Défense

Algérie : Gaïd Salah, Amar Saadani et la succession de Bouteflika

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h42
Abdelaziz Bouteflika avec le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, en 2005.

Abdelaziz Bouteflika avec le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, en 2005. © Ouahab Hebbat/AP/Sipa

Le vice-ministre algérien de la Défense est-il allé trop loin en adressant une lettre de soutien au secrétaire général du parti présidentiel ?

Rarement un général de la Grande Muette a fait autant parler de lui. Ahmed Gaïd Salah, le vice-ministre algérien de la Défense, a déclenché une tempête en envoyant une lettre de soutien à Amar Saadani, réélu le 30 mai secrétaire général du FLN. Dans ce courrier, il félicite Saadani pour son « plébiscite à l’unanimité » et qualifie le FLN de « première force politique du pays ».

Pourquoi tout ce ramdam autour d’une missive ? C’est qu’elle bafoue le principe qui veut que l’armée ne se mêle pas de politique. Outre que la reconduction de Saadani est contestée, la prise de position de Gaïd Salah s’apparente à un désaveu du pluralisme politique. Les contempteurs du vice-ministre ne manquent pas de rappeler la violente campagne menée par Saadani, dès 2013, contre le général Mohamed Mediène, dit Toufik, le patron des renseignements, qu’il rendait responsable de plusieurs échecs, en particulier de l’assassinat du président Boudiaf, en 1992. « En soutenant Saadani, Gaïd Salah donne crédit à ces accusations contre Toufik, estime un familier du sérail. La cohésion de l’armée s’en trouve ébranlée. »

Originaire de Batna, maquisard à 17 ans, Ahmed Gaïd Salah, 75 ans, est diplômé de l’Académie Vystrel (ex-URSS). Plusieurs fois commandant de région militaire, ce père de sept enfants ne fait pas partie des « janviéristes », ces généraux à l’origine de la démission du président Bendjedid en janvier 1992. Connu pour son caractère bourru, cet amateur de bonne chère est un éradicateur comme Mohamed Lamari, qu’il a remplacé à la tête de l’état-major en 2004.

Proche de Saïd Bouteflika, l’influent frère du chef de l’État, Gaïd Salah a pesé de tout son poids dans la réélection de ce dernier en 2014. Alors que le raïs se remet difficilement de son AVC, la lettre de son vice-ministre de la Défense est perçue, à tort ou à raison, comme une tentative d’influer sur la succession d’Abdelaziz Bouteflika.

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