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Cet article est issu du dossier «[Série] Côte d'Ivoire : dix chantiers phares»

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Santé

[Série] Côte d’Ivoire : cette santé encore fragile (5/10)

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Bloc opératoire à l’Institut de cardiologie, au CHU de Treichville.

Bloc opératoire à l’Institut de cardiologie, au CHU de Treichville. © OLIVIER pour JA

Construction d’hôpitaux, mise en place de la couverture médicale universelle… Si l’accès aux services de santé s’est amélioré, les déserts médicaux et le manque de matériel rappellent le besoin de poursuivre la politique d’investissements massifs dans le secteur.

«En 2010, j’avais pris l’engagement de construire et de réhabiliter 5 hôpitaux et 100 centres de santé. Nous avons construit 10 nouveaux hôpitaux généraux et réhabilité 22 centres hospitaliers généraux, 78 hôpitaux généraux et 233 centres de santé urbains et ruraux », énumérait Alassane Ouattara devant les parlementaires réunis à Yamoussoukro, le 5 mars. Ces réalisations ont permis d’améliorer nettement le taux d’accès aux services de santé, qui est passé de 44 % en 2012 à 69 % en 2019, et de fournir à certains établissements des services et des plateaux techniques de pointe.

Cependant, le service public de santé ivoirien est encore loin de répondre aux besoins de la population. Et pour mettre le pays à niveau, il va falloir poursuivre la politique d’investissements massifs – qui ont été estimés par l’actuel exécutif à 1 650 milliards de F CFA (plus de 2,5 milliards d’euros) pour la période 2020-2024.

Il reste beaucoup à faire en matière de formation et de valorisation des métiers de la santé. Mal rémunérés, sous-dotés en matériels (ce qui oblige souvent les familles des patients à payer eux-mêmes le nécessaire requis… quand elles le peuvent), ils souffrent aussi de sous-effectifs majeurs : en 2016, selon les données du ministère de la Santé, le pays comptait 5 professionnels de santé pour 10 000 habitants, très loin de la norme de 23 pour 10 000 requise par l’OMS.

Déserts médicaux

Le prochain exécutif devra également s’atteler à une meilleure répartition géographique de ces professionnels, dont plus de la moitié se concentrent aujourd’hui dans le Grand-Abidjan, créant d’immenses déserts médicaux ailleurs. « Il faudra aussi mettre fin à l’impunité, insiste un professionnel. Si l’État approvisionne les hôpitaux en médicaments et en matériels mais qu’ils sont volés, et si rien n’est entretenu, on fait du sur-place. »

Programme social phare du deuxième quinquennat d’Alassane Ouattara, la mise en place de la couverture médicale universelle (CMU) est entrée dans sa phase opérationnelle le 1er octobre 2019, après trois ans de phase pilote et divers reports. Désormais, tous les Ivoiriens relevant du régime général de base (contributif) doivent s’acquitter de la cotisation mensuelle de 1 000 F CFA, qui leur assure une prise en charge à 70 % de leurs frais médicaux par la Caisse nationale d’assurance maladie (créée en 2014).

Réactivité face à la pandémie

Bien qu’elle soit « obligatoire » depuis le 1er janvier 2020, la généralisation du dispositif ne pourra se faire que progressivement et nécessitera des adaptations. À la fin du premier trimestre de 2020, seulement 2,2 millions d’Ivoiriens étaient enregistrés, sur une population de 24 millions d’habitants, et, selon le porte-parole du gouvernement, un peu moins de 1,7 million de cartes avaient été produites, dont 1,1 million distribuées.

Après un premier cas confirmé le 10 mars, un plan de riposte de près de 96 milliards de F CFA a été annoncé par Alassane Ouattara dès le 23 mars. Le pays a rapidement construit des centres de dépistage gratuits et triplé le nombre de ses respirateurs. Malgré quelques couacs au démarrage (notamment une quarantaine imposée mais fort peu respectée), la réactivité des autorités ivoiriennes et les mesures qu’elles ont imposées (comme l’isolement du Grand-Abidjan, le couvre-feu, la fermeture des frontières ou encore le port du masque obligatoire) ont permis de contenir l’épidémie dans l’agglomération du Grand-Abidjan et de limiter le nombre de contaminations – moins de 15 000 cas déclarés et environ 90 décès au 20 juillet.

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