Finance

Atlas Mara : l’aventure ambiguë d’Ashish Thakkar et Bob Diamond dans la banque en Afrique

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Mis à jour le 10 novembre 2020 à 13h53
Le président rwandais, Paul Kagame, entouré des deux fondateurs d'Atlas Mara, Ashish Thakkar et Bob Diamond, en mai 2016

Le président rwandais, Paul Kagame, entouré des deux fondateurs d'Atlas Mara, Ashish Thakkar et Bob Diamond, en mai 2016 © Paul Kagame/FLICKR

Depuis 2013, le holding bancaire qui se rêvait leader au sud du Sahara a multiplié les faux pas. Son parcours, entre infortune et erreurs stratégiques, est un avertissement pour les aventuriers de la banque en Afrique.

« C’est moins l’histoire de personnes qui auraient erré qu’une mauvaise fortune rencontrée sur les marchés », insiste un membre de l’équipe originelle d’Atlas Mara.

Un verdict rare – sinon désintéressé – parmi ceux recueillis auprès d’une dizaine d’investisseurs et de spécialistes des marchés africains consultés en octobre alors que le titre du groupe flirte avec un palier historique singulier : la perte de 100 % de sa valeur initiale.

Le 20 octobre, il s’échangeait autour de 30 cents de dollars, soit avec une baisse de 97 % par rapport aux 9,83 dollars lors de son introduction au London Stock Exchange, à la mi-décembre 2013.

Ambition affichée à l’époque : devenir rapidement un groupe présent dans une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne. Le timing semble idéal pour se lancer, dans un contexte de reprise post-crise financière de 2008.

Une suite de déconvenues

Atlas Mara a certes connu son lot d’infortunes. En septembre 2014, lorsque le nouveau venu sur le continent, cofondé par Bob Diamond – ancien DG du colosse britannique Barclays – et l’entrepreneur anglo-ougandais Ashish Thakkar – encensé à l’époque, à tort, comme le « plus jeune milliardaire du continent » – annonce son entrée minoritaire au capital de Union Bank of Nigeria, le baril de pétrole oscille autour de 100 dollars.

En décembre, il n’en vaut plus que 60 – niveau qu’il ne retrouvera qu’en 2018. Entre-temps, l’économie nigériane est entrée en récession (– 1,62 % en 2016).

Rebelote cette année. En juin, l’accord de cession de quatre de ses filiales – annoncé quelques mois plus tôt – au géant kényan Equity Group, est tombé à l’eau. Officiellement en raison des incertitudes et des coûts supplémentaires induits par la crise économique et sanitaire du Covid-19. Pour Atlas Mara, le revers a été rude, du fait de sa difficulté à sortir d’une situation financière périlleuse et à redonner confiance aux investisseurs.

Si la chute des cours du pétrole et la crise du coronavirus ont affecté l’ensemble des économies, peu de groupes ont connu une succession aussi sévère de contre-performances, ce qui souligne des difficultés stratégiques plus profondes, voire un défaut de conception.

Avec un chiffre d’affaires de 92 millions de dollars en 2019 (contre 163 millions en 2018), Atlas Mara a presque disparu des radars : rares sont les analystes financiers qui « suivent » encore le groupe aujourd’hui dirigé par Michael Wilkerson, par ailleurs DG de Fairfax Africa, le principal actionnaire d’Atlas Mara. Que s’est-il passé ?

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