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Cet article est issu du dossier «Congo-Brazzaville : Trêve olympique»

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Capital-investissement

Capital-investissement : Loic Mackosso tente une première à Brazzaville

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Mis à jour le 25 août 2015 à 11h46
Agrobusiness, TIC, services financiers… Loic Mackosso veut contribuer à la diversification de l'économie du pays.

Agrobusiness, TIC, services financiers… Loic Mackosso veut contribuer à la diversification de l'économie du pays. © Lebon Ziavoula pour J.A.

Après cinq ans d’activité, la société de conseil Aries s’apprête à lancer le premier fonds d’investissement du pays. Objectif : soutenir les PME.

Son rêve a pris corps en 2011, lorsqu’il est enfin devenu ce qu’il avait toujours voulu être : un chef d’entreprise. « J’ai toujours été fasciné par le parcours des capitaines d’industrie », confirme Loic Mackosso, 36 ans, fondateur et associé-gérant de la société de conseil Aries Investissements. Depuis ses années universitaires à Lille (nord de la France), en un rituel quotidien, il se précipite sur le journal français Les Échos pour y lire le portrait des grands patrons de ce monde.

Dans quelques mois, le juriste pourrait bien à son tour faire parler de lui dans les colonnes de la presse économique, car sa société s’apprête à lancer le premier fonds d’investissement congolais. « C’est prévu pour début 2016 », assure ce natif du Bélier, obstiné, qui espère collecter 35 millions d’euros dans un premier temps et 100 millions à plus long terme.

Né à Paris de parents congolais, Loic Mackosso est rentré à Brazzaville à l’âge de 5 ans et y est resté jusqu’au baccalauréat avant de poursuivre ses études supérieures à la faculté de droit lilloise puis de commencer sa carrière à Paris, en 2003, au sein de la société de gestion d’actifs Asset Allocation Advisors (devenue Neuflize OBC Investissements).

Les entrepreneurs peinaient vraiment à trouver des financements. J’ai donc décidé de les accompagner.

En 2005, il décide de rentrer au Congo. « Aries existait déjà dans ma tête, explique-til, mais il fallait que j’approfondisse mon expertise, mon expérience avant de sauter le pas », explique Loic Mackosso. Il a donc pris le temps de peaufiner sa stratégie. Il intègre pour trois ans la division juridique de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et, en 2009, rejoint la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) pour continuer à faire ses gammes. « Je me suis rendu compte que les entrepreneurs peinaient vraiment à trouver des financements. J’ai donc décidé de les accompagner », poursuit Loic Mackosso, qui porte une attention toute particulière aux PME.

Établie à Brazzaville, sa société de conseil emploie cinq collaborateurs et offre aujourd’hui à ces entreprises une palette de services qui va des études stratégiques à la mobilisation de financements en passant par la conception et le montage de projets. « L’argent existe, mais les risques associés aux PME sont jugés trop importants par les banquiers », constate ce jeune patron qui lui-même n’a pas hésité à se mettre en danger en quittant le confort de la BDEAC pour créer son entreprise. « J’ai eu l’impression de sauter du dix-septième étage sans parachute », confie-til.

Saisir toutes les opportunités

Force est de constater que Loic Mackosso est parfaitement retombé sur ses pieds. Au lieu de se tourner vers des banques, c’est auprès des fonds d’investissement, installés en majorité à Maurice, ou des institutions internationales, comme la Banque africaine de développement, qu’il compte alimenter son Emerging Congo Fund (ECF). L’objectif de ce dernier est non seulement de permettre le développement d’un entrepreneuriat local, mais aussi de contribuer à la diversification de l’économie du pays.

Aussi, plutôt que de placer ses billes dans les hydro-carbures, « ECF s’intéresse en priorité à l’agrobusiness, aux technologies de l’information et de la communication, aux services financiers, mais aussi aux domaines de la santé ou de l’éducation, aujourd’hui très appréciés des investisseurs, précise Loic Mackosso. Deux projets sont déjà particulièrement avancés, dans l’agroalimentaire et le traitement des déchets ».

Une fois le véhicule financier sur les rails, il compte bien saisir toutes les opportunités qui se présenteront au Congo et dans les autres pays de la Cemac. En espérant que son exemple puisse inspirer ses compatriotes. « Les Congolais sont aussi entreprenants que les autres, ce qui leur manque c’est une vision d’entreprise », assure le jeune patron, qui a justement créé ECF pour affûter leur regard.

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