Banque

[Exclusif] Quelles sont les 200 premières banques africaines en 2020 ?

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 13 octobre 2020 à 15h02
Siège de Standard Bank, à Johannesburg.

Siège de Standard Bank, à Johannesburg. © Emmanuel Croset / AFP

Après une année de franc redémarrage et de regain d’optimisme, l’élan des banques africaines – dominées par Standard Bank, FirstRand et National Bank of Egypt – a été stoppé net par la crise sanitaire, augurant de lendemains difficiles pour le secteur bancaire.

Des espoirs envolés… L’année 2019 aurait pu s’apparenter à un exercice de consolidation, ou même de réelle reprise, pour le secteur bancaire africain, qui devait se confirmer cette année. Le contexte économique, plutôt favorable l’an dernier, avait fait oublier les fortes turbulences financières et monétaires des années passées, notamment en Égypte, au Nigeria et en Afrique du Sud.

La crise sanitaire mondiale du Covid-19 en a décidé autrement. Elle est venue doucher tous les espoirs de relance du secteur, comme en témoignent les premiers résultats semestriels de 2020, en forte baisse pour de nombreux établissements financiers du continent. Notre classement exclusif des 200 premières banques africaines pour l’année 2019 ne porte évidemment encore ni stigmates ni prémices de cette crise historique, dont les effets s’annoncent à la fois douloureux et durables.

Classement Jeune Afrique des 200 premières banques africaines

Si vous consultez Jeune Afrique sur l’application iOs ou Android, cliquez sur le lien ci-dessous pour retrouver le classement et faites glisser votre doigt de gauche à droite pour faire défiler toutes les entrées du tableau.

L’an dernier, l’Afrique dans son ensemble a connu une hausse de son PIB de 3,9 % selon la BAD. Ce niveau de croissance correct se traduit dans notre classement. Les 200 premières banques du continent recensées par Jeune Afrique ont connu une hausse de 8,8 % de leurs bilans, exprimés en dollar, en 2019. À cela s’ajoute un rebond spectaculaire de 16,7 % de leur produit net bancaire, à plus de 83,7 milliards de dollars, un niveau jamais atteint. Après une piteuse année 2018, où ces deux chiffres s’étaient affichés en net recul (voir infographie page suivante), il s’agit, là, d’une reprise, qui, outre les facteurs monétaires, traduit aussi une hausse de l’activité commerciale et du crédit dans de nombreuses régions du continent.

Les abnques en 2019.

Les abnques en 2019. © Jeune Afrique

Ainsi, en 2019, dans l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), les crédits à la clientèle des 150 établissements de la zone ont-ils progressé de 10,1 %, selon la BCEAO. Cette hausse était même de 22,4 % pour les prêts à moyen terme, le signe notamment du dynamisme de l’investissement des entreprises et des ménages en Afrique de l’Ouest.

Des inquiétudes avant même le Covid-19

En Afrique du Sud, économie la plus financiarisée du continent (le pays place six acteurs dans le top 10 de notre classement), le total des actifs du secteur bancaire a progressé en un an, à la fin de 2019, de 8,63 %, et l’encours de crédit de 7,75 %, selon les données de la South African Reserve Bank. Au Maroc, l’encours des crédits était lui aussi en hausse de 5,3 % à la fin de 2019, selon Bank Al-Maghrib, en dépit d’un secteur immobilier toujours assez morose.

Mais toutes les zones n’affichaient pas d’aussi bons résultats, et en décembre 2019, avant la crise sanitaire donc, l’agence Moody’s, dans sa revue générale des banques africaines, s’inquiétait d’un retour à une certaine vulnérabilité du secteur et avait dégradé sa note, passée alors de « perspective stable » à « négative ».

Les incertitudes concernaient, par exemple, la zone Cemac, restée en marge de la reprise avec une distribution totale des crédits à l’économie en baisse de 3,6 % l’an dernier, à 7 815,6 milliards de F CFA, selon la BEAC. La gabonaise BGFI Bank (54e), leader de la zone, voit ainsi son total de bilan reculer légèrement et perd trois places.

Plus au sud, l’Angola, en 2019, était aussi resté englué dans une crise profonde, née du contre-choc pétrolier de 2015, et de ses problèmes de gouvernance. Ses onze opérateurs financiers placés dans le classement voient tous leurs actifs reculer, à commencer par le leader national Banco Angolano Investimentos (BAI, 48e), qui perd onze places.

Ecobank premier opérateur au sud du Sahara (hors Afrique du Sud)

Concernant notre classement, comme les années précédentes, cinq pays dominent largement : Afrique du Sud, Égypte, Algérie, Maroc et Nigeria. Réunies, les banques de ces pays sont au nombre de 72 dans le « Top 200 ». Elles comptent, surtout, pour près de 79 % du total de bilan ! Le leader continental incontesté reste le sud-africain Standard Bank Group, en dépit de ses déboires avec sa filiale londonienne ICBCS.

Dans le top 20, le leader nigérian Access Bank Group se distingue de par sa croissance, avec une hausse de 44 % de son bilan. Ce bond, qui se traduit par un gain de cinq places dans le classement, est consécutif à l’acquisition de son compatriote Diamond Bank l’an dernier, qui en fait désormais le premier acteur au Nigeria. Les dix-sept banques de ce pays connaissent toutes, d’ailleurs, une croissance de leur bilan.

Même constat pour les neuf banques du Maroc, où Attijariwafa Bank reste leader. Depuis sa base au Togo, Ecobank, dont le bilan progresse modérément (+ 5 %) garde, lui, son rang de premier opérateur sur la zone franc et même dans toute l’Afrique subsaharienne, hors Afrique du Sud.

Les banques internationales en repli

Sur le plan stratégique, au-delà de la dynamique commerciale relativement bonne et du renforcement des ratios prudentiels (Bâle I, II voire III pour les pays les plus avancés), l’exercice 2019 aura été marqué par la poursuite des grandes tendances des dernières années. À commencer par la digitalisation. Selon une enquête de la Banque européenne d’investissement parue en février 2020, plus de 82 % des banques africaines ont déployé ou sont en train de déployer des solutions d’e-banking ou de mobile banking.

Autre tendance, par ailleurs, les banques internationales, à l’image de la Banque nationale du Canada à Maurice ou de BNP Paribas en Tunisie, ont continué leur désengagement progressif ou ciblé du continent, même si ces opérations sont moins frappantes que le retrait continental de Barclay’s, achevé en 2018. Dans ce contexte, l’un de nos poids lourds, le groupe marocain BCP (9e) a finalisé en octobre 2019 le rachat de la Banque de Madagascar et de l’océan Indien (BMOI) auprès du français BPCE.

Le monde post-Covid des années 2020 pourrait toutefois conduire à une recomposition du secteur financier africain d’une tout autre ampleur.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer