Économie

Économie : les douze mois d’Ali Bongo Ondimba pour chasser les doutes

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 3 février 2021 à 11:17

Ministère gabonais des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures, à Libreville. © Jacques Torregano/Divergence pour JA

C’est sur fond de lutte anticorruption, de batailles politiques et d’incertitudes financières que s’ouvre l’année 2021, alors que les supputations vont déjà bon train pour le scrutin présidentiel de 2023.

Le Covid-19 n’a fait, selon les chiffres officiels, que peu de victimes, mais ses conséquences ont tout de même jeté un froid sur l’économie, qui tentait de sortir de la crise liée à la chute, en 2014, des prix du baril de brut. Dans la loi de finances 2021, adoptée par le Parlement, la baisse se fait sentir avec un budget prévu à 2 681 milliards de F CFA (4 milliards d’euros), contre 3 047 milliards pour la loi de finances rectificative (LFR) de 2020.

De même, les ressources de trésorerie et de financement ont baissé de moitié en 2021. Les populations commencent à subir les effets de la crise économique. Et, si elle n’a pas encore pu être chiffrée, la pauvreté a indéniablement augmenté du fait du manque d’activité ou des licenciements.

L’économie gabonaise est en voie de diversification

Cinquième producteur de pétrole sur le continent, avec environ 200 000 barils par jour (b/j), le Gabon ne peut plus s’appuyer sur ce secteur, en berne, et doit s’atteler à respecter les contraintes de l’Opep, qui l’invite à une baisse de sa production. L’économie gabonaise est en voie de diversification, avec un accent sur le bois, ou encore le développement – toujours poussif – de l’agriculture, mais n’est pas prête à sortir du pétrole.

Une dette à « risque élevé »

Libreville table malgré tout sur une relance, avec des projets comme la Transgabonaise, prévue pour 2023, qui reliera Libreville à Franceville sur plus de 700 km, en partenariat public-privé avec le fonds français Meridiam et la multinationale Arise. Le Gabon compte aussi sur sa zone économique spéciale de Nkok, autre partenariat public-privé avec Arise.

La dette intérieure s’élève à environ 20 % du PIB

Le pays, qui vient de terminer son programme de mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec le FMI, devra aussi rembourser une dette publique qui pourrait s’élever à près de 75 % du PIB en 2021, le « repère risque élevé » du FMI. En juillet, l’agence de notation Moody’s a salué le Gabon pour ses efforts de remboursement de la dette extérieure.

La dette intérieure s’élève, elle, à environ 20 % du PIB et fait actuellement l’objet d’un audit lancé par la présidence, sous la supervision du coordinateur des affaires présidentielles, Noureddin Bongo Valentin, le fils aîné du président Ali Bongo Ondimba. La task force a déjà prévu d’annuler deux tiers de la dette pour l’instant auditée, à la surprise de plusieurs entrepreneurs et alors que la dette avait déjà été validée par les autorités.

L’ascension de Noureddin Bongo Valentin

Au niveau politique, les supputations vont déjà bon train pour le scrutin présidentiel de 2023. Le chef de l’État, qui se remet d’un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu le 24 octobre 2018, se représentera-t-il comme candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) ? Il n’a, depuis cet AVC, jamais accordé d’interview.

Le 5 décembre 2019, son fils Noureddin Bongo Valentin, alors âgé de 28 ans, était nommé coordinateur général des affaires présidentielles. Du fait de sa présence croissante sur la scène publique et dans la gestion du pays, les Gabonais lui prêtent des ambitions. Ce que l’intéressé nie. Au niveau du gouvernement, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée Première ministre le 16 juillet 2020.

La lutte anticorruption, elle, continue sur fond de batailles politiques avec, par exemple, le placement en détention préventive, en septembre 2020, du maire de Libreville, Léandre Nzue. L’ex-directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga, et quelques-uns de ses soutiens sont, eux, incarcérés depuis un an, dans l’attente d’un jugement pour des soupçons de détournements de fonds publics.