Économie

La RDC reprend en main la gestion de ses forêts

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Enpreposage de grumes dans le port de Kinshasa.

Enpreposage de grumes dans le port de Kinshasa. © DENIS ALLARD/REA

Des efforts ont été réalisés pour assainir le secteur, qui amorce son essor sur des bases plus industrielles. Mais la gouvernance et la certification restent des défis de taille.

La RDC abrite plus de 60 % des forêts denses du bassin du Congo, dont une bonne partie des superficies exploitées l’était illégalement… jusqu’à ce que les pouvoirs publics décident de les débarrasser des sociétés peu scrupuleuses. Au terme d’un long processus engagé en 2002, sur 80 titres jugés convertibles, 57 ont été convertis en contrats de concession forestière en 2011.

Cependant, selon le Groupe de travail climat REDD rénové (GTCRR, le REDD étant le mécanisme de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation forestière), un réseau de la société civile congolaise axé sur l’environnement, certaines concessions auraient récemment été illégalement attribuées.

11,4 millions d’hectares de forêts à exploiter

Le dossier est pris au sérieux, notamment par le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, et tous les acteurs impliqués sont convenus de lancer une « revue de la légalité », qui sera réalisée par un cabinet indépendant et aura l’appui de l’Union européenne.

« Nous examinerons les 57 contrats, pas seulement ceux incriminés. Nous irons sur le terrain pour vérifier s’il n’y a pas d’autres violations des textes, par exemple des concessions sans titre qui seraient exploitées », explique Denis Mushiya, le chargé de communication du GTCRR.

Pour l’heure, la superficie concédée représente 11,364 millions d’hectares, que se partagent 24 entreprises industrielles, dont 18 en activité, à commencer par la Société de développement forestier (Sodefor) et la Société forestière et agricole de la Mbola (Forabola), qui totalisent près de 40 % des surfaces forestières allouées à l’exploitation industrielle.

Les entreprises chinoises majoritaires

Avec 22,56 % des zones concédées, les entreprises à capitaux chinois, dont Booming Green RDC et Maniema Union 2, s’imposent également comme des acteurs majeurs. Les autres compagnies, dont les concessions sont plus petites, sont à capitaux belges, libanais, français, américains et congolais.

La production de grumes du secteur industriel reste modeste. Elle a rarement dépassé 400 000 m3 – 326 693 m3 en 2019 (contre plus de 2 millions au Gabon) –, et la transformation locale est encore très limitée. La production est exportée vers la Chine, l’Inde, le Vietnam, le Liban, les États-Unis, le Portugal, la Belgique, la France, l’Italie et l’Allemagne.

La législation n’impose pas la certification

Avec 43 plans d’aménagement forestier (PAF) validés et 6 en cours de validation, la gestion s’est aussi améliorée. « Les ateliers de sensibilisation et les actions de formation organisés par notre fédération dans le cadre du projet d’appui à la gestion durable des forêts ont contribué à ces avancées », souligne Gabriel Mola, le président de la Fédération des industriels du bois (FIB), qui bénéficie de l’appui de l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT).

Traçabilité : un bilan encore maigre

En revanche, en matière de certification et de traçabilité du bois, le bilan est encore maigre : sur plus de 11 millions d’hectares concédés, seulement 749 784 ha sont certifiés.

« La législation n’impose pas la certification », précise Gabriel Mola. Seules la Compagnie forestière et de transformation (CFT) et la société Industrie forestière du Congo (Ifco) ont obtenu un certificat de légalité, délivré par NepCon – rebaptisé Preferred by Nature –, selon le standard LegalSource.

Mais, malgré des négociations difficiles, le processus Flegt (Forest Law Enforcement, Governance and Trade) avance, impliquant divers acteurs – politiques, institutionnels, de la société civile et du secteur privé, dont la FIB – sensibilisés à la question de la certification forestière. L’objectif est de finaliser les réformes réglementaires et de signer un accord de partenariat volontaire (APV) entre la RDC et l’Union européenne.

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