Politique

Ehab Badawy, ambassadeur d’Égypte en France : « Il n’y a aucune négociation possible avec les Frères musulmans »

Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, lors de son procès au Caire le 28 février 2015 © Mohamed el-Shahed/AFP

L'Égypte est en deuil. Le 29 juin, le procureur général a été tué dans un attentat. Le lendemain, les jihadistes du Sinaï affiliés à l'État islamique ont lancé des attaques contre les forces de sécurité, tuant des dizaines de soldats. Trois questions à l'ambassadeur d'Égypte en France et ex-porte-parole de la présidence, Ehab Badawy.

Jeune Afrique : Les attaques de la fin juin ne signent-elles pas l’échec de votre « guerre contre la terreur » ?

Ehab Badawy : L’élimination du terrorisme est un combat de longue haleine que l’Égypte avait déjà mené avec succès dans les années 1990. Il ne peut aboutir en deux ans. Dans le Sinaï, les jihadistes se protègent en se fondant dans la population. Il faut aussi prendre en compte le phénomène nouveau de ces électrons libres, dont le passage à l’acte est difficile à prévoir. Après le départ des Frères musulmans, en 2013, nous avions estimé le nombre de ces terroristes potentiels à 22 000, effectifs que nous avons ramenés à environ 2 500.

Certains Frères musulmans disent rejeter la violence. Pourquoi ne pas négocier avec ceux-ci ?

Il n’y a aucune négociation possible avec eux. Leur mouvement a été déclaré organisation terroriste, nous ne parlons pas aux individus qui s’en réclament. En revanche, la position des autorités qui avaient pris le pouvoir après la révolution du 30 juin 2013 invitant les Frères n’ayant pas de sang sur les mains à continuer à participer au jeu politique n’a pas varié. À ceci près qu’ils ne peuvent plus le faire sous l’étiquette des Frères.

Que reprochez-vous aux médias étrangers ?

Beaucoup nous font la leçon sans prendre en compte la situation sur le terrain. Toutes les peines de mort prononcées à l’encontre des Frères musulmans ne seront pas exécutées. L’Égypte lutte pour sortir d’une crise économique aiguë, elle se bat contre le terrorisme, elle est menacée par les crises de Gaza et de Libye. Nos défis sont colossaux. Nous restructurons la police, par exemple, mais il n’est pas évident de changer du jour au lendemain des décennies de pratiques. D’ailleurs, les Égyptiens font en ce moment le reproche contraire au pouvoir, celui d’être trop tendre avec ceux qui menacent l’État !

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