Transport maritime

Sécurité : Tanger Med, la vigie africaine du détroit de Gibraltar [2/3]

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Mis à jour le 05 janvier 2021 à 11h16
Port de Tanger Med

Port de Tanger Med © DR

Immigration clandestine, terrorisme, trafic de drogue… À la croisée des routes maritimes majeures Est-Ouest et Nord-Sud, doit faire face à des défis sécuritaires d’ampleur majeure.

Point de jonction entre l’Afrique et l’Europe, séparées de 14 kilomètres à son emplacement, la plateforme Tanger Med, inaugurée en 2007, est l’une des plus grandes infrastructures portuaires du continent. Installée sur la rive sud, à l’entrée orientale du détroit de Gibraltar, elle permet au royaume chérifien d’être connecté à plus de 180 ports grâce à sa position à la croisée des routes maritimes majeures Est-Ouest et Nord-Sud.

Une situation qui fait de cet espace de presque 300 hectares un lieu de grands défis sécuritaires. Les principaux risques sont liés à l’immigration clandestine, au terrorisme et au trafic de drogue.

Les autorités sécuritaires communiquent régulièrement sur les opérations policières, comme au début du mois d’octobre 2020, avec la saisie de presque 11,5 tonnes de résine de cannabis à bord d’un camion de transport international de marchandises.

Cette composante de la lutte contre la criminalité et la contrefaçon est directement gérée par la Direction générale de la sûreté nationale marocaine (DGSN) ainsi que par les Douanes qui ont toutes deux leurs propres bureaux dans l’enceinte du port.

350 000 camions et 2,7 millions de passagers

Selon ses responsables, Tanger Med répond au code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS). « Il s’agit de mesures de sûreté visant à prévenir toute tentative d’acte de malveillance à l’encontre de la chaîne du transport maritime incluant les ports, les navires, les personnes et les biens », expliquent les dirigeants du mégacomplexe portuaire marocain.

En 2019, plus de 350 000 camions et 2,7 millions de passagers sont passés par Tanger Med. Le tout ayant transité sur plus de 14 300 navires qui y ont accosté. Le port a traité presque 5 millions d’équivalent vingt pieds (EVP) et plus de 65 millions de t de marchandises. Des audits ponctuels de sécurité sont régulièrement réalisés.

Les équipes de Tanger Med tentent également de définir des scénarios d’accident, d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures et des plans d’urgence qui y répondent. Enfin, les équipes responsables de la sécurité du port réalisent des exercices de simulation de situations d’urgence pour être prêtes à faire face aux menaces.

Près d’un millier de détecteurs d’intrusion

Lors de son inauguration, en 2007, Tanger Med s’est équipé en matériel de sécurité auprès de Cassidian, la division défense du groupe européen EADS, devenue Airbus Defence and Space. À l’époque, un contrat de 20 millions d’euros avait été signé pour la mise en place de son système appelé Imarsec (Integrated Maritime Security).

Globalement, sur le terrain, cela se matérialise par une clôture de haute sécurité de plus d’une quinzaine de kilomètres équipée de près d’un millier de détecteurs d’intrusion, que ce soit du côté maritime ou terrestre.

Il s’agit là de se prémunir, principalement, contre les candidats à l’émigration clandestine qui se montrent très inventifs quand il faut trouver le moyen d’atteindre les côtes espagnoles. Il leur arrive de s’attacher sous les camions pour pénétrer dans le périmètre sécurisé du complexe.

Une salle de haute technologie pour analyser les données

Le système de sécurité de l’enceinte, ce sont aussi des centaines de caméras de surveillance disposées à moins de 100 mètres d’écart les unes des autres, des scanners à rayons X, des radars et des détecteurs de battements de cœur installés un peu partout.

L’ensemble des données est analysé dans une salle de haute technologie gérée par les équipes dirigées par Mohamed Amine El Fatmi, directeur commandant sécurité du port Tanger Med depuis 2019.

Par ailleurs, Tanger Med se félicite d’avoir une gestion efficace des marchandises dangereuses transitant par ses quais. Depuis les explosions au port de Beyrouth survenues le 4 août 2020, cette question est devenue primordiale. Au sein de l’enceinte portuaire, une caserne de pompiers est sur le qui-vive pour toute intervention et dispose des équipements nécessaires à la lutte contre les incendies et autres sinistres à l’intérieur du complexe.

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