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Cet article est issu du dossier «Dans les secrets des palais présidentiels africains»

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Politique

Palais présidentiels : en Côte d’Ivoire, Houphouët et le cordon colonial

Félix Houphouët-Boigny et De Gaulle, au Palais de l'Élysée, en 1961. © AFP

À Abidjan, un tunnel relie la résidence du chef de l'État à l'ambassade de France. Tout un symbole.

Il ne fait que cent mètres de long, mais c’est le tunnel le plus célèbre du continent. À Abidjan, en 1962, Félix Houphouët-Boigny a fait percer un souterrain entre sa résidence des bords de la lagune Ébrié et celle de l’ambassadeur de France. Côté ivoirien, on entrait dans ce tunnel par une porte située dans les sous-sols du bâtiment présidentiel. Puis on dévalait un escalier. Côté français, on en ressortait au niveau du mur d’enceinte qui sépare les deux résidences.

Aujourd’hui, on peut encore apercevoir dans ce mur une porte métallique et, juste au-dessus, un auvent en parpaing et en tôle ondulée. De 1962 à 1993 – jusqu’à la mort d’Houphouët -, cet ouvrage a été soigneusement entretenu et gardé par l’armée française. Une reproduction aurait même été construite à l’intérieur de la citadelle de Bayonne, dans le sud-ouest de la France, pour permettre aux soldats du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de s’entraîner. Houphouët ne s’en est jamais servi, mais pendant plus de trente ans ce tunnel a matérialisé le lien ombilical entre la France et son ancienne colonie.

Après son arrivée au pouvoir, Henri Konan Bédié a fait savoir que le tunnel était désormais obstrué. Vrai ou faux ? En tout cas, lors de sa fuite, en décembre 1999, il n’a pas eu à l’emprunter. Puis l’ouvrage a été laissé à l’abandon. Le 11 avril 2011, lors de l’assaut final sur la résidence des Gbagbo, certains partisans du couple affirment que des forces spéciales françaises ont débouché le tunnel à l’explosif afin de l’utiliser comme voie d’accès. Aucun témoignage, aucune source indépendante ne valide cette version et la France dément catégoriquement. Mais tant qu’il ne sera pas détruit, ce tunnel postcolonial restera le boyau de tous les fantasmes…

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