Agroalimentaire
Centre de recherche sur le cacao, à Abidjan

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Quatre idées pour doper la productivité agricole en Afrique

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Économie

Côte d’Ivoire : une pépite nommée « Mercedes »

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Mis à jour le 23 avril 2021 à 09:16

Cabosse de cacao à Alepe, en Côte d’Ivoire. © Luc Gnago/REUTERS

Les chercheurs ivoiriens sont parvenus à créer une espèce de cacao ultra robuste, la Mercedes, issue de l’hybridation de plantes locales, qui fait le bonheur des agriculteurs comme des industriels.

Au début des années 2000, les agronomes ivoiriens ont abouti à la mise au point d’une variété devenue la coqueluche des cacaoculteurs du pays : la Mercedes. Issue de quinze ans de travaux au sein des laboratoires du Centre national de recherches agronomiques (CNRA) de Yamoussoukro, elle a permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre des records de production, avec des volumes de cacao récolté passés de 1,2 million à 2,2 millions de tonnes entre 2004 et 2016.

Grande résistance

Née de l’hybridation entre plusieurs espèces locales – et non par organismes génétiquement modifiés (OGM) –,  elle a été baptisée en hommage à la marque automobile allemande – réputée robuste – en raison de sa résistance aux maladies végétales et à sa grande productivité.

La « berline » des fèves ivoiriennes produit ses premières cabosses dix-huit mois après sa plantation, contrairement à la variété classique dont les fruits n’apparaissent qu’entre trois et six ans après.

Mercedes a une productivité allant de 1,5 tonne à 3 t à l’hectare contre 300 kilogrammes pour la variété normale. Les plants, dont la durée de vie excède généralement quarante ans, résistent au Swollen Shoot, une maladie récurrente et parfois dévastatrice pour les vergers traditionnels. Enfin, les cabosses Mercedes, plus arrondies et plus légères que celles de la variété classique correspondent aux attentes des industriels du cacao, car plus faciles à transformer.

Nous voulons plafonner la récolte annuelle à 2 millions de tonnes

Les paysans ivoiriens ont vite adopté la variété. De 2005 à 2016, environ 25 000 à 50 000 hectares de plants de Mercedes étaient distribués annuellement aux cacaoculteurs. Depuis 2017, le Conseil du café-cacao (CCC) – l’organe de régulation de la filière qui finançait la recherche et la distribution – a suspendu ce programme.

« Nos projections prévoyaient une récolte de 2 millions de tonnes en 2020. Mais, dès 2017, grâce à la variété Mercedes, nous avons franchi ce cap. Notre priorité est désormais plutôt de plafonner la récolte annuelle à 2 millions de tonnes, en améliorant notamment notre cartographie des plantations et variétés utilisées, et donc nos prévisions de production » explique Yves Brahima Koné, le directeur général du CCC.