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Transports

RDC : Korongo Airlines va piano mais sano

Le Boeing 737-300 est piloté par un équipage de Brussels Airlines.

Le Boeing 737-300 est piloté par un équipage de Brussels Airlines. © Wikimedia Commons

Trois ans après son envol, la compagnie lushoise ne dispose que d’un appareil, ce qui limite le nombre de rotations. En revanche, elle a fait ses preuves en matière de sécurité.

Entre 2000 et 2011, la RD Congo a connu 83 crashs, qui ont fait 468 victimes et ont conféré au pays une fort mauvaise image en matière de sécurité aérienne. Pour faire mentir cette réputation, les belges Brussels Airlines et Groupe Forrest International ont créé Korongo Airlines (« oiseau migrateur », en swahili), à Lubumbashi. Assurant qu’elle veillerait au respect des normes contraignantes en matière de maintenance et de formation des personnels avec l’appui de sa maison mère européenne, la nouvelle compagnie s’est lancée à la conquête d’une clientèle d’affaires et de particuliers aisés ou issus de la classe moyenne katangaise (notamment les employés des groupes miniers internationaux et leurs familles). Elle a effectué son premier vol commercial vers Johannesburg (via Kinshasa) en avril 2012.

Engagements

Trois ans plus tard, Korongo n’a connu aucun incident, mais a réduit sa flotte à un appareil, contre trois en 2012. Piloté par un équipage de Brussels Airlines, son Boeing 737-300 de 124 places assure donc seul l’ensemble des rotations Lubumbashi-Kinshasa (en direct ou via Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental) et Lubumbashi-Johannesburg (une destination qui représente 25 % des 74 412 passagers transportés en 2014).

« Nous disposions de deux autres avions plus petits en location, des BAE 146-200, peu adaptés au climat et dont les coûts d’entretien étaient prohibitifs. C’est pourquoi nous les avons rendus. Un seul appareil, bien entretenu, suffit », explique Edmond Kitenge, l’un des quatre techniciens congolais de maintenance aéronautique. Côté effectifs, à part les pilotes et quelques techniciens, 97 % du personnel est congolais. Pour le moment, l’encadrement est européen, mais, à terme, il pourrait être remplacé.

Nous bénéficions du système logistique de Brussels Airlines.

Pour tenir ses engagements en matière de sécurité, la compagnie a investi dans les équipements et la formation. À l’aéroport de Lubumbashi, Justice Mununga, son responsable logistique, fait visiter le hangar de maintenance de 1 500 m2 et ses cinq entrepôts de pièces détachées.

Blocs de frein, jauges de carburant, ordinateurs de bord et jusqu’aux fameuses boîtes noires : il y a là de quoi remplacer la plupart des petits éléments susceptibles de s’user. « Nous bénéficions du système logistique de Brussels Airlines, avec laquelle nous organisons nos approvisionnements, et nous nous assurons de la date de validité et de bonne conservation de tous les équipements, notamment électroniques », souligne Justice Mununga, qui travaillait auparavant dans la logistique d’une ONG humanitaire et a suivi trois mois de formation à Bruxelles.

« Ici, nous pouvons effectuer toutes les opérations d’entretien de routine », ajoute Jean-Michel Zitu, un employé lushois qui passe actuellement les divers examens de certification nécessaires à l’obtention d’une licence de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (Aesa). Avant de préciser que « pour les opérations dites

Liste noire

De l’avis des experts en sécurité aérienne, les seuls efforts de la compagnie ne sont cependant pas suffisants pour réduire les risques. De fait, les 34 transporteurs aériens détenteurs d’une licence d’exploitation congolaise, Korongo compris, restent tous automatiquement inscrits sur la liste noire de l’Union européenne – qui ne juge pas les compagnies mais l’organisation nationale de l’aviation civile. La récente nomination de techniciens reconnus à la tête de la Régie des voies aériennes semble aller dans la bonne direction. Tout comme la rénovation de la piste de l’aéroport international de la Luano, à Lubumbashi, et sa nouvelle tour de contrôle, déjà construite mais pas encore opérationnelle.

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