Kaberuka pour son action, dix années durant, à la tête de la principale institution financière du continent, Akinwumi Adesina a rappelé dans son discours inaugural la direction qu’il entend insuffler à la banque et à l’Afrique durant son mandat. Le tout dans un français impeccable, hérité de ses multiples passages en Afrique francophone durant sa carrière.

Recentrant son nœud papillon en même temps que son allocution, le huitième président de la BAD a de nouveau précisé ses objectifs pour l’Afrique : lutte contre les inégalités, promotion du secteur privé, intégration régionale. Il a surtout promis un « new deal énergétique » pour stimuler l’industrialisation et donc le développement du continent.

 

 

Des défis à relever

Réussira-t-il à réformer la BAD comme il a réformé l’agriculture de son pays ? Loyaliste, Akinwumi Adesina a plusieurs fois répété que son action s’inscrirait dans les pas de celle de son prédécesseur, qui a fait de l’institution un interlocuteur crédible et réputé. C’est sur l’organisation interne qu’il entend agir, en contrôlant les coûts pour optimiser l’aide et en réformant l’administration pour améliorer l’efficacité de la machine.

D’autant que la banque se trouve à un tournant, face à une concurrence qui n’a jamais été aussi acérée. La BAD va donc devoir innover et, pour consolider et densifier ses liens avec les différents organismes publics et privés impliqués dans le développement du continent, Akinwumi Adesina compte bien s’appuyer sur son volumineux carnet d’adresses patiemment compilées pendant plus de trente ans.

Cet « Africain de cœur », comme il se définit lui-même, l’a plusieurs fois juré : il ne roulera pas pour le Nigeria mais pour toute l’Afrique. Ne serait-ce que pour la remercier de son soutien lors de son élection. Fort de sa légitimité et du soutien indéfectible de son pays, premier contributeur de la banque panafricaine avec 9,3 % des parts, le docteur Adesina semble avoir tous les instruments en main pour remplir la mission qu’il s’est fixée : faire de la BAD une institution de développement modèle.

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