Interview

Moussa Ahmed Diallo (IAM Ouaga) : « J’ai bon espoir que les étudiants deviennent employeurs »

Par ,  | 

Présent au dernier Africa CEO Forum de Kigali, le fondateur et président du conseil d’administration de l’IAM de Ouagadougou s’est confié sur les projets de son école et le rôle des écoles privées au Burkina Faso.

Le fondateur et président du conseil d’administration de l’Institut africain de management de Ougadougou (IAM Ouaga, Moussa Ahmed Diallo, détaille les projets de son école qui totalise près de 1 500 étudiants à Ouagadougou. Fonds pour l’entrepreneuriat, réseau d’anciens, nouvelles certifications… Il a répondu à Jeune Afrique, en marge de l’Africa CEO Forum qui s’est déroulé en mars 2019 à Kigali.

Jeune Afrique : Vous avez récemment lancé un Doctorate of business administration avec l’American university of leadership. L’executive education est-elle une filière que vous souhaitez développer davantage ? Si oui pourquoi ?

Moussa Ahmed Diallo : Oui, beaucoup de travailleurs éprouvent aujourd’hui le besoin de certifier leurs connaissances. Plusieurs d’entre eux ont pour diverses raisons quitté tôt l’école et ont besoin de diplômes pour évoluer dans leurs carrières professionnelles. IAM va dans ce sens en s’occupant de ceux qui sont en formation initiale, dans le cursus normal, mais également des travailleurs qui veulent apprendre les nouvelles méthodes de gestion et de management.

L’État ne peut pas embaucher tout le monde. Il va falloir que le privé, moteur du développement dans les autres pays, prenne le relais.


>> LIRE AUSSI : Classement JA des écoles de commerce 2019 : les business schools africaines en quête d’un modèle


19 de vos diplômes sont reconnus par le Cames, souhaitez-vous obtenir des accréditations de la part d’autres organismes ?

Nous avons 19 diplômes actuellement reconnus par le Cames qui est un regroupement de 19 pays africains francophones. Si nous voulons être aux standards internationaux, il nous faut forcément d’autres accréditations comme l’Iso 9001.

C’est un projet à court terme pour nous. Et c’est ce qui explique même nos partenariats avec des universités européennes, canadiennes et américaines. Cela va nous faciliter la tâche pour aller vers les certifications internationales, pour le bonheur de nos étudiants, qui sont de plus en plus exigeants.


>> LIRE AUSSI : Écoles de commerce : le classement Jeune Afrique 2019 en détail


L’IAM Ouaga a-t-il un réseau des anciens et comment l’exploite-t-il ?

Plus de 9 000 étudiants sont passés par IAM en 12 ans d’existence. Nous avons un réseau d’anciens étudiants mais il doit être mieux organisé pour faire profiter des acquis et expériences des plus anciens aux plus jeunes. Cela permettra également d’ouvrir des portes à ceux qui sont actuellement en études à IAM.

Votre école a récemment créé un fonds dédié à l’entrepreneuriat pour financer des projets d’étudiants. Quels sont les premiers projets soutenus et comment les sélectionnez-vous ?

L’État ne peut pas embaucher tout le monde. Il va falloir que le privé, moteur du développement dans les autres pays, prenne le relais. C’est dans ce sens que nous avons mis en place un fonds de 100 millions de francs CFA pour favoriser l’entrepreneuriat. J’ai bon espoir que les étudiants vont s’orienter vers des projets porteurs et devenir des employeurs. Le fonds est logé à Coris Bank international. Les étudiants ont déposé des projets et ils sont actuellement en étude. Très bientôt, nous allons faire des cérémonies pour officialiser les prêts que nous allons octroyer aux meilleurs projets. IAM a été créé avec 350 000 francs CFA, à peu près 600 euros. Si nous avons pu atteindre ce niveau, les étudiants qui ont aujourd’hui à leur disposition les nouveaux outils de gestion, peuvent facilement déplacer des montagnes.


>> LIRE AUSSI : Jean-Marie Peretti (Essec) : « Il y a beaucoup de ressources locales disponibles pour financer les écoles »


Quel sera le critère déterminant pour vous ?

Le plus important c’est d’avoir un projet porteur, dans n’importe quel domaine. Aujourd’hui, tous les domaines sont prioritaires dans nos pays. Il suffit donc que l’entreprise puisse grandir, et rembourser le fond. Ce qui permettra d’aider d’autres jeunes à se lancer.

Vous disiez que IAM avait été lancé avec 350 000 francs CFA, est-ce que vous pouvez nous raconter les débuts de cette aventure ?

En 2007, IAM a démarré avec en tout 350 000 francs CFA. Cette somme représentait ce qui a été déboursé pour l’acquisition de 20 tables. J’ai également loué 40 chaises pour créer une salle témoin. Lorsque les étudiants venaient s’inscrire, nous leur montrions la salle pour leur dire : « Voici ce à quoi ressemblera une salle de classe de l’IAM ».

Mais ce qui a vraiment été déterminant, c’est de réussir à faire adhérer au projet de grands chefs d’entreprises du pays. C’est ainsi que les directeurs des plus grandes entreprises du Burkina tels que la Sonabel, l’ONEA, la Sonabhy, le Trésor, les Impôts, la chambre de commerce ainsi que des banques et des sociétés d’assurances se sont engagés à accorder des stages et des emplois aux étudiants.

Notre budget annuel est de 800 000 000 de Francs CFA. »

Nous avons également échangé avec quelques grands professeurs au Burkina pour leur demander d’aider IAM à donner une formation de qualité. Les programmes ont également été visités par les chefs d’entreprise. Ils étaient donc adaptés aux besoins du marché. La mayonnaise a pris et dès la première année nous avons enregistré 211 inscrits.

Aujourd’hui, notre budget annuel est de 800 000 000 de Francs CFA et nos investissements se chiffrent à plusieurs milliards grâce au travail de l’équipe dirigeante et à l’adhésion des étudiants au projet IAM. C’est ce qui motive notre engagement à aider les jeunes qui font face au manque de garanties pour emprunter aux banques.

L’enseignement supérieur privé a creusé son sillon. J’imagine mal le Burkina sans lui. »

Vous avez créé une plateforme multidisciplinaire pour progresser sur la professionnalisation des filières. Où en sont les travaux ?

Nous faisons régulièrement des séances de travail avec les entreprises pour recueillir leurs besoins réels. Nous faisons également une collecte de données de toutes les offres d’emploi au Burkina pour voir exactement quel est le profil recherché. Nous calquons ensuite notre formation au profil recherché sur le marché de l’emploi, ce qui fait que notre taux d’insertion est très élevé (90%).

Après douze ans d’existence quel constat faites-vous de l’enseignement supérieur privé au Burkina Faso ?

L’enseignement supérieur privé a creusé son sillon. J’imagine mal le Burkina sans lui. L’État, malgré sa bonne volonté, ne peut pas absorber à lui seul tous les bacheliers.

Quel rôle joue-t-il face au public : soutien, concurrent ?

Nous ne sommes pas des concurrents. Nous pensons être complémentaires. Comme partout dans le monde, l’enseignement supérieur privé est au-devant de la scène. Dans le classement de Shanghai des meilleures universités au monde, ce sont les universités privées qui trustent les meilleures places. Le Burkina ne doit pas être en reste. Nous avons moins d’étudiants dans le privé, et, donc, un taux d’encadrement plus élevé.

Quels sont les besoins actuels des entreprises burkinabè en matière de recrutement ?

Il y a des besoins dans tous les secteurs d’activité : informatique, management, juristes, logisticiens… Le secteur bancaire, la téléphonie et l’agrobusiness connaissent un boom. Le pays est en pleine expansion et les privés ont besoin de ressources humaines de qualité.

Recevez les meilleures opportunités

Les opportunités du moment

Afrique

| Finance
  About WSBI The World Savings and Retail Banking Institute (WSBI) represents the interests of 6,760 savings and retail banks globally, with total assets of $16 trillion and serving some 1.7 billion customers in nearly 80 countries. Founded in 1924, the institute focuses on international regulatory issues that affect the savings and retail banking industry. WSBI supports the achievement of sustainable, inclusive, balanced growth and job creation, whether in industrialised or less developed countries. Learn more at www.wsbi-esbg.org.  The World Savings and Retail Banking Institute are looking for (m/f/d): Adviser for the african region  Profile:
  • Advanced University Degree preferably in economics, finance or political and social sciences – alternatively, a business track record and project experience demonstrating competency;
  • Total fluency in written and spoken English and French, knowledge of Portuguese is an asset;
  • A minimum of 5 years working experience in retail banking, preferably in an international environment;
  • Excellent organizational, analytical, strategic and diplomatic skills;
  • Good presentation skills and report writing abilities in English/French (in other languages is a strong asset);
  • Strong personality, highly flexible and adaptable, team player that is willing to take initiatives and work independently and is result oriented.
The job involves the following responsibilities:
  • Maintain a regular and open communication between WSBI and member organisations in Africa and facilitate cooperation among members in the region, and of WSBI in general (including travelling to meetings in member countries);
  • Monitor trends and evolutions in the financial and retail banking sector in Africa and identify opportunities to develop joint initiatives between the members;
  • Develop contacts with potential members in the African region;
  • Involve and assist colleagues in developing events and platforms on shared topics cross-regionally;
  • Responsible for maintaining and expanding relations with international and regional organisations in order to support members’ development and represent their interests, raising their profile as financial institutions that contribute positively to welfare and sustainable growth.
Candidates are invited to send a detailed C.V., accompanied by a covering letter to ESBG-WSBI Joint Office, online to the Human Resources department.   Adviser for the african region
2021-11-26 08:00:47
full-time
Côte d'Ivoire

| Finance
Vous êtes à la recherche d'une nouvelle opportunité dans un environnement stimulant ? BIO Afrique de l’Ouest est à la recherche d’un chargé d’investissement pour son bureau régional BIO Invest, Abidjan - Côte d’Ivoire La Société belge d'investissement pour les pays en développement (BIO) est une institution financière de développement (IFD) créée en 2001 dans le cadre de la Coopération belge au développement pour soutenir la croissance du secteur privé dans les pays en développement et émergents. BIO finance le secteur financier, les entreprises et les projets d'infrastructure privés. Afin d'être plus proche de son partenaire, BIO a ouvert un bureau local à Abidjan en 2019. Afin de soutenir le développement du bureau local et de l'activité dans la région Afrique de l’Ouest, BIO recherche actuellement un chargé d'investissement. En tant que chargé d'investissement Afrique de l’Ouest, vous évaluerez, structurerez et négocierez des investissements en dette et en capital principalement dans des entreprises et des institutions financières et des projets d’infrastructures dans la région de l'Afrique de l’Ouest, conformément à la stratégie de l'entreprise. Vos fonctions et responsabilités incluront : En tant que chargé d’investissement et bras droit du représentant régional de BIO en Côte d’Ivoire, l’employé sera amené à contribuer à l’ensemble des tâches du bureau local de BIO : (a) développer un carnet d’adresse et mener des efforts de prospection dans la sous-région (le Ghana et les pays de l’UEMOA) dans chacun des axes prioritaires d’activité (inclusion financière, agribusiness, énergie, services de base à la population) ; (b) identifier des propositions de financement pertinentes pour BIO et mener les phases initiales du cycle d’investissement : (i) valider le concept du projet avec le département investissement à Bruxelles ; (ii) recueillir les informations nécessaires en vue de la présentation du projet à un premier comité interne; (iii) contribuer à la préparation de la note d’approbation de recevabilité à soumettre aux instances de BIO; (c) contribuer à l’évaluation du projet et à la préparation de l’approbation finale (en soutien aux équipes à Bruxelles chargées de l’analyse du projet en question) ; (d) nouer un dialogue constructif avec les équipes locales d’autres investisseurs impact dans une perspective de collaboration sur des investissements ainsi qu’avec d’autres intermédiaires d’affaires ; (e) de manière ponctuelle, soutenir le travail de supervision du portefeuille de BIO et intervenir sur des problématiques locales ad hoc ; (f) représenter BIO lors d’évènements locaux , auprès de délégations belges et de l’ambassade ; (g) nouer un dialogue constructif et structurel avec les autres acteurs de la Coopération belge au Développement dans la région et rechercher des opportunités de coopération et de synergies ; (h) alimenter les équipes du siège sur les problématiques économiques, développementales et sectorielles ; (i) Assurer en collaboration avec Bruxelles et les prestataires externes la bonne gestion administrative du bureau Votre profil : - Formation : niveau Master 2 avec un focus finance, économie-gestion - Expérience pro. : min. 5 ans d’expérience en investissement (DFI, banque, fonds, conseil) - Langues : français (native), anglais (courant) - Autres : expérience terrain en Afrique - francophone de préférence - (études, travail). Disponibilité pour voyager régulièrement. Compétences analytiques (analyses financière, modélisation) et relationnelles. Nous offrons un poste riche en expériences, avec des collègues motivés et aux conditions suivantes : - Plein temps - Basé à Abidjan, Côte d’Ivoire - CDD/CDI selon profil, contrat local - Salaire compétitif, selon profil La fonction est à pourvoir dès que possible, pour une prise de fonction en Décembre 2021 Pour postuler: https://www.bio-invest.be/en/careers/investment-officer-for-regional-office-bio-invest   Chargé d'investissement  
2021-11-25 07:02:16
full-time
Côte d'Ivoire

MCE recrute pour une importante entreprise dans le secteur des mines UN DIRECTEUR D’EXPLOITATION (Poste basé à Yamoussoukro) Vous serez en charge de :
  • Prendre les décisions concernant les activités opérationnelles notamment d’exploitation et fixer les objectifs stratégiques ;
  • Superviser le personnel des différents services et fournir un feedback constructif ;
  • Veiller à ce que les opérations soient exécutées conformément à toutes les obligations statutaires ;
  • Effectuer des levées et des études préliminaires sur le minerai et les dépôts miniers afin d’évaluer la faisabilité économique et environnementale de futures opérations minières ;
  • Déterminer les méthodes sécuritaires et efficaces d’exploitation des gisements miniers ;
  • Déterminer les méthodes appropriées pour l’exploitation minière ;
  • Concevoir, élaborer et mettre à l’essai des applications informatiques pour la conception, la modélisation, la représentation cartographique des mines et la surveillance des conditions dans les mines ;
  • Evaluer régulièrement l’efficacité des procédures d’exploitation en fonction des objectifs de l’organisation et apporter des améliorations ;
  • Gérer les processus d’achat et coordonner l’affectation du matériel et des ressources ;
  • Superviseur les processus de support avec les prestataires de services pour améliorer à la satisfaction des deux parties ;
  • Examiner les informations financières et ajuster les budgets opérationnels pour améliorer à la satisfaction des deux parties ;
  • Veiller à ce que l’exploitation fonctionne selon les principes de légalité et de conformité des règlement établis .
Vous êtes titulaire d’un BAC+5 en Ingénierie Minière ou autres disciplines équivalentes et vous avez une expérience avérée de cinq (05) ans minimum en tant que Directeur d’Exploitation ou à un poste équivalent. Vous avez une parfaite connaissance des règles et directives légales du secteur minier ; vous avez une connaissance approfondie des diverses fonctions d’exploitation minière. Aussi, vous êtes capable de pratiquer et d’analyser les métriques de performance d’exploitation ; Vous avez également une bonne connaissance de MS Office et divers logiciels de gestion en plus des logiciels miniers d’exploitation. Être bilingue (Anglais/ Français )  serait un atout. Par ailleurs, vous êtes une personne autonome, rigoureuse et organisée; vous avez un  esprit d’équipe, le sens de l’écoute, de la discrétion, de la confidentialité et de l’anticipation. En plus d’avoir un esprit d’analyse et de synthèse, vous avez une excellente qualité rédactionnelle, de bonnes aptitudes à communiquer et une bonne résistance au stress. Merci d’adresser : Lettre de motivation, CV, photo, prétentions salariales à cv@mce-afrique.net  / mce@aviso.ci   Directeur d'exploitation  
2021-11-24 09:30:38
full-time
Fermer