Économie

Cosmétique : le camerounais Biopharma s’applique à conquérir l’Afrique

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Par - à Yaoundé
Mis à jour le 22 décembre 2020 à 17:08

Salle d’emballage des produits cosmétiques de Biopharma, à Douala. © Nicolas Eyidi pour JA

Le spécialiste camerounais des produits de beauté pour peaux noires et métissées réfléchit à implanter des unités de fabrication au Nigeria ou en Angola pour éviter les barrières douanières.

En dix-sept années d’existence, le fabricant camerounais de cosmétiques a réussi à pénétrer 22 pays, dont 18 africains, parmi lesquels le Nigeria, la Zambie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Ouganda, la RDC, le Soudan, le Togo, le Bénin, l’Angola, le Mali, le Congo, le Gabon.

Pour réussir cette percée, le spécialiste des peaux noires et métissées a noué des partenariats avec des distributeurs locaux – comme Nova Atlas en RDC, ou Cheka au Nigeria – qui travaillent main dans la main avec les directeurs pays de Biopharma. Ces derniers sont en lien permanent avec le chef du département export de la compagnie installé au siège du groupe, dans la zone industrielle de Bassa, à Douala. « Ainsi, nous suivons l’évolution du marché en effectuant une veille concurrentielle, et nous protégeons nos marques face à la contrefaçon et les importations parallèles venues de Chine », soutient le patron du groupe, Francis Nana Djomou.

Cela nous prend parfois entre trente et quarante jours pour exporter depuis Douala un conteneur en RDC

L’implantation d’unités de fabrication dans certains pays, comme le Nigeria ou l’Angola, pour contourner les différentes barrières est à l’étude. L’entreprise, qui assure générer près de 800 emplois directs en Afrique, explore la piste d’une plateforme logistique robuste au Cameroun, avec l’aide de l’État, pour davantage exporter et conquérir de nouveaux marchés sur le continent.

Stratégie de l’exportation à l’intérieur du continent

L’amélioration de la logistique et du passage des frontières sont les priorités du dirigeant d’entreprise camerounais. « Les pays africains ne sont pas véritablement interconnectés. Cela nous prend parfois entre trente et quarante jours pour exporter depuis Douala un conteneur en RDC. C’est un délai bien trop long ! », s’insurge Francis Nana Djomo.

« Nous éprouvons des difficultés à être compétitifs parce que nos produits subissent de lourdes taxes douanières et d’autres barrières à l’entrée, particulièrement dans des pays appartenant à d’autres zones économiques que la Cemac », déplore-t-il encore. Il regrette notamment que la présence de Biopharma au Kenya ne soit pas à la hauteur du potentiel de ce marché. En Afrique centrale, en dépit de la libre circulation des marchandises affichée, la logistique du groupe ne se fait pas sans heurt non plus.

« Après un incendie en novembre 2018 qui a impacté 40 % de notre activité puis la difficile conjoncture liée à la pandémie, qui a bloqué la logistique il y a six mois, nos produits sont à nouveau distribués sur l’ensemble de nos marchés », fait valoir le fondateur, résilient face aux difficultés.

Certain de sa stratégie fondée sur l’exportation à l’intérieur du continent, Francis Nana Djomo a pris contact, fin octobre, avec le cabinet Financia Capital afin de réfléchir à la nouvelle stratégie d’expansion de Biopharma sur les dix prochaines années.