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Cet article est issu du dossier «[Série] Côte d'Ivoire : dix chantiers phares»

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BTP & Infrastructures

[Série] Côte d’Ivoire : coup de jeune sur les infrastructures (9/10)

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L’autoroute entre Abidjan et Yamoussoukro.

L’autoroute entre Abidjan et Yamoussoukro. © Jacques Torregano pour JA

La politique de grands travaux a mis l’économie et la société ivoiriennes sur les rails du développement. Mais d’importants écarts persistent entre les territoires.

Au lendemain de la crise postélectorale, Alassane Ouattara a pris les rênes d’un pays certes relativement bien doté en infrastructures de base comparé à ses voisins ouest-africains, mais dont les ouvrages et les équipements n’en étaient pas moins tous vieillissants, largement insuffisants en nombre et mal répartis sur le territoire.

La mise à niveau du pays en la matière était donc une priorité : amélioration des capacités de production et de distribution d’électricité, construction d’un troisième pont à Abidjan, aménagement de routes et de zones d’activité à travers le pays…

Bilan positif

« Le bilan économique du président Ouattara est plutôt positif. Les bonnes performances macroéconomiques ont été portées par ce que j’appellerais un rattrapage, avec, pour socle, des investissements massifs dans les infrastructures », souligne l’économiste et analyste politique béninois Gilles Yabi, fondateur du think tank ouest-africain Wathi.

Les chantiers d’extension et de modernisation de plusieurs aéroports stratégiques ont été engagés

En 2011, les besoins en financement pour la remise en état du réseau routier prioritaire, qui comprend notamment 1 500 km de routes internationales et 8 000 km de nationales, ont été évalués à 1 500 milliards de F CFA (2,3 milliards d’euros). En 2018, un nouveau programme d’investissements a été adopté pour la modernisation des infrastructures routières, d’un montant de 3 750 milliards de F CFA sur cinq ans. Il vise la construction de ponts, d’autoroutes et d’ouvrages hydrauliques.

Par ailleurs, un fonds doté de 100 milliards de F CFA par an est désormais chargé de l’entretien d’environ 12 000 km de pistes à travers le pays. Pour accompagner le développement du secteur aérien, les chantiers d’extension et de modernisation de plusieurs aéroports stratégiques ont été engagés, comme ceux d’Abid­jan (lancé en 2017 pour un montant estimé à 42 milliards de F CFA) et de Bouaké. L’État a également mobilisé 68 milliards F CFA pour les aéroports régionaux de San Pedro, de Séguéla, de Korhogo et de Kong.

Doper l’essor de l’activité

Afin de doper l’essor de l’activité économique, un programme piloté depuis 2013 par l’Agence de gestion et de développement des infrastructures industrielles (Agedi) a été mis en place pour moderniser les zones industrielles (ZI) existantes et en créer de nouvelles. Il concerne une dizaine d’agglomérations, dont Bouaké, Bonoua, Korhogo, Odienné, Séguéla et Yamoussoukro.

 

En matière de création, le plus grand chantier en cours est celui de la ZI d’Akoupé-Zeudji (PK 24), au nord d’Abidjan, et en matière de rénovation, citons celle de la ZI Yopougon, dans la périphérie nord-ouest de la capitale économique, dont l’opération d’extension-­modernisation s’est achevée au début de 2018, ainsi que celles de Koumassi et de Vridi, dans le port d’Abidjan, en cours de réaménagement.

Le ressenti de la population est que la politique des grands travaux n’a pas eu d’impact sur la réduction des inégalités

« Il est incontestable que de grands travaux, comme le troisième pont d’Abidjan, ont abouti. Mais la critique que l’on peut faire est qu’ils ne correspondent pas tous à une volonté de décentraliser les lieux de création de richesse, constate Gilles Yabi. Lorsque vous voulez réduire les inégalités territoriales dans un pays, le choix des investissements est important pour donner le sentiment à toute la population qu’elle compte. Or on n’a pas eu le sentiment, dans les décisions des gouvernements de Ouattara, qu’il y avait une volonté de privilégier des régions ayant souffert des longues années de crise, comme Duékoué. Pour la majorité des Ivoiriens, le ressenti est que la politique des grands travaux n’a pas eu d’impact sur la réduction des inégalités, ni même sur la réconciliation nationale. »

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