Politique

Cameroun : au palais d’Etoudi, le perroquet de Chantal Biya

Réservé aux abonnés | | Par , et
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h56
Le perroquet de Chantal Biya donnait régulièrement des sueurs froides au personnel.

Le perroquet de Chantal Biya donnait régulièrement des sueurs froides au personnel. © Ludek Perina/AP/SIPA

Mystérieuses, objets de crainte et de fantasmes, les résidences des chefs d’État et ce qu’y font leurs locataires ne laissent personne indifférent. Deuxième article d’une série en 15 épisodes.

Lorsque, en 2012, Dicko Toké perd la vie entre les puissantes mâchoires d’un crocodile de trois mètres de long, les Ivoiriens redécouvrent ce qui est encore l’une des principales attractions touristiques de Yamoussoukro. Le « vieux » soigneur, qui a veillé sur les animaux et animé le lac aux caïmans situé à l’entrée du palais pendant plus de trente ans, avait été recruté par Félix Houphouët-Boigny. Le président aimait lui aussi venir nourrir ses crocos, arrivés jeunes du sud de la Côte d’Ivoire, mais aussi du Cameroun et du Mali – cadeaux de chefs d’État. D’autres palais ont eu, et ont encore, des locataires surprenants.

Des témoins gardent en mémoire la rage folle de la première dame hurlant un après-midi de mars 2013.

En 2006, le président Amadou Toumani Touré fête le centenaire de la cité malienne de Koulouba en grande pompe et organise une semaine d’événements consacrés à l’histoire du palais présidentiel. Un ancien employé raconte alors que, sous la tutelle du gouverneur français Edmond Louveau (1946-1952), un lion « domestique » se promenait dans les jardins. Était-ce bien raisonnable ?

À Yaoundé, au Cameroun, dans le petit pavillon qu’occupe le couple Biya dans l’enceinte du palais d’Etoudi, un volatile farceur donne régulièrement des sueurs froides au personnel : le perroquet de « Chantou ». Son tour préféré ? Disparaître. Des témoins gardent en mémoire la rage folle de la première dame hurlant un après-midi de mars 2013 : elle s’imaginait l’avoir perdu pour de bon. Le temps s’était arrêté, tout le personnel s’était mis en quatre – parfois à quatre pattes – pour le retrouver. Une fois le petit coquin repéré, Chantal Biya avait enfin daigné honorer l’un de ses rendez-vous, qui avait dû patienter trois bonnes heures.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte