Politique

Bénin : la surprise Zinsou

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Mis à jour le 23 juin 2015 à 14h04
Le banquier d'affaires dans ses bureaux parisiens.

Le banquier d'affaires dans ses bureaux parisiens. © VINCENT FOURNIER/J.A.

« Je ne pouvais pas échapper à mon devoir », confiait Lionel Zinsou à J.A., le 19 juin au matin, au moment de prendre l’avion pour Cotonou.

Nommé, la veille, Premier ministre par le président Boni Yayi, le banquier d’affaires franco-béninois (il est agrégé d’économie et diplômé de Normale sup) ouvre à 60 ans un nouveau chapitre de sa riche carrière – sans doute le plus ardu. Entamées début juin, lors de la visite à Paris de Thomas Boni Yayi, et conclues quelques jours plus tard, les discussions entre ces deux hommes qui se connaissent bien (Zinsou a été le conseiller économique spécial, non rémunéré, du chef de l’État) ont été vivement encouragées par François Hollande et, surtout, par son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dont le désormais ex-président de la société de capital-investissement PAI Partners est très proche. Cette nomination était au cœur des entretiens que tous deux ont eu avec Boni Yayi, le 9 juin.

Le neveu de l’ancien président Émile Derlin Zinsou, dont l’objectif, dit-il à J.A., est de « rendre irréversible un certain nombre de réformes et de chantiers afin que le prochain chef de l’État hérite d’un Bénin sur les rails de la bonne gouvernance », a donc neuf mois pour convaincre. La prochaine présidentielle, à laquelle Boni Yayi ne participera pas, est en effet prévue pour mars 2016. Le très compétent Lionel Zinsou est-il le dauphin choisi par ce dernier ? Tout Cotonou le murmure, et le nouveau Premier ministre, qui estime n’avoir « aucun commentaire à faire à ce sujet », ne s’interdit rien. Dans cette hypothèse, Zinsou, qui occupe désormais un fauteuil vacant depuis le limogeage de Pascal Koupaki, il y a près de deux ans, et qui n’existe pas dans la Constitution béninoise, trouvera là l’occasion de combler son déficit local de notoriété. Mais il lui faudra aussi décoller l’étiquette de « candidat de la France » dont l’affublent déjà les redoutables caïmans du marigot politique, parmi lesquels celui dont Boni Yayi ne voudrait surtout pas comme successeur : l’homme d’affaires Patrice Talon, déjà dans les starting-blocks pour 2016.

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