Diplomatie

Cuba, Chine, Russie… Les amitiés au long cours du Congo

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Mis à jour le 13 octobre 2020 à 11h57
Denis Sassou Nguesso et Vladimir Poutine, lors de la visite du président congolais en Russie, en mai 2019.

Denis Sassou Nguesso et Vladimir Poutine, lors de la visite du président congolais en Russie, en mai 2019. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIP

Outre ses liens toujours soutenus avec la France, le pays continue d’entretenir des relations très étroites, et redynamisées ses vingt dernières années, avec la Chine, la Russie et Cuba.

Dans sa vie politique et diplomatique, dans ses échanges universitaires et culturels comme dans ses affaires, le Congo a toujours gardé des liens particulièrement forts avec Cuba, la Chine et l’ex-URSS, ses fidèles compagnons des années 1960 à 1980. Leurs dénominateurs communs au lendemain des indépendances : l’idéologie marxiste-léniniste, l’appui aux mouvements de libération africains et la lutte contre l’impérialisme.

En 1989, la chute du mur de Berlin marque l’effondrement de l’Union soviétique. En septembre 1990, le Parti congolais du travail (PCT) abandonne le marxisme-léninisme, et, pendant une décennie, la coopération entre le Congo et ses amis va tourner au ralenti.

La Chine en tête

Le premier camarade à redynamiser ses relations avec le Congo sera la Chine. Au début des années 2000, Pékin décide de s’ouvrir à l’Afrique en structurant ses relations avec le continent autour de forums. Allié privilégié de cette nouvelle politique de coopération, le Congo aura le statut de pays pilote. L’accord-cadre de partenariat stratégique signé en 2006 sera élevé au rang de « partenariat stratégique global » en 2016.

Une aubaine pour le Congo, qui veut s’équiper, et pour les sociétés de BTP chinoises, auxquelles l’État congolais commande de nombreux ouvrages à travers le pays.Des entrepreneurs chinois privés s’y installent dans la filière bois, le commerce, les mines, le ciment, la banque, etc., et les échanges commerciaux explosent. Enfin, l’année 2019 marque la volonté de renforcer les contrats en mode public-privé.

Partenariat « gagnant-gagnant » avec la Russie

Après la chute du mur de Berlin, les relations entre le Congo et la Russie ont été mises en veille. Toutefois, cette dernière livrait du matériel militaire, et quelques contractuels russes intervenaient, de manière marginale, dans le cadre de la coopération policière et hospitalière. Les échanges culturels sont quant à eux restés dynamiques à travers le Centre culturel russe à Brazzaville et l’octroi de bourses à des étudiants congolais pour qu’ils aillent se former dans des instituts publics ou privés russes.

Les relations bilatérales reprennent de la vigueur au début des années 2010, quand la Russie s’ouvre à l’Afrique. En 2012, un partenariat stratégique « gagnant-gagnant » est conclu. En 2019, à la suite de la visite du président congolais à Moscou, en mai, et de la tenue du Forum Russie-Afrique à Sotchi, en octobre, des accords de coopération sont signés, qui portent, entre autres, sur la coopération militaire (envoi de conseillers, formation et fourniture de matériel), sur l’agriculture, la médecine, le nucléaire civil, ainsi que sur la construction d’un oléoduc. Dans la filière pétrole, Gazprom est titulaire du permis Nanga II, et son compatriote Luxoil détient 25 % du permis Néné-Banga.

Coopération sanitaire avec Cuba

La coopération avec Cuba est axée surtout sur la santé, la formation de médecins congolais à Cuba et l’accueil de nombreux médecins cubains dans les établissements hospitaliers et centres sanitaires congolais.

Cuba peut toujours compter sur le Congo pour dénoncer l’embargo dont il est victime

Les Cubains sont également encore présents dans la protection rapprochée de hautes personnalités. Et si la coopération culturelle, notamment en matière de musique (rumba et salsa), naguère très soutenue, a décliné, Cuba peut toujours compter sur le soutien diplomatique de son ami congolais quand il s’agit de dénoncer l’embargo dont il est victime.

Dans la relance de ses relations bilatérales, même si la Chine a pris une longueur d’avance grâce à une stratégie bien huilée, chacun des trois pays use des mêmes arguments : volonté d’instaurer un partenariat gagnant-­gagnant, respect des traditions et des modes de vie, pas de passé colonial, pas d’ingérence politique, pas de prêts conditionnés à des règles de transparence, ni d’interférence dans la gestion du pays.

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