Politique

[Analyse] Djibouti : recherche opposition désespérément

Réservé aux abonnés | |

Par  Olivier Caslin

Spécialiste des transports et des questions économiques multilatérales. Il suit également l'actualité du Burundi, de Djibouti et de Maurice.

L’Assemblée nationale djiboutienne, en février 2018.

L'Assemblée nationale djiboutienne, en février 2018. © Patrick Robert

C’est une opposition divisée, incapable de s’entendre sur une stratégie commune, qui se prépare à la présidentielle de 2021 à Djibouti.

À six mois du scrutin présidentiel, l’opposition politique est toujours portée disparue à Djibouti. Seul visage aujourd’hui clairement identifié dans ce désert, celui d’Ilaya Ismaïl Guedi Hared. La fille de feu Ismaïl Guedi Hared, l’ancien leader de l’Union pour le salut national (USN), disparu en 2015, est officiellement chef de l’opposition parlementaire depuis son élection aux législatives de 2018… Sans que cela lui assure pour autant le leadership de ses différentes composantes à l’extérieur.

Menace de boycott

D’autant que les points de dissension entre les représentants des multiples partis et factions ne manquent pas, avec une ligne de rupture très nette entre, d’un côté, ceux qui sont prêts à se présenter et, de l’autre, ceux qui brandissent déjà une menace de boycott, laquelle a pourtant montré ses limites lors de la présidentielle de 2016 et des législatives de 2018.

Pour l’instant, tout le monde attend de connaître la décision de l’actuel locataire du palais de Haramous avant de se positionner.

Les plus radicaux, comme Daher Ahmed Farah, toujours exilé en Belgique, et Abdourahman Mohamed Guelleh, alias « TX », attendent d’Ismaïl Omar Guelleh (IOG), la garantie d’une élection honnête et transparente, avec la mise en place d’une Commission électorale nationale – « vraiment » – indépendante (Ceni).

Mohamed Abdou, chef de file de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) plaide de son côté pour une transition politique, avec ou sans le chef de l’État, le temps de redéfinir les règles du jeu.

Un boulevard pour l’UMP

Quant à l’Union pour la démocratie et la justice (UDJ), d’Ilaya Ismaïl Guedi Hared, elle est prête à retenter le pari de l’accord politique avec le Parti djiboutien pour le développement (PDD), de Mohamed Daoud Chehem, comme en 2018. Ils pourraient être rejoints par Omar Elmi khaireh et son Centre des démocrates unifiés (CDU), avec lequel des discussions ont été entamées.

Seule certitude aujourd’hui : l’opposition djiboutienne ne semble toujours pas décidée à faire front commun face au camp présidentiel. Et la performance réalisée par l’USN, qui, en 2013 avait réussi à réunir huit partis d’opposition sous sa bannière, ne semble pas devoir se répéter. C’est donc un boulevard qui s’ouvre à nouveau pour le candidat de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP).

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA309_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte