Energie

Gaz : « La surcapacité pourrait entraîner le gel de projets africains »

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h46
Evariste Nyouki est chef de la recherche économique de GDF Suez Trading.

Evariste Nyouki est chef de la recherche économique de GDF Suez Trading. © DR

Evariste Nyouki, chef de la recherche économique chez GDF Suez Trading, analyse pour « Jeune Afrique » les perspectives du marché mondial du gaz.

Les prix du gaz sont en partie liés à ceux du pétrole. En Asie-Pacifique, ils ont chuté avec l’or noir en 2014, car 56 % des contrats de long terme y sont indexés sur le cours du baril de brut. En Europe de l’Ouest, ils ont moins souffert, car seuls 12 % des contrats sont concernés. Résultat : jadis largement inférieurs, les cours européens se situent aujourd’hui pratiquement au même niveau que ceux d’Asie.

Cette évolution pousse l’Afrique – où les trois premiers producteurs de gaz sont l’Algérie (83 milliards de m3 produits en 2014), l’Égypte (49 milliards) puis le Nigeria (39 milliards) – à conserver une relation privilégiée avec les marchés européens, vers lesquels les coûts de transport sont moins importants que vers l’Asie. L’Algérie dispose de gazoducs vers l’Espagne et l’Italie, et y expédie l’essentiel de ses cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Mais en 2014, sa production était inférieure de 5 milliards de m3 par rapport à son pic de 2005. En Égypte, elle a baissé de 13 % en 2014, principalement en raison de la situation géopolitique. Le Caire a même dû se lancer dans l’importation de GNL pour approvisionner sa demande domestique en hausse.

J.A.

Prix du gaz © J.A.

Le gaz pâtit de la concurrence du pétrole peu cher et, hormis aux États-Unis, qui disposent du gaz de schiste, la progression de la demande est partout en repli. Cela entraîne une surcapacité de production dans un contexte de forte augmentation de la capacité mondiale de production de GNL. Cette situation pourrait perdurer au moins jusqu’en 2020, provoquant le gel de plusieurs projets gaziers africains. Afin de voir le jour, ceux-ci doivent intégrer à leur modèle économique la demande domestique et non pas être exclusivement tournés vers l’exportation. Au Mozambique, leur lancement pourrait être repoussé jusqu’à la remontée des cours. »

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