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Cet article est issu du dossier «[Série] Côte d'Ivoire : dix chantiers phares»

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Agroalimentaire

[Série] Côte d’Ivoire : les produits agricoles entrent en Bourse (6/10)

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Mis à jour le 06 septembre 2020 à 11h26
Unité de production de barres de chocolat du groupe Cemoi, à Abidjan.

Unité de production de barres de chocolat du groupe Cemoi, à Abidjan. © Jacques Torregano pour JA

La Bourse des matières premières agricoles (BMPA) est prête à démarrer ses activités. En structurant le marché, cette plateforme devrait révolutionner le secteur du premier producteur mondial d’anacarde.

Au siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), à Abidjan, les installations où seront centralisées les cotations virtuelles sont prêtes. Une révolution en marche en matière de transactions agricoles, qui va signer la fin des marchés de gré à gré, puisque vendeurs et acheteurs fixeront désormais les prix en un seul lieu, de manière transparente.

Former opérateurs et courtiers

La Bourse des matières premières agricoles (BMPA) de Côte d’Ivoire est en effet techniquement prête à démarrer ses activités, en attendant de former les premiers opérateurs et les courtiers, d’identifier les stocks à négocier et de trouver les banques de règlement.

200 centres permettront d’éviter les pertes post-récoltes et de conserver la qualité des produits

Dotée d’une Autorité de régulation des récépissés d’entreposage (Arre), dirigée par Justin Koffi, la BMPA dispose de 200 centres qui permettront d’éviter les pertes post-récoltes et de conserver la qualité des produits.

L’aboutissement de ce projet résulte du Plan national d’investissement agricole (PNIA), dont la première phase (2012-2017) a permis d’injecter 1 622 milliards de F CFA (près de 2,5 milliards d’euros) pour la relance de l’agriculture. Une politique qui a porté ses fruits, puisque le taux moyen de croissance des productions a été de 8 % par an, et celui du revenu des producteurs, de 14 % par an, et que 1,9 million d’emplois ont été créés dans le secteur.

Consolider les récents acquis du secteur

Par ailleurs, l’insécurité alimentaire a été ramenée de 12 % en 2009 à 10 % en 2018. Le PNIA 2 (2018-2025) vise à consolider ces acquis en mettant l’accent sur la transformation locale et la logistique de commercialisation des produits.

30 % de nos productions n’arrivent pas sur le marché faute de conservation

Son montant est estimé à 2 400 milliards de F CFA, dont plus des deux tiers pour la période 2018-2020, qui englobe la création de la BMPA, celle de la plateforme de commercialisation des fruits et légumes, le financement de cinq agropôles et de projets relatifs à la digitalisation du secteur, ainsi que l’accès des petits producteurs aux services financiers et bancaires.

« La BMPA va réduire considérablement les pertes des produits agricoles, explique le ministre ivoirien de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani. L’une de nos difficultés est que 30 % de nos productions n’arrivent pas sur le marché faute de conservation. Aujourd’hui, avec la Bourse, nous savons où se trouvent les produits, et, avec les transactions qui vont être menées, ils peuvent être achetés au bénéfice des populations. »

Maïs, noix de kola et noix de cajou

La Bourse des matières premières agricoles démarrera ses activités avec seulement trois produits : le maïs, la noix de kola ainsi que la noix de cajou, dont le pays est le premier producteur mondial. Les autorités ivoiriennes espèrent d’ailleurs qu’elle contribuera à assainir la filière anacarde.

« La Bourse va nous permettre de faire la commercialisation des produits sans recourir aux vieilles pratiques qui consistent à les acheter à moindre prix et à aller les commercialiser à l’extérieur », précise le ministre.

L’État a par ailleurs créé un fonds doté de 10 milliards de F CFA pour soutenir les transformateurs locaux de fèves de cacao, encore très peu nombreux, et, en 2018, pour dynamiser l’aval de la filière, à travers le Conseil du café-cacao (CCC), il a créé Transcao, spécialisée dans le broyage des fèves.

Mais lors de la campagne 2019-2020, sur 2,2 millions de tonnes de fèves récoltées, seulement 550 000 t ont été broyées localement, soit 25 %, un objectif très éloigné de celui de 50 % qui avait été fixé.

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