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Diasporas

Diaspora : si loin, si proche

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François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Rassemblement de l'opposition congolaise contre Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi, à Bruxelles, le 28 août. © Colin Delfosse pour J.A.

Ils donnent de la voix à plusieurs milliers de kilomètres de leur pays, mais entendent bien peser sur le choix du prochain chef de l'État : Centrafricains, Comoriens, Congolais, Gabonais, Guinéens et Ivoiriens d'Europe, qui sont-ils ? De Bruxelles à Paris, autopsie d'un électorat ultraconnecté.

Pour eux, tout a changé au début de ce siècle, avec l’apparition brutale, massive, envahissante, des nouvelles technologies de la communication. Autrefois, les Africains de la diaspora s’informaient de la vie politique du pays au rythme lent du courrier postal et des queues devant les cabines téléphoniques. Internet, le téléphone portable et la télévision par satellite ont radicalement bouleversé leur rapport avec leur communauté d’origine, transformant l’émigré pourvoyeur de mandats en acteur politique à part entière.

L’influence des diasporas est à la mesure de l’écho qu’elles renvoient : à la fois déterminante, donc objet permanent d’attention et de séduction de la part des pouvoirs et des oppositions, et disproportionnée par rapport à leur poids électoral réel.

Leur place dans les élections

Bénéficiant en Europe d’un espace de liberté, d’un accès aux ressources et d’un niveau d’éducation souvent plus importants que dans le pays où plongent leurs racines, ces « diaspos » se font entendre et se donnent à voir, particulièrement en période électorale, qu’ils soient ou non autorisés à voter.

Attention toutefois à l’effet d’optique et à bien distinguer la majorité silencieuse de la minorité qui s’exprime et au sein de laquelle les opposants sont en général surreprésentés. Attention aussi à ne pas perdre de vue les appartenances communautaires et les régions d’origine de chacun de ces groupes, que l’« exil » est loin d’avoir effacées.

 

 

Si la participation de la fraction la plus politisée de cette diaspora aux débats politiques se fait pour le meilleur, elle peut aussi côtoyer le pire. Sur les réseaux sociaux, la violence verbale exacerbée tient trop souvent lieu d’arguments, alors que, dans certains quartiers de Paris, de Bruxelles ou de leurs banlieues, la violence physique des « combattants » congolais, des gros bras ivoiriens ou des commandos de Rwandais revanchards s’exerce parfois sur fond de paranoïa aiguë. À la fois si proche et si lointaine, la diaspora africaine est, sur ce plan aussi, en quête d’un improbable équilibre.

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