Contenu réalisé par

Jalons du Sommet sur le climat et au-delà

L’Initiative d’adaptation de l’Union Africaine pour l’Afrique (IAA), défendue par le gouvernement du Gabon, franchit des étapes importantes alors que le monde se prépare pour le Sommet sur le climat COP24 en décembre 2018.

De gauche à droite : Stephen Jackson, Représentant Permanent du PNUD au Gabon, Régis Immongault, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l’Intégration Régionale et Tanguy Gahouma, Secrétaire Permanent du Conseil National Climat (CNC) du Gabon.

L’accélération de l’adaptation au changement climatique sur le continent africain a été stimulée en 2018 par la nouvelle Initiative d’adaptation de l’Union africaine (IAA). Défendue à la demande de l’UA par les dirigeants du Gouvernement gabonais, l’action de l’IAA s’intensifie à l’heure où le monde se prépare à faire face aux défis de la COP24: la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra prochainement à Katowice (Pologne).

Trop peu d’attention ou de fonds sont actuellement consacrés aux pays africains pour les aider à relever le défi extrême que représentent la hausse des températures et les profonds changements sociaux que pose le changement climatique. Le Gouvernement gabonais, par son engagement auprès de l’IAA, s’est efforcé de combler cet écart et a déjà alloué ses propres ressources financières et humaines importantes, par l’intermédiaire du Conseil National Climat (CNC), au travail de coordination des activités d’adaptation sur le continent.

PARTENARIATS AFRICAINS SUR LES PLATES-FORMES MONDIALES

Mais 2018 a déjà connu des succès notables. La première table ronde des partenaires de l’IAA, qui s’est tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre, a bénéficié d’un soutien politique sérieux et de haut niveau de la part des acteurs multilatéraux et bilatéraux. L’IAA a ensuite été invitée à se joindre au Comité mondial sur l’adaptation (CMA) le 16 octobre, une nouvelle plateforme prestigieuse dirigée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, Bill & Melinda Gates Foundation co-président Bill Gates et Kristalina Georgievava PDG de la Banque mondiale

Lors de la COP 24, l’IAA organisera la première  » Journée de l’adaptation en Afrique  » avec la Banque africaine de développement (BAD), le 12 décembre, suivie d’une manifestation parallèle PNUD (NDC Partnership) & IAA sur le thème suivant «  Le point de rupture – Définir une nouvelle façon d’intégrer et d’accélérer l’adaptation au changement climatique en Afrique  » le 13 décembre. Le NDC Partnership est une coalition de pays et d’institutions, qui s’efforcent de mobiliser des appuis et d’atteindre des objectifs climatiques ambitieux tout en favorisant le développement durable.

Ce soutien de haut niveau que la mission de l’IAA reçoit des États membres et des partenaires internationaux témoigne de la reconnaissance croissante de l’appropriation et des investissements africains dans la lutte contre le changement climatique, ainsi que de la reconnaissance croissante de l’urgence de rééquilibrer les efforts d’adaptation et d’atténuation. L’Afrique doit combler le déficit d’adaptation. Lors de la table ronde de l’IAA de septembre, Achim Steiner, Administrateur du PNUD, a insisté sur le fait que “Nous devons parler au monde avec beaucoup plus de clarté sur le fait que l’Afrique investit déjà une part importante de ses propres ressources nationales dans l’adaptation. Bien plus de 2 % de son PIB, c’est notre estimation, rien qu’en adaptation”.

COOPÉRATION SUD-SUD POUR DES MESURES D’ADAPTATION EN AFRIQUE

L’IAA a insisté sur la nécessité d’une coopération Sud-Sud accrue. A bien des égards, les pays en développement sont mieux placés pour contribuer mutuellement à la solution de leurs problèmes de développement, étant donné que les conditions climatiques et la proximité géographique et culturelle de nombreux pays en développement sont souvent similaires. Au cours de la Table ronde de New York, le gouvernement indien a annoncé l’octroi d’un million de dollars pour soutenir les objectifs de l’IAA. Cette première et bienvenue contribution permettra d’améliorer considérablement les services d’information climatique au Gabon. Ce projet, dont la mise en œuvre est prévue pour 2019, s’inscrit dans le cadre du Fonds de partenariat Inde-ONU pour le développement, qui soutient des projets de transformation du développement durable axés sur la demande et dirigés par le Sud, au profit des pays en développement.

Cet exemple bienvenu de coopération Sud-Sud, qui vise à travailler avec les partenaires africains pour accélérer les efforts d’adaptation, va bien au-delà des transferts financiers, aussi importants soient-ils. Il contribuera à promouvoir des mesures d’adaptation fondées sur la reproductibilité des expériences et des technologies que les pays accumulent dans leurs propres processus de développement et font face à des défis climatiques similaires.

Pour le Gabon, il s’agit d’une occasion attendue depuis longtemps de mettre à jour le système hydrométrique du pays et la capacité de modélisation climatique qui lui est associée, ce qui sera essentiel pour renforcer le climat transversal et la résilience aux catastrophes dans la sous-région. Aussi, pour l’IAA, l’ambition en 2019 est de voir une série d’interventions spécifiques par pays, alignées sur ses piliers programmés en cours dans les pays prioritaires du continent africain.

L’IAA EN 2019: OPPORTUNITÉS D’INVESTISSEMENTS DANS L’ADAPTATION

L’adaptation au changement climatique n’est pas seulement une condition nécessaire à la durabilité et à la résilience ; elle offre également des possibilités importantes de stimuler des économies vertes et inclusives en Afrique. Pour aller de l’avant, l’Union africaine encourage le secteur privé, les chefs d’entreprise et les scientifiques à regarder au-delà des défis actuels et à converger vers la nécessité de se concentrer sur la recherche d’innovations appropriées pour créer de multiples co-bénéfices, tout en adaptant les sociétés et les infrastructures aux impacts inévitables du changement climatique.

En 2019, l’IAA entrera dans la phase de mise en œuvre des activités sur le terrain, avec les partenaires régionaux, conformément aux piliers fondamentaux de l’organisation. L’IAA veut soutenir les principales institutions du continent en fournissant des services climatiques et des informations scientifiques adaptées pour améliorer la prise de décision. Quatre programmes phares ont donc été développés, qui pourraient être de véritables moteurs de changement, car ils associent le renforcement des capacités techniques à de nouveaux modèles de financement et offrent des solutions réalisables qui impliquent les partenaires africains à plusieurs niveaux dans la planification, la conception et la mise en œuvre des stratégies d’adaptation. Ces programmes ambitieux, qui exigent des investissements allant de 5 à 55 millions de dollars des États-Unis, exigent également une pensée créative, un leadership engagé et une action courageuse.

Programmes phares de l’IAA pour 2019

  1. Programme de l’Afrique sur les services climatologiques pour l’adaptation et la résilience en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM)
  2. Renforcer la capacité d’adaptation des communautés autour du Bassin du Lac Tchad, grâce à des systèmes d’alerte précoce, en partenariat avec la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)
  3. Faire progresser le transfert des risques en Afrique grâce à la Capacité Africaine de gestion des risques (ARC).
  4. Renforcement de la gestion des connaissances pour la planification de l’adaptation en Afrique avec le PNUD.

 

Mme. Kulthoum Omari-Motsumi, Coordinatrice de l’IAA a déclaré “Alors que l’IAA injecte plus d’énergie pour aider à mobiliser la volonté politique et économique au plus haut niveau pour faire progresser l’action climatique, notre stratégie de mise en œuvre garantit que nous pouvons contribuer à la réalisation de nombreux objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable et de la Vision 2063 de l’UA pour l’Afrique.  L’IAA est prête à prendre la première place pour l’Afrique et l’Union africaine.”

DATES CLÉS POUR 2018 ET 2019

  • 12 décembre 2018, Katowice, Pologne (COP 24) : Journée de l’adaptation en Afrique avec la Banque africaine de développement
  • 13 décembre 2018, Katowice, Pologne (COP 24) : Partenariat PNUD NDC et événement parallèle de l’IAA sur le thème «  Le point de rupture – Définir une nouvelle façon d’intégrer et d’accélérer l’adaptation au changement climatique en Afrique « .
  • Février 2019 (date à confirmer), Sommet de l’Union Africaine, Addis-Abeba : Présentation formelle des progrès de l’IAA aux Etats membres de l’UA.
  • 23 septembre 2019, Assemblée générale : Sommet des Nations Unies sur le climat à New York: Une course que nous pouvons gagner. Une course que nous devons gagner”

 

CE CONTENU N'A PAS ÉTÉ PRODUIT PAR LA RÉDACTION DE JEUNE AFRIQUE