Écoles d'ingénieurs

Sénégal : l’Institut Mines-Télécom lance un bachelor avec Sup de Co

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Dans le cadre du campus franco-sénégalais, l’école française d’ingénieurs et l’école de commerce dakaroise ont lancé un cursus Bac+3 en innovation, management et technologie numérique.

« C’est notre première grosse opération sur le continent », précise Michel Pavageau, directeur du développement de l’Institut Mines-Télécom, regroupement d’écoles publiques françaises d’ingénieurs et de management. Un an après l’annonce de son implantation au sein du campus franco-sénégalais de Diamniadio, l’établissement d’enseignement supérieur lance son premier programme dans le pays d’Afrique de l’Ouest. Développé en partenariat avec l’école de commerce Sup de Co Dakar, celui-ci prend la forme d’un bachelor en trois ans spécialisé dans l’innovation, le management et les technologies numériques.

Étude des besoins

Le choix de créer cette filière ne s’est pas fait par hasard : « Avec Sup de Co Dakar, nous avons sondé les entreprises françaises et le tissu de TPE et PME local sur leurs projets actuels et leurs besoins. Il en est ressorti que la conception de produits et services digitaux et la nécessité de digitaliser certaines offres existantes font partie des urgences exprimées notamment dans les secteurs de la santé, de l’énergie et de l’agriculture », explique Michel Pavageau.

Ces mêmes entreprises participent d’ailleurs au projet, via des interventions de professionnels pour des cours ou des conférences. Certaines d’entre-elles, comme la Sonatel, se sont engagées à accueillir des étudiants en stage ou à les faire travailler autour de projets tuteurés.

Les profils formés par ce bachelor seront donc destinés à des postes qui nécessitent de faire le lien entre les demandes commerciales et leur traduction dans le langage des équipes techniques (chef de projet ou product owner). « Le Sénégal a des expertises mais les candidats manquent de méthodes de management et de gestion de projet. La formation dispensera aussi des cours en relations clients et relations fournisseurs », analyse le cadre dirigeant de l’IMT.

Notre logique n’est pas de faire de la masse mais de privilégier une pédagogie de qualité et équilibrée sur le plan financier. »

Profils scientifiques en priorité

Ouvertes jusqu’au 19 août, les candidatures se font via l’envoi d’un dossier à Sup de Co. Pour cette première cohorte qui devrait compter une vingtaine d’étudiants, les deux écoles recherchent des profils titulaires d’un baccalauréat scientifique en 2019. Les bacheliers de filières scientifiques des années antérieures seront soumis à un test de mathématiques pour vérifier s’ils peuvent suivre les enseignements. Les candidats retenus sur dossier passeront ensuite un entretien de motivation devant un jury.

Quant aux cours, ils seront dispensés par des professeurs français et sénégalais.

« Un projet en Afrique pour l’Afrique ne peut pas se concevoir sans partenaire local », affirme Michel Pavageau. L’école, qui a étudié la possibilité de se lier avec l’ISM ou BEM a choisi de s’appuyer sur Sup de Co Dakar : « C’est une école qui correspond à l’ADN de l’IMT. Notre logique n’est pas de faire de la masse mais de privilégier une pédagogie de qualité et équilibré sur le plan financier. De plus, Sup de Co est très bien connectée aux entreprises et a une vocation régionale », souligne le dirigeant de l’IMT.

2 500 euros par an

Si elle se veut ouverte, la formation qui coûte 2 500 euros par an ne sera pas accessible à tout le monde. D’autant qu’aucun dispositif de bourses ou d’aide au financement n’est pour le moment disponible en dehors des dispositifs publics classiques. L’IMT assure réfléchir à une solution.

Quant aux cours, ils seront dispensés par des professeurs français et sénégalais et auront lieu principalement dans les locaux de Sup de Co. Les travaux de groupe, pourront s’effectuer dans l’espace de travail de l’IMT installé au centre de Dakar et baptisé « Edulab ». À terme, les deux écoles qui ont bénéficié d’une aide de 175 000 euros apportés par l’AFD pour ce projet et d’une caution de la Banque mondiale, souhaitent accueillir davantage d’étudiants : dès 2020, le nouveau bachelor comptera 30 apprenants et 50 d’ici à deux ans.

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