Sport

Daniel Teklehaimanot et Merhawi Kudus : les deux cyclistes érythréens mascottes du Tour de France

Daniel Teklehaimanot en maillot à pois, le 11 juillet. © LIONEL BONAVENTURE/AFP

Méconnus il y a quelques mois, deux coureurs érythréens figurent parmi les bonnes surprises de la 102è édition de la Grande Boucle.

Parmi les spectateurs qui se massent chaque année sur le bord des routes du Tour de France, entre les habituels drapeaux bretons, flamands et espagnols, se détache une bannière rouge, bleue et verte, ornée d’oliviers dorés. Le drapeau érythréen flotte sur la Grande Boucle, brandi par des Africains venus encourager leurs héros. Leurs noms, écorchés au début du Tour, courent désormais sur toutes les lèvres : les Érythréens Daniel Teklehaimanot et Merhawi Kudus sont les petites sensations de cette 102e édition.

Première formation africaine à prendre part à la grand-messe du vélo, MTN-Qhubeka devait, de l’avis de beaucoup, s’estimer déjà heureuse de participer. Et c’est avec sympathie que de nombreux amateurs ont encouragé Teklehaimanot quand il s’est élancé, à Utrecht, pour le contre-la-montre d’ouverture. Pendant quelques minutes, le premier cycliste africain noir de l’histoire du Tour a été maillot jaune. Et bien vite, ses performances et celles de ses coéquipiers ont surpris.

Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, prophétisait déjà en 2013 : « Certains pros vont être surpris en le voyant débarquer. »

Lorsque, au terme d’une échappée, Teklehaimanot a décroché le maillot à pois du meilleur grimpeur, première distinction de son équipe sur le Tour, et l’a conservé quatre jours durant, il est devenu le symbole d’un cyclisme émergent. Formé en 2009 au Centre mondial du cyclisme, à Aigle (Suisse), il a fait face à beaucoup de problèmes de santé : dents en mauvais état, une jambe plus courte que l’autre, tachycardie. Mais lors des tests physiologiques, ses capacités d’effort et de récupération se sont révélées exceptionnelles, semblables à celles de Chris Froome, le gagnant du Tour 2013.

Merhawi Kudus, 21 ans et benjamin de l’épreuve, étonne lui aussi. Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, prophétisait déjà en 2013 : « Certains pros vont être surpris en le voyant débarquer. » Le jeune homme, un grimpeur comme Teklehaimanot, est sec, musclé, léger. Si parmi les 200 coureurs pros érythréens, on trouve des sprinteurs, des rouleurs et des puncheurs, ce sont les grimpeurs qui font la fierté du pays. Le territoire, vallonné et en altitude, est propice au développement des capacités respiratoires et de l’endurance. Une pépinière de talents qui fait dire à l’Américain Jock Boyer, entraîneur de l’équipe du Rwanda : « Pourquoi pas un vainqueur africain en 2020 ? »

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