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Cet article est issu du dossier «Café-cacao : quelles solutions pour augmenter la part des producteurs ?»

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Agroalimentaire

Entreprendre en RDC (2/5) : le café de Tisya Mukuna à la conquête de Kinshasa

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Mis à jour le 30 novembre 2020 à 18h01
Tisya Mukuna dans sa plantation, dans les hauteurs de Mont-Ngafula, à Kinshasa.

Tisya Mukuna dans sa plantation, dans les hauteurs de Mont-Ngafula, à Kinshasa. © Arsene Mpiana pour JA

Fondée en 2018 par une jeune expatriée de retour au pays natal, la marque La Kinoise propose du café cultivé au cœur même de la capitale congolaise.

Une femme dans les champs, c’est fréquent. Mais dans une plantation de café, c’est rare. Pourtant, c’est dans la caféiculture que Tisya Mukuna a choisi de développer son activité.

Elle grandit en France, où elle est arrivée avec sa famille à l’âge de 1 an, obtient un master en marketing à l’Institut d’économie scientifique et de gestion de Paris, et un MBA à la Shanghai International Studies University (Chine). Puis, à la fin de 2017, ses études terminées, elle décide de s’installer en RDC, son pays natal.

Sans hésitation, c’est dans le café qu’elle veut investir. « J’ai toujours aimé les arbres et l’agriculture, confie-t-elle. Une passion que m’a transmise mon père, qui fait de l’élevage et de la pisciculture. »

Du café 100 % bio pour la capitale

En 2018, la jeune femme fonde sa société, La Boîte (qui compte huit employés), et crée sa marque, qu’elle nomme La Kinoise, puisque ses caféiers poussent à Kinshasa, à Mont-Ngafula, une commune du sud de la capitale. Un choix qui a laissé perplexes plus d’un agronome, ainsi que des membres du Conseil interprofessionnel pour la promotion de l’agriculture (Cipa).

Pourtant, les trois variétés qu’elle cultive, 100 % bio, occupent bien les 20 hectares de la plantation, avec un bon rendement – quelque 12 tonnes de café en 2020.

La torréfaction et la mouture sont réalisées à l’Office national des produits agricoles du Congo (Onapac), et quatre produits La Kinoise sont distribués dans les supermarchés et dans quelques restaurants de la capitale : de l’arabica, du robusta, de l’arabusta et du mocaccino (mélange de café et de chocolat).

Bâtir une consommation locale

Tisya Mukuna fourmille d’idées. Outre des infusions, dont le mélange « sinda-menthe » (citronnelle et menthe), qui sera commercialisé d’ici à la fin de l’année, elle envisage d’augmenter la production de café, de fabriquer des capsules compatibles avec les machines à expresso et des sticks unidoses, de s’équiper en matériel de torréfaction et de produire à échelle industrielle.

Ses autres défis sont d’exporter, mais aussi d’amener les Congolais à consommer plus de café. « Pour cela, je compte installer un stand à l’aéroport, et, dans toute la ville, des conteneurs proposant des produits locaux, qui feront office de cafétérias », souligne Tisya Mukuna.

Évidemment, les problèmes ne manquent pas : il y a les « tracasseurs » qui inventent des taxes illégales, les employés qui « maquillent leur CV », le casse-tête des emballages et des financements…

« Avoir un crédit, c’est difficile. J’ai démarré mon activité sur fonds propres et monté un dossier de demande de subventions », souligne-t-elle. Mais le marché est porteur, et La Boîte a tous les atouts pour réussir.

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