Universités

[Tribune] L’université sénégalaise s’embourbe-t-elle ?

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Constatant la concurrence croissante entre établissements d'enseignement supérieur publics et écoles privées, le sociologue Jean-Alain Goudiaby en appelle à une "gestion assainie" de l'université sénégalaise et plaide pour des transformations "voulues" plus que "subies".

Cette tribune a initialement été publiée sur le site de The Conversation.

Par Jean-Alain Goudiaby, Sociologue et enseignant-chercheur à l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

Les universités sénégalaises produisent des diplômés et des recherches qui peuvent être de grande qualité. Toutefois, ces établissements connaissent des difficultés plus ou moins importantes en fonction de leur structuration, de leur gouvernance ou encore de l’évolution globale du système d’enseignement supérieur et de recherche.

Ces difficultés résultent de la combinaison de plusieurs facteurs : l’accroissement du nombre d’étudiants, passé de 93 866 en 2012 à 190 145 en 2018, dont 35 % dans le privé ; la restructuration du marché de l’emploi ; les évolutions des législations et de l’environnement physique et social, etc.

L’offre de formation demeure très éclectique et inégale, selon les territoires et les domaines disciplinaires. »

On dénombre aujourd’hui huit universités publiques au Sénégal. Cette offre est complétée par les instituts supérieurs d’enseignement professionnel. Le premier, celui de Thiès, est déjà en fonctionnement ; les quatre autres sont prévus pour la rentrée 2020. À, cela s’ajoutent, selon la Direction générale de l’Enseignement supérieur (données d’enquête), plus de 300 instituts et universités privés. Ces derniers sont créés soit par des promoteurs nationaux ou étrangers, soit appartiennent à un réseau transnational, soit sont une filiale d’un établissement étranger. En somme, l’offre de formation demeure très éclectique et inégale, selon les territoires et les domaines disciplinaires. L’offre reste principalement concentrée à Dakar et dans les villes de Saint-Louis, Thiès, Ziguinchor. Les formations du tertiaire sont majoritairement dispensées dans les instituts privés, alors que les sciences humaines et sociales (SHS), les sciences et technologies ou encore la médecine sont présentes dans le public.

Le défi de la gouvernance des universités

Les universités publiques au Sénégal ont vu le jour autour des années 1960 avec l’ambition de se construire en rupture avec le modèle colonial. Des aménagements de programmes ont été tentés dans certaines facultés. Toutefois, le contexte économique et politique n’a pas toujours été favorable.

De plus, la gouvernance interne a fait parfois défaut et les recteurs, premières autorités de l’université, n’ont pas toujours su traduire en actes concrets les directives nationales. C’est là, parfois, la différence entre les universités publiques et entre le public et le privé.

Dans le dispositif des universités privées, en effet, la place de l’État est réduite à son strict minimum, à savoir les agréments pour l’ouverture, compte non tenu de la forte présence des enseignants des universités publiques pour faire exister certaines formations dispensées dans ces établissements privés, ainsi que les travaux de recherche qui y sont menés. Le mode de gouvernance des universités privées permet de renforcer leur présence sur le marché des formations tout en bénéficiant d’une souplesse plus adaptée à la rapide évolution des espaces de formation.

L’État sénégalais, […] n’a pas toujours une vision claire de la gouvernance des universités et des changements qui s’y produisent. »

Les universités publiques, de leur côté, doivent promouvoir leurs intérêts particuliers face à la concurrence nationale et internationale tout en assumant leur rôle de service public.

L’État sénégalais, malgré sa volonté affirmée d’améliorer le secteur ou d’éviter son enlisement, n’a pas toujours une vision claire de la gouvernance des universités et des changements qui s’y produisent. Le fait, par exemple, de vouloir orienter tous les bacheliers de 2019 vers des universités publiques sans étude prospective préalable en est une belle preuve. D’ailleurs, les universités ont elles vocation à accueillir tous les bacheliers, quel que soit leur projet professionnel ou de vie ?

De même, on peut considérer que l’assujettissement des recteurs au pouvoir politique et aux autres pouvoirs internes peut mettre à mal l’autonomie dans la gestion. On peut analyser les activités du personnel administratif technique et de service comme la résultante de leur dépendance vis-à-vis de l’autorité des recteurs. Cela est d’autant plus vrai qu’une bonne partie de ce personnel peut être choisie par le recteur. Ces différents choix, ainsi que les orientations prises ou non, ont des conséquences sur la marche optimale de l’institution.

Des réformes qui peinent à être mises en œuvre

Les politiques relatives à l’enseignement supérieur et à la recherche connaissent régulièrement des réformes qui cherchent soit à concrétiser les réformes précédentes, soit à poser les bases d’autres transformations, jugées plus adaptées. C’est ainsi qu’en 2013 s’est tenue à Dakar la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Il en a résulté 78 recommandations qui doivent aider à réorienter la politique d’enseignement supérieur et de recherche.

Des enseignants, en grève depuis plus d’un mois pour exiger de meilleures conditions, manifestent près de l’Université de Dakar le 18 janvier 2012. Un an plus tard en 2013, la Concertation nationale sur l’avenir de l’éducation supérieur sera initiée et débouchera sur la proposition de 78 recommandations. Seyllou/AFP

Cette Concertation a porté sur le pilotage de l’enseignement supérieur, sur l’accès et la qualité des formations, sur le financement et les liens entre les formations, le marché du travail et le service à la communauté, sur l’internationalisation, la recherche et l’innovation. En cherchant à réorienter les formations vers les STEM (acronyme de science, technology, engineering and mathematics) et à mieux articuler ces formations avec le monde du travail, les responsables de la Concertation ont voulu retirer le sable de l’engrenage des universités.

Pour la Concertation nationale pour l’avenir de l’enseignement supérieur, il convient d’approfondir la « professionnalisation » des formations. Cette approche se justifie foncièrement par les exigences des politiques de développement et du marché du travail. Ce dernier exige des étudiants une aptitude professionnelle : ils doivent être opérationnels dès leur sortie de l’université. Or cela ne semble pas être le cas pour les diplômés issus des cycles de l’enseignement général, qui représentent l’essentiel des formations dispensées. C’est ainsi que les instituts supérieurs d’enseignement professionnel pourraient être l’une des solutions, si le modèle est sauvegardé.

Aujourd’hui, malgré les directives présidentielles prises à l’issue de la Concertation nationale, malgré les contrats de performance qui étaient une occasion de renforcer la politique gouvernementale, les universités peinent à consolider les progrès réalisés, tant la mise en œuvre des réformes se confronte à une gouvernance faible.

Il y a quelques années, pour parler de la présence simultanée d’acteurs publics et privés dans l’enseignement supérieur, on utilisait volontiers le terme de « coexistence ». […] Mais dernièrement, la coexistence a progressivement laissé la place à la concurrence. »

Cela s’explique, entre autres, par le faible engagement de certains responsables pour la cause institutionnelle et par la méconnaissance des publics accueillis (les étudiants notamment) et des liens qu’il faut construire avec le monde économique, tant pour l’insertion professionnelle des apprenants que pour le service à la communauté.

Vers un partenariat public-privé ?

Le Sénégal s’était lancé dans une politique de libéralisation de l’enseignement supérieur – un domaine qui, jusqu’en 1995 était du domaine exclusif de l’État. Celui-ci a renoncé à être le seul fournisseur de formations supérieures mais s’est efforcé d’en rester le seul garant (conservant notamment le contrôle des processus de certification et d’accréditation à travers l’Autorité nationale d’assurance qualité).

Il y a quelques années, pour parler de la présence simultanée d’acteurs publics et privés dans l’enseignement supérieur, on utilisait volontiers le terme de « coexistence ». Derrière ce vocable, il y avait l’idée de complémentarité. En 2012-2013, le gouvernement du Sénégal avait pris l’option de payer la scolarité de milliers d’étudiants dans les instituts privés. Mais dernièrement, la coexistence a progressivement laissé la place à la concurrence.

Les instituts privés ont globalement meilleure presse, avec des coûts de formation très variables. Sans mettre en parallèle taux de réussite et frais de scolarisation, il est tout de même notable que la gratuité de certains services puisse être associée au faible engagement des bénéficiaires (étudiants et enseignants). Or, l’engagement ou l’exigence peuvent s’avérer utiles dans la construction d’une formation de qualité, entendue comme pertinente, opérationnelle et à vocation territoriale.

Au même moment, pour faire face à cette concurrence, les universités publiques valorisent des formations payantes et les fonctions de service (services supplémentaires que propose l’université : expertise, formations, location de salles…). Ces activités génèrent des ressources supplémentaires pour les budgets des établissements. Cette nouveauté vise non seulement à satisfaire des besoins économiques et de développement – l’université considérée comme étant au service de la société – mais également à renforcer les capacités financières (plus de certaines composantes de l’université que de l’institution dans sa globalité).

Certains changements ou transformations que vivent les universités, tels que la gestion axée sur les résultats, ouvrent des perspectives favorables. »

Ce qui est certain, c’est que l’enseignement supérieur est de plus en plus partagé entre les secteurs public et privé (en termes d’offre de formation), avec une ligne de démarcation qui est rarement nette : public et privé se réorganisent et redéfinissent leur interdépendance. L’implication des secteurs économiques productifs au sein des universités publiques demeure un véritable enjeu.

Certains changements ou transformations que vivent les universités, tels que la gestion axée sur les résultats, ouvrent des perspectives favorables. D’autres, comme la mise en œuvre de la réforme LMD, sont à l’origine de difficultés plus grandes encore pour le Sénégal, d’autant plus que le système est faiblement doté en ressources et en compétences de gestion et de gouvernance.

Pour éviter l’enlisement, les universités sénégalaises devraient beaucoup moins faire l’objet de changements « induits » (correspondant aux conséquences des transformations antérieures) et ne subir, dans la mesure du possible, que des changements « conduits », c’est-à-dire voulus.

Les universités sénégalaises ont besoin, pour faire face aux enjeux de gouvernance et de développement, d’une gestion assainie et de l’implication de tous les acteurs concernés tout au long du processus de changement. C’est la condition préalable pour éviter l’enlisement et construire des universités performantes.

The Conversation

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Department : EXTERNAL RELATIONS, ADVOCACY AND COMMUNICATIONS (ERAC) Location : Nairobi, Kenya Responsible to : Lead Specialist: Grants Management, Partnerships and Resource Mobilisation Closing date: 10th August 2021 1. JOB PURPOSE This is a key entry-level role within the external relations, advocacy, and communications portfolio. Amongst other key tasks, the postholder will contribute to ensuring that the International Planned Parenthood Federation Africa Region Office’s (IPPF ARO) External Relations, Advocacy and Communication (ERAC) Department strategically competes and wins bids and tenders that will support the delivery of IPPF ARO’s mandate. The postholder will work under the supervision of the Lead Specialist: Grants Management, Partnerships and Resource Mobilisation, together with the Specialist: Donors Relations and Partnership Building, and the Specialist: Grants Management. S/he will support resource mobilization and grants management, including the development and writing of project proposals, budgets, narrative and financial reports, contributing to the production of quality and timely funding proposals, donor reports, and other external communication materials. The postholder will be part of IPPF Youth Professionals Program (YPP); through which the IPPF ARO provides a unique opportunity to persons aged between 24 and 32 years, and who are nationals of an African country, to start a professional career within the field of Sexual and Reproductive Health and Rights (SRHR) and in other areas relevant to IPPF. 2. KEY TASK a) Support the development of high-quality proposals to be submitted both to institutional donors and to trusts and foundations, and especially lead on budget development. b) Support procurement processes, especially with regards to the recruitment of external consultants. c) Conduct desk-research, write situational analyses and prepare relevant information as needed, to respond to bid opportunities. d) Support grants management, keeping track of reporting and contributing to narrative and financial reports. e) Overseeing administrative functions for the team, such as invoicing, accounting, reporting, etc., to ensure successful execution of grant processes. f) Undertake any other responsibilities which are commensurate with a role of this nature, which have been discussed and agreed with the line manager; and g) Uphold the values, ethics and culture of IPPF ARO and be an ambassador for the Federation. 3. PERSON SPECIFICATION EDUCATION & QUALIFICATIONS
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For more information on how to apply: https://www.ippfar.org/about-us/jobs-and-opportunities/job/grants-management-and-resource-mobilization-coordinator-youth IPPFAR
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Location: Any country in Sub-Saharan Africa Deadline for application:  12 August 2021 The Safe Abortion Action Fund (SAAF) is the only global fund focused exclusively on the right to safe and legal abortion. Through our funding and support we work to de-stigmatize abortion and to enable organisations in low- and middle-income countries to initiate abortion-related projects based on their context. We envision a world where women, girls and people with diverse gender identities have their human rights to abortion and bodily autonomy respected, protected and fulfilled. We are hiring a Senior Finance Adviser to join our growing team. The Senior Adviser will be responsible for the financial oversight of SAAF,  a multi-country and multi-donor funded programme. This will include leading on financial management and reporting systems for the fund, ensuring compliance with donors and IPPF financial management requirements and developing financial capacity strengthening strategy to better support grantee pertners. The Senior Finance Adviser will also manage a subset of grantee-partners relationships. Fluent English and French are essential. Please look at the job description for further details. SAAF is hosted by the International Planned Parenthood Federation (IPPF). The postholder will be housed within the structure of IPPF’s Africa Regional Office (ARO), but will be part of the global SAAF Secretariat, with staff also located in Latin America and Europe. The postholder will be able to work from the IPPF offices (currently in Nairobi and Addis),  or from home if based in other cities or countries in Sub-Saharan Africa. No relocation package will be offered for this role. For more details about these positions, please visit the IPPF ARO website jobs page www.ippfar.org/jobs-and-opportunities/vacancies to view the respective job descriptions and make your application. Interested individuals should submit the following documents:
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Program Adviser- Technical Allyship Location: Any country in Sub-Saharan Africa Deadline for application:  12 August 2021 The Safe Abortion Action Fund (SAAF) is the only global fund focused exclusively on the right to safe and legal abortion. Through our funding and support we work to de-stigmatize abortion and to enable organisations in low- and middle-income countries to initiate abortion-related projects based on their context. We envision a world where women, girls and people with diverse gender identities have their human rights to abortion and bodily autonomy respected, protected and fulfilled. We are hiring a Program Adviser - Technical Allyship to join our growing team. The Adviser will help shape and implement the role of SAAF as a convenor of support. The Adviser will understand the grantees-partners’ needs and will play a matchmaker role to ensure that grantee partners tap into local, regional and international expertise provided by other organizations and form new partnerships as a result. The Adviser will also be responsible for managing relationships with a subset of SAAF’s grantee-partners, acting as the reference point for them within the SAAF Secretariat. Fluent English and French are essential. Please look at the job description for further details. SAAF is hosted by the International Planned Parenthood Federation (IPPF). The postholder will be housed within the structure of IPPF’s Africa Regional Office, but will be part of the global SAAF Secretariat, with staff also located in Latin America and Europe. The postholder will be able to work from the IPPF offices (currently in Nairobi and Addis), or from home if based in other cities or countries in Sub-Saharan Africa. No relocation package will be offered for this role. For more details about these positions, please visit the IPPF ARO website jobs page www.ippfar.org/jobs-and-opportunities/vacancies to view the respective job descriptions and make your application. Interested individuals should submit the following documents:
  1. An application form in the IPPFARO CV format (available on the website job page); and
  2. A 1-page cover letter.
The application documents above must be emailed to  hroffice@ippfaro.org with the job position you are applying for as the subject of the email. To be considered, your application must be received by the 12th August 2021. Please note that we will not consider applications that are not done in the requested format. First round of interviews for shortlisted candidate will be held on the 18 and 19 August 2021. The second round of interviews is planned for the week of 23 August 2021. Any questions can be directed to the SAAF Secretariat at info@saafund.org IPPF is an equal opportunity employer. Applications are particularly encouraged from women, persons living with disabilities, candidates openly living with HIV and minorities. IPPF is committed to safeguarding and promoting the welfare of children, young people and vulnerable adults and expects all staff and volunteers to share this commitment. IPPFAR
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