Politique économique

Tunisie : la relance, mais avec quels moyens ?

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Exploitation agricole à Regueb, en Tunisie.

Exploitation agricole à Regueb, en Tunisie. © Marcel Crozet/ILO/Licence CC

Après une contraction de 7 %, la croissance pourrait rebondir, mais la baisse des exportations et des investissements sera difficile à juguler.

Au dixième anniversaire de la « révolution du jasmin », la justice transitionnelle semble un lointain souvenir. Et la réconciliation entre la classe dirigeante et les citoyens reste l’un des défis de l’année 2021. Alors que tous les voyants sont rouges, de nouvelles contestations populaires ne sont pas à exclure. D’autant que la crise du Covid-19 s’est invitée dans ce contexte déjà compliqué.

La récession et l’inflation sont là!

La pandémie a souligné les carences du système sanitaire et l’ampleur des disparités régionales. Reste à dépasser les conséquences économiques du confinement du printemps 2020 et des mesures coercitives mondiales, qui ont affaibli le tourisme et la production minière. Mais avec quels moyens ? La récession est bien là, l’inflation devrait continuer à tourner autour des 5 %. La baisse des exportations, de 15 %, et des investissements internationaux, de 26 %, seront difficiles à juguler.

Après une contraction de 7 % de la croissance, le FMI prévoit un rebond à 4 % en 2021. La Banque mondiale souligne que le ralentissement de l’économie passerait de 9 % à 6 %. La part de la population susceptible de basculer dans la pauvreté devrait aussi commencer à diminuer. À condition que les effets de la pandémie s’estompent.

La reprise sera tributaire de la situation sécuritaire

En attendant, la hausse du budget de l’État et l’aggravation du déficit budgétaire s’accompagnent d’un pic de la dette extérieure, portée à 16 milliards de dinars (4,8 milliards d’euros) pour 2021. L’avenir sera aussi tributaire de la situation sécuritaire, dans un contexte intérieur et régional sensible.

Dix ans après l’avènement du Printemps arabe, la société civile dénonce des initiatives « qui contreviennent aux principes de la révolution ».

En dépit de l’avertissement des élections de l’automne 2019, les partis restent loin des préoccupations des Tunisiens, de leurs difficultés économiques comme de leur désir de justice sociale et de transition.

Le morcellement de l’espace politique reste un frein alors que les retards s’accumulent : formation de la Cour constitutionnelle, réformes de l’administration et des entreprises publiques, lutte contre la corruption, décentralisation sont en souffrance. De quoi alarmer la société civile, qui dénonce en outre des initiatives « qui contreviennent aux principes de la révolution ».

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