Agroalimentaire

Coton : au Togo, Olam pourra-t-il rééditer ses performances de Côte d’Ivoire et du Tchad ?

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 22 janvier 2021 à 11h28
Salle de classement des fibres au laboratoire de la NSCT, dans son usine de Notsé (région des Plateaux).

Salle de classement des fibres au laboratoire de la NSCT, dans son usine de Notsé (région des Plateaux). © François GUENET

La prise de participation majoritaire du géant singapourien dans le capital de la Nouvelle Société cotonnière du Togo devrait permettre de relancer la production et d’amorcer un virage industriel.

L’annonce avait été faite en juin 2020, et c’est désormais officiel : le groupe singapourien Olam devient l’actionnaire majoritaire de la Nouvelle Société cotonnière du Togo (NSCT) – l’ex-Société togolaise de coton (Sotoco) –, à hauteur de 51 %.

Entérinée le 25 novembre par décret, l’opération de cession des parts s’élève à 22 milliards de F CFA (34,4 millions d’euros) pour l’État togolais, qui conserve 24 % des parts de la société, contre 60 % auparavant. Les producteurs restent cependant actionnaires à hauteur de 25 % – au lieu de 40 % –, à travers la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton du Togo (FNGPC-Togo).

Le gouvernement justifie le choix d’Olam en faisant valoir son expertise

Les négociations ont été conduites par une commission d’évaluation des privatisations qui a étudié l’offre du partenaire, et le montant de l’opération a été rendu public à la fin de novembre. La transaction ne devait cependant être bouclée qu’à la fin du mois de décembre 2020.

Développer la marque « Coton made in Togo »

Cette cession a pour objectif de doubler les rendements (notamment en exploitant la carte de fertilité des sols), de moderniser l’outil industriel sur toute la chaîne, de la production à la transformation, et de développer la marque « Coton made in Togo » de façon à bénéficier d’un différentiel de prix par rapport à la qualité, comme l’a souligné l’exécutif. Ce dernier justifie le choix d’Olam en faisant valoir son implication déjà forte en tant qu’acheteur du coton togolais et son expertise reconnue.

Le géant singapourien n’a en effet plus à démontrer ses performances dans la filière, avec la reprise en 2008 de la Compagnie cotonnière de Côte d’Ivoire (LCCI), devenue Société d’exploitation cotonnière Olam (Seco), et l’acquisition, en 2018, de 60 % des parts de la CotonTchad Société nouvelle (SN), au Tchad, où il a déjà remobilisé les cotonculteurs et relancé la production. Cette dernière est remontée à 115 000 tonnes de coton-graine pour la campagne 2019-2020, contre 17 000 t lors de la ­campagne 2016-2017.

La privatisation de la NSCT vise à restructurer la filière du coton togolais et, dans la ligne du Plan national de développement (PND) 2018-2022, à lui donner les moyens de développer des pôles de transformation.

Une production inférieure aux prévisions

Dotée d’un capital de 2 milliards de F CFA, la société a réalisé un résultat net de 4,6 milliards F CFA en 2019, mais la production de coton-graine du pays reste inférieure aux prévisions, avec une récolte de 116 500 t pour la campagne 2019-2020, contre 137 000 t en 2018-2019, en baisse de 15 % et en deçà des 150 000 t attendues.

Olam a promis d’augmenter la production à 200 000 t en 2022

En comparaison, pour la campagne 2019-2020, le Bénin a produit plus de 714 700 t de coton-graine, le Mali 710 700 t, la Côte d’Ivoire 490 300 t et le Burkina Faso 458 700 t, selon les données du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-Pica).

Olam a promis d’augmenter la production à 200 000 t en 2022 et d’accroître de 0,6 t par hectare le rendement – qui est actuellement de 0,9 t ou 1 t/ha –, tout en investissant dans la transformation du coton. De fait, avec la construction en cours du parc industriel d’Adétikopé (à 21 km au nord de Lomé, sur la RN1), réalisé par Arise, la filiale logistique du groupe, la filière devrait trouver des industriels pour développer la transformation… en commençant par les futures usines du nouvel actionnaire de la NSCT.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer