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Cet article est issu du dossier «Congo-Brazzaville : Trêve olympique»

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Industrie

Congo-Brazzaville : meubles et autres produits en bois cherchent clientèle

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Mis à jour le 19 août 2015 à 13h49
Atelier d'ébénisterie de la CIB, à Pokola.

Atelier d'ébénisterie de la CIB, à Pokola. © Muriel Devey Malu-Malu

Dans la principale région forestière du pays, les activités de transformation du bois se sont développées. Tout comme la valeur ajoutée des produits qui ont pourtant encore du mal à trouver preneur.

Avec une production de 510 520 m3 de bois en grumes en 2014, en constante augmentation depuis 2009 (275 837 m3), le département de la Sangha peut non seulement s’enorgueillir d’assurer à lui seul près d’un tiers de la production nationale de bois, mais aussi d’avoir reçu les premières éco-certifications du Congo et d’afficher les taux de transformation les plus élevés de la filière dans le pays, soit 85 % en moyenne, avec des pics à 95 %.

Quatre sociétés forestières exploitent et mettent en valeur des unités forestières d’aménagement (UFA) dans le département. En matière de superficies concédées, la plus importante est l’Industrielle forestière de Ouesso (IFO), filiale du groupe suisse Danzer, dont l’UFA de Ngombé (dans le sud-est du département) couvre plus de 1,15 million d’hectares.

La Congolaise industrielle des bois, filiale du singapurien Olam, dispose de deux UFA, à Kabo et à Pokola (Est), soit une superficie totale de 645 000 ha. Enfin, dans l’Ouest, la Société industrielle et forestière du Congo (Sifco, à capitaux libanais) gère 621 120 ha à Tala-Tala et la Société d’exploitation forestière Yuang Dong (Sefyd, à capitaux chinois), 547 000 ha à Jua-Ikié.

Les Congolais préfèrent encore les produits importés et les chaises en plastique

Toutes ces entreprises possèdent au moins une scierie et certaines une menuiserie. Les principales productions sont des sciages (planches, chevrons, lattes, frises, moulures, etc.). « Il n’y a pas d’unités de déroulage car les essences présentes dans la Sangha sont rouges, dures et se prêtent mal au déroulage ainsi qu’à la fabrication de contreplaqués », explique Gaston Miakalou Banzi, chef de service de la valorisation des ressources forestières à la direction départementale de l’économie forestière et du développement durable.

Les marchés de grumes et de débités diffèrent selon les sociétés, mais l’essentiel des produits exportés (principalement évacués par le Cameroun) part vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Sud. Trois sociétés (l’IFO, la CIB et la Sefyd) ont développé des activités de troisième transformation. Elles fabriquent principalement des meubles (lits, armoires, sièges) et des huisseries (portes et encadrements de fenêtres). « Les cadres en aluminium importés étant inaccessibles aux plus modestes, ces produits se vendent bien », explique un menuisier de Ouesso.

Des habitudes de consommation bien ancrées

La CIB s’est même lancée dans la fabrication de maisons en bois. Mais pour le moment, ces produits représentent un très petit marché, limité à Ouesso et à Brazzaville et concernant une clientèle aisée. Car force est de constater que les Congolais ont des habitudes de consommation bien ancrées, avec une préférence marquée pour les produits importés et pour certains matériaux. « Ils achètent des meubles en aggloméré et des chaises en plastique, généralement importées de Chine… Même l’Administration se fournit à l’étranger ! déplore notre menuisier. Il faudra du temps pour convaincre les Congolais que le bois est un matériau noble pour l’habitat. »

Le transport jusqu’aux centres de consommation est quant à lui soumis à diverses contraintes. Depuis l’Ouest, les produits sont acheminés vers Ouesso par la rivière Ngoko, et à l’Est ils sont transportés sur la rivière Sangha. Puis ils prennent la route jusqu’à Brazzaville. En effet, bien que la voie fluviale soit plus économique, il n’est pas possible de l’emprunter, car la Sangha n’est pas navigable toute l’année et parce qu’une fois la marchandise arrivée à Brazza le transbordement des produits sur les rails reste un casse-tête.

« Il y a un engorgement trop important à la gare, et de réels risques de vol de marchandises dans le train », confie Jean-Dominique Bescond, responsable de développement de projets à la CIB. Du coup, certains marchés de consommation ne se sont pas encore développés, notamment ceux de Dolisie et de Pointe-Noire, où la demande est pourtant en hausse.

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