Politique

Maroc : Bensaïd Aït Idder, l’ancien opposant à Hassan II décoré

Mohamed Bensaïd Aït Idder. © AIC Press

Le 30 juillet Mohamed Bensaïd Aït Idder qui incarne l'âme de la gauche marocaine recevait la plus haute distinction royale.

Costume-cravate, chapeau « nationaliste », Mohamed Bensaïd Aït Idder avance, à l’aide de sa canne, vers Mohammed VI. Il salue le roi d’une main tremblante (il a 90 ans) et reçoit les insignes du Wissam al-Arch, ordre du Trône, la plus haute distinction royale. Ce 30 juillet, une belle consécration attendait l’ancien opposant à Hassan II.

Condamné à mort en 1963

Membre de l’Armée de libération nationale, Bensaïd Aït Idder incarne l’âme de la gauche marocaine. En 1963, il est condamné à mort pour « complot contre la monarchie » et s’exile en France. Il ne rentrera au Maroc qu’au début des années 1980, à la faveur d’une amnistie, pour fonder l’Organisation de l’action démocratique populaire (OADP) et devient député en 1984. Au sein du Parlement, Bensaïd Aït Idder est l’un des premiers à parler publiquement du bagne de Tazmamart, triste souvenir des années de plomb.

Respecté pour son intégrité

En phase avec les idées de l’extrême gauche, son parti appelle à voter contre le projet de Constitution de 1996 proposé par Hassan II, qui, selon lui, ne limitait pas assez les pouvoirs du roi. Il ne cautionne pas non plus le pacte de l’alternance entre Hassan II et Abderrahmane Youssoufi, à l’époque premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Ces positions radicales auront raison de l’unité de l’OADP, qui ne se réunifiera qu’en 2005, avec d’autres composantes de gauche, sous la bannière du Parti socialiste unifié (PSU). Respecté pour son intégrité et la constance de ses positions, Bensaïd a toujours défendu une gauche unie. Au crépuscule de sa vie, il en rêve encore.

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