Diplomatie

Nations unies : cherchez la femme

Réservé aux abonnés | | Par - à New-York
Mis à jour le 11 septembre 2015 à 12h53
Dans le hall d’entrée du Palais de verre, à New York.

Dans le hall d'entrée du Palais de verre, à New York. © Matt Mawson/Corbis

En verra-t-on une, brisant le trop fameux « plafond de verre », accéder un jour au secrétariat général ? Pour la première fois, la chose paraît envisageable. Et déjà, des noms circulent.

La galerie des portraits des huit secrétaires généraux qui ornent l’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies, à New York, est d’une désespérante monotonie : on y chercherait en vain une physionomie féminine. Les choses pourraient-elles changer un jour ? C’est en tout cas le vœu d’une quarantaine d’États membres et de nombreuses personnalités qui estiment le moment venu de briser le « plafond de verre » qui empêche les femmes d’accéder au sommet de la hiérarchie onusienne. Le 24 août, ils ont reçu l’appui du New York Times.

L’ONU, qui fête ce mois-ci son 70e anniversaire, prépare la succession de son actuel secrétaire général, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, dont le second et dernier mandat arrivera à expiration le 31 décembre 2016. Or force est de reconnaître que celui-ci a beaucoup fait pour féminiser l’organigramme.

 

Parmi les prétendantes : Michelle Bachelet, Irina Bokova ou encore Kristalina Georgieva

 

Quelles prétendantes à la fonction suprême ?

Parmi les prétendantes à sa succession figurent Michelle Bachelet, présidente du Chili et ancienne directrice exécutive d’ONU femmes, la Bulgare Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, et Kristalina Georgieva, autre Bulgare qui, pour sa part, est vice-présidente de la Commission européenne. Mais une Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande et chef du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), une Christine Lagarde, la patronne du FMI, ou une Ellen Johnson-Sirleaf, l’actuelle présidente du Liberia, ont des partisans.

Dans cette campagne, c’est la Colombie qui mène la danse. À ce jour, quarante-quatre pays se sont ralliés à son initiative, parmi lesquels… aucun membre permanent du Conseil de sécurité. Or ce sont la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie qui ont la haute main sur la sélection du secrétaire général… Matthew Rycroft, le représentant britannique, a toutefois indiqué que, à compétences égales, son pays soutiendrait une éventuelle candidate féminine contre tous ses rivaux masculins. À noter que le représentant des États-Unis auprès des Nations unies (Samantha Power) est une femme – ce qui est également le cas de 20 % de ses collègues.

 

 

Une procédure peu transparente

Même si la charte des Nations unies reste muette quant au mode de désignation du secrétaire général, c’est, en pratique, le Conseil de sécurité qui annonce, au terme de négociations à huis clos, le nom de son favori. Lequel est ensuite ratifié par l’Assemble générale. Une procédure peu transparente que nombre d’États membres emmenés par la Croatie et la Namibie souhaitent amender. S’ils ne proposent pas de soumettre l’élection du patron de l’organisation au vote des 193 pays membres, les contestataires voudraient que ces derniers puissent proposer des candidats ou, à tout le moins, examiner les compétences de ceux que le Conseil a pressentis.

De nouvelles orientations allant dans ce sens sont en train d’être négociées et pourraient être finalisées dans le courant de ce mois de septembre. Ce serait une avancée non moins considérable que le choix d’une femme comme secrétaire général. Il deviendrait alors possible de s’attaquer à un chantier éternellement en attente : celui de la réforme du Conseil de sécurité lui-même, afin de le rendre plus représentatif et de désigner de nouveaux membres permanents, parmi lesquels au moins un africain. Mais ça, ce sera une autre paire de manches !

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