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Afrique du Sud : « La Proie », un Deon Meyer sans concession

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Mis à jour le 04 septembre 2020 à 10h24
Deon Meyer, lors de son dernier séjour parisien, le 3 février.

Deon Meyer, lors de son dernier séjour parisien, le 3 février. © Camille Millerand pour J.A

Avec « La Proie », l’auteur de polars Deon Meyer signe l’un de ses livres les plus politiques. Car son personnage principal n’est autre qu’un homme de pouvoir corrompu qui a trahi les idéaux de son parti et bafoué l’héritage de Nelson Mandela. Une ressemblance avec la réalité tout à fait volontaire.

Nous voici de nouveau chez les Hawks, le département de la police sud-africaine spécialisé dans la criminalité violente, au Cap. Un homme a été retrouvé mort, le crâne défoncé : selon toute vraisemblance, il a été balancé du train de luxe Rovos Rail circulant à travers toute l’Afrique australe depuis Pretoria. Sous les ordres de la colonelle Mbali Kaleni, le duo Benny Griessel et Vaughn Cupido se lance dans l’enquête.

Tueur à gages

Benny Griessel est blanc, il a un problème avec l’alcool et essaie de reconstruire sa vie avec une chanteuse de renom dont il est fou amoureux. Vaughn Cupido est noir, il a un problème de surpoids et essaie de gagner la confiance de son futur beau-fils, qui juge tous les policiers d’Afrique du Sud corrompus.

Une mission à haut risque : abattre le président sud-africain

Parallèlement, en France, un ancien tueur à gages de l’African National Congress (ANC), du temps de la lutte contre l’apartheid, est contacté par un mystérieux groupe rassemblant 43 ex-membres de l’Umkhonto we Sizwe, le MK43. Daniel Darret, c’est son nom, est chargé d’une mission à haut risque : abattre le président sud-africain lors d’une visite à Paris.

Zuma et trois Indiens

Avec La Proie, Deon Meyer signe l’un de ses livres les plus politiques. Car le personnage principal du roman, c’est bien cet homme de pouvoir corrompu qui a trahi les idéaux de son parti et bafoué l’héritage de Nelson Mandela. Meyer prend soin de ne jamais le citer, mais chacun reconnaîtra derrière ces mots la figure controversée de Jacob Zuma : « Le président a systématiquement poignardé dans le dos de bons, de fidèles, d’honnêtes vétérans de la Lutte, des camarades, des amis, des frères. Il les a éjectés de postes importants pour les remplacer par ses laquais. Un coup d’État bien planifié, sans la moindre goutte de sang, avec un seul but : voler. Avec la collaboration de trois Indiens. Et pour s’en sortir, il a corrompu des membres du Parquet national, de la police, du Trésor, de l’Agence de sécurité nationale, la SSA, et beaucoup de membres de son parti avec de l’argent, de l’argent volé, et des promesses de plus d’argent encore. »

Trois Indiens ? Ici encore, l’auteur ne donne pas de noms, mais les connaisseurs de la vie politique sud-africaine identifieront sans mal les frères Gupta, Atul, Rajesh et Ajay, hommes d’affaires à la tête d’Oakbay Investments… Du chef d’État violeur aux complexes subtilités des relations raciales, Deon Meyer dresse avec amour le portrait d’un pays blessé, miné par la corruption et rongé par la violence, mais toujours debout et combatif. Et n’oublie pas les bonnes vieilles recettes d’un polar efficace.

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