Energie

Digitalisation, bioénergies… Les nouveaux chantiers de Veolia au Maroc

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Mis à jour le 21 septembre 2020 à 14h49
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Rencontre avec le directeur Afrique&Moyen-Orient de Veolia, Christophe Maquet, sur le premier marché africain du géant français.

Christophe Maquet se rend une fois par mois au Maroc, qui est le premier marché du groupe français Veolia sur le continent. Ses filiales Amendis et Redal assurent depuis dix-huit ans la gestion déléguée des services de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement des agglomérations de Rabat-Salé et de Tanger-Tétouan.

Loin de se désengager du royaume (la cession des deux filiales avait été évoquée en 2013), le leader mondial des services collectifs y diversifie ses activités, notamment pour accompagner les grands chantiers de l’État et des collectivités territoriales.

Jeune Afrique : Que représente le Maroc pour votre zone Afrique & Moyen-Orient ?

Christophe Maquet : Pour Veolia, c’est le premier pays au sein de la zone, en chiffre d’affaires comme en effectifs, avec 4 000 employés sur un total de 10 000. C’est aussi un pays qui dispose d’une réelle expertise en matière de développement urbain, avec des modèles très évolués de péréquation, l’électricité venant, par exemple, financer le traitement des eaux.

Le Maroc est un pays très important pour nous, pas une simple vitrine

Nos activités nous obligent à observer les changements dans la société, les nouvelles politiques en matière d’aménagement, d’environnement, de régionalisation… Autant de facteurs qui déterminent notre approche.

Cet intérêt est-il renforcé par le fait que le Maroc se veut un tremplin pour les entreprises visant une implantation continentale ?

Le groupe est déjà très présent en Afrique. Pour nous, le Maroc est un pays très important, pas une simple vitrine. Mais, en effet, la politique Sud-Sud de Rabat est bien concrète. Nous sommes prêts à accompagner l’essor des entreprises marocaines sur le continent.

Renault-Tanger est la première usine automobile au monde avec zéro rejet de CO2

Pour beaucoup, Veolia Maroc, c’est avant tout Amendis et Redal…

Ce sont nos deux principales activités dans le royaume, et il est logique que nos services B to C soient mieux connus que les autres. Mais nous sommes aussi présents ailleurs, par exemple auprès de Renault à Tanger. Nous utilisons des grignons d’olives comme combustible pour couvrir les besoins thermiques de l’usine. Cette solution permet au site d’être la première usine automobile au monde avec zéro rejet de CO2.

Où en sont vos projets en matière de traitement des déchets médicaux ?

La pandémie de Covid-19 a légèrement retardé le lancement de cette activité, qui devrait voir le jour à la fin de 2020 dans le cadre d’une coentreprise avec SOS-NDD, une société marocaine spécialisée dans la gestion des déchets. Notre objectif est toujours le même : traiter 4 000 tonnes de déchets médicaux par an, sur les 22 000 tonnes produites.

Qui seront vos clients ?

Pour le moment, de petites officines, essentiellement dans la région située entre Casablanca et Kenitra. Dans ce secteur, nous offrons des garanties, de la transparence et des possibilités d’audit par des tiers. D’autant que c’est une activité que nous connaissons bien : nous traitons déjà des déchets dangereux en Afrique du Sud, et en France Veolia représente un tiers du marché du traitement des déchets médicaux.

Au plus fort de la pandémie, un tiers des effectifs restaient mobilisés

Quel a été l’impact de la pandémie sur vos activités classiques au Maroc, à savoir la gestion déléguée des services des eaux et de l’électricité ?

La priorité est de garantir la sécurité de nos équipes tout en assurant la continuité du service. Je crois que nous avons été au rendez-vous. Plus généralement, nous avons interrompu momentanément une partie de nos activités, par exemple les chantiers, pendant qu’environ un tiers des effectifs restaient mobilisés.

Nous avons par ailleurs accéléré la digitalisation de nos entreprises. Pendant le confinement, les usagers pouvaient relever eux-mêmes leurs compteurs, et le nombre de particuliers et d’entreprises connectés à l’« agence digitale » a triplé.

Pour accompagner ces nouvelles habitudes, Amendis propose désormais de gérer ses factures de A à Z de manière dématérialisée. La partie opérationnelle s’est elle aussi numérisée, avec la mise en place d’un système de gestion à distance à l’aide de capteurs.

Le stress hydrique est un sujet de préoccupation majeur. Comment contribuer à le réduire ?

Nous sommes attentifs aux objectifs définis par le royaume, notamment dans le cadre du Plan Maroc vert et de Vision 2030. Nous essayons d’être force de propositions, sinon de solutions. Réduire le stress hydrique, c’est d’abord assurer un bon rendement des réseaux. Avec un taux de rendement de 82 % au Maroc, nous sommes sur la bonne voie.

La station de traitement de Tamuda Bay permet de réutiliser l’eau pour l’arrosage municipal

Dans le cadre de nos contrats de gestion déléguée, nous assurons aussi la réutilisation des eaux usées. Ainsi, la station de traitement de Tamuda Bay permet de réutiliser l’eau pour l’arrosage municipal ou encore celui des terrains de golf.

Sur le site de Renault, les eaux usées sont elles aussi réutilisées. Ce qui suppose de passer d’une pratique de « traitement et rejet » à des solutions de « traitement et réutilisation ». Résultat, une voiture du constructeur à Tanger a « bu » deux fois moins d’eau qu’un véhicule sorti des chaînes de montage européennes.

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