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Cet article est issu du dossier «Espagne-Afrique : la reconquête»

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Entreprises & marchés

Espagne : des fleurons du secteur privé bien implantés en Afrique

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Mis à jour le 15 décembre 2020 à 16h00
Un chantier de l’entreprise espagnole Typsa au Kenya

Un chantier de l'entreprise espagnole Typsa au Kenya © Typsa

BTP, technologies, transport maritime… Portrait de trois entreprises espagnoles pionnières sur le continent, de l’Algérie à la Guinée équatoriale en passant par le Kenya.

• Typsa trace sa route

Au début d’octobre, Typsa a remporté deux appels d’offres pour la supervision des premières phases du chantier du parc technologique de Luanda, piloté par le chinois Huawei. Projet du gouvernement angolais et de la Banque africaine de développement (BAD), ce parc devrait ouvrir ses portes en décembre 2021. Ce nouveau contrat vient compléter le carnet de commandes – déjà bien rempli – en Afrique du géant espagnol du BTP. Des commandes dont les montants atteignaient 45 millions d’euros en 2019, soit une progression de 100 % depuis 2015.

Sur le continent, le groupe emploie environ 80 personnes et réalise 7 % de son chiffre d’affaires global, évalué pour 2019 à 250,6 millions d’euros. Les équipes de Typsa supervisent actuellement la construction de l’aéroport international de Bugesera, au Rwanda, et celle du barrage de Kalaa Kebira, en Tunisie, où elles apportent également leur assistance technique pour la réalisation de six usines de dessalement. Typsa a aussi conçu le projet d’autoroute entre Zeway et Arsi Negele, en Éthiopie.

En mars, le groupe a été désigné pour travailler sur le projet de réhabilitation des 330 kilomètres de la ligne ferroviaire Belabo-Ngaounderé, au Cameroun, avec un budget de 208 millions d’euros. En 2021, il s’attellera au chantier de 170 kilomètres de routes tracées dans le Cabinda angolais.

Arrivé sur le continent africain dans les années 1970 pour la supervision du barrage Al-Izdihar, en Algérie, Typsa a depuis largement renforcé sa présence dans une trentaine de pays, avec des bureaux permanents en Tunisie, au Maroc et au Kenya. Le groupe s’appuie également sur sa filiale Agrer, acquise en 2012 et déjà très expérimentée puisque c’est à la fin des années 1950 qu’elle implantait son premier projet sur le continent, en RD Congo. Sa filiale portugaise Tecnofisil, basée à Lisbonne, lui a aussi permis de pénétrer le marché lusophone (Guinée-Bissau, Angola, Mozambique, Malawi).

• Indra, numériquement vôtre

Ces dernières années, nombre de pays africains ont investi dans leurs infrastructures de transport (aéroports, ports, routes) et d’énergie tout en accentuant leur développement urbain. Aujourd’hui, ils ont besoin de rendre ces divers équipements plus sûrs et plus performants à travers les technologies et les solutions numériques. C’est là qu’intervient Indra.

Présent en Afrique depuis 1995, le groupe a d’abord pris pied au Maghreb, principalement dans le domaine des technologies appliquées aux différents modes de transports (aérien, ferroviaire, maritime, routier) et au secteur de la défense. Il se concentre aujourd’hui dans la gestion du trafic aérien – où il travaille avec les principaux fournisseurs de service de navigation tels que l’Asecna, qui couvre dix-sept pays – et de l’énergie. Ses deux directions régionales au sud du Sahara sont installées à Dakar pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, et à Nairobi pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. C’est également au Kenya qu’Indra a installé son centre d’expertise technique pour l’ensemble du continent.

Le groupe est présent sur le continent depuis 1995 (ici, le siège, à Madrid).

Nous sommes l’une des principales références du continent dans ces secteurs

Le groupe espagnol a récemment démarré la mise en place du système de gestion intégrée de la compagnie électrique et des eaux de Gambie (Nawec), financé par la Banque mondiale. « Nous sommes l’une des principales références du continent dans ces secteurs, souligne Emeric Osmont, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Nous regardons avec de plus en plus d’intérêt les projets de transformation numérique des administrations publiques et des gouvernements : finances, justice, santé, tourisme, ainsi que les domaines de la biométrie et des processus électoraux. »

Indra accompagne actuellement les gouvernements marocain et algérien dans leur transformation numérique lors de programmes tels que le Projet Smart City de Casablanca ou le système de gestion et d’information fiscale de la Direction générale des impôts en Algérie. Sur ses 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, Indra a réalisé près de 400 millions d’euros dans la région Asie, Moyen-Orient et Afrique (Amea).

• Marguisa, l’atout polyvalence

Comme elle l’annonce fièrement, la compagnie espagnole Marguisa est le premier opérateur maritime de la Guinée équatoriale. Et cela depuis plus de trente ans, quand le transporteur, alors tout juste lancé, s’appelait encore Mares de Guinea SA. Devenue depuis Marguisa, la compagnie s’est vite fait un nom sur l’ensemble du continent, qui est, aujourd’hui encore, son principal marché.

Dès ses origines, Marguisa s’est attaché à connecter l’Espagne à son ancienne colonie africaine, essentiellement pour transporter des grumes et du bois scié. La compagnie a depuis diversifié ses activités, puisqu’elle est présente sur les trafics conteneurisés, rouliers et polyvalents (vrac solide, colis lourds, fret industriel…). Son appartenance à l’entité Sea & Ports, également active dans le secteur de la manutention portuaire, lui a permis de renforcer sa présence en Afrique, où elle compte une vingtaine d’implantations disséminées le long des côtes entre la Tunisie et l’Angola, mais également en Amérique latine, en Asie et dans les ports d’Europe du Nord.

Marguisa a également, avec le temps, complété sa flotte. Elle dispose aujourd’hui de cinq porte-conteneurs d’une capacité de 3 600 équivalents vingt pieds (EVP) pour réaliser ses sept rotations hebdomadaires, dont cinq sur l’Afrique, auxquels se sont ajoutés deux navires polyvalents pour des services mensuels.

Ainsi organisée, Marguisa semble avoir trouvé sa vitesse de croisière sur le continent. Surtout que, depuis octobre, la compagnie a lié son destin à celui de United Heavy Lift (UHL) pour créer United Marguisa Lines (UML), spécialiste du transport de colis lourds et autres vrac industriel. Une manière de soutenir l’augmentation de ses activités locales, dans la foulée de la croissance économique africaine.

Une dynamique que le Covid-19 a à peine freinée et que Francisco Duran, son directeur, espère bien relancer « en développant les activités d’UML en Afrique de l’Est ou en [s’]intéressant au développement du secteur des hydrocarbures, au Mozambique notamment ».

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