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Bourses d’études au Gabon : « L’État a financé l’absentéisme et l’échec »

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Les lycéens gabonais manifestent depuis lundi contre le projet de décret restreignant l’attribution des bourses d’études. Mais selon le ministre de l'Enseignement supérieur, cette situation aux "effets pervers" ne peut plus durer.

« On veut nos droits, on veut nos bourses, réforme injuste », criait Janet lundi devant le lycée Léon Mba, un des plus grands établissements de la capitale gabonaise. Comme elle, la majorité des lycéens gabonais ont protesté dès leur retour de vacances, lundi, contre la réforme prévue des bourses universitaires.

Vendredi 29 mars, le gouvernement a annoncé en conseil des ministres un nouveau décret qui restreint les conditions d’accès à ses bourses universitaires. Le texte prévoit entre autres qu’au-delà de 19 ans, les élèves ayant eu 12/20 ou plus au baccalauréat auront le droit à une « prise en charge financière partielle » sous forme d’« allocation », dont les détails ne sont pas encore connus du ministère de l’Enseignement supérieur.


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Filières professionnalisantes

Ils pourront aussi souscrire à un prêt bancaire « remboursable pendant cinq ans ». Le prêt « s’appliquera particulièrement aux filières professionnalisantes », l’État « en sera le garant » et les taux d’intérêts seront similaires à « ceux du marché », détaille le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, contacté par Jeune Afrique.

« Pendant longtemps, l’État a financé l’absentéisme et l’échec »

Avec ces nouveaux critères de bourses, le gouvernement gabonais veut favoriser l’« excellence » en revenant sur les décisions de 2012 attribuant l’aide à tous les bacheliers. Aujourd’hui, celle-ci s’élève à 83 000 FCFA par mois en premier cycle universitaire (environ 126 euros à la date de publication de cet article), et 98 000 FCFA par mois en second cycle.

« Nous avons constaté des effets pervers dans ces attributions de bourses : l’étudiant n’avait aucun intérêt à sortir du cycle universitaire donc pendant longtemps, l’État a financé l’absentéisme et l’échec », explique M. Iwangou, qui chiffre à 55 000 le nombre d’étudiants bénéficiaires de bourses, sur environ 2 millions d’habitants au Gabon.


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« L’enveloppe de la bourse a explosé : elle était de l’ordre de 12 milliards de FCFA en 2012, et aujourd’hui on est passé à près de 40 milliards de FCFA », affirme le ministre. Du fait des difficultés financières de l’État, la bourse des lycéens, de 24 000 FCFA le mois, n’est même plus versée depuis trois ans, selon lui.

Des conditions d’apprentissage « pas à la hauteur »

Le gouvernement est « déconnecté des réalités » de l’enseignement public au Gabon, miné par les grèves et le manque d’infrastructures, estiment les jeunes ayant participé aux manifestations. « De nos jours, les conditions d’apprentissage ne sont pas à la hauteur [pour d’avoir 12/20 au Bac, à 19 ans au plus, ndlr]. Dans nos lycées les élèves vont jusqu’à s’asseoir par trois sur un banc, et à l’université c’est pire » argumente Dave Branlly Essanga Ayira, président de l’Union nationale des étudiants du Gabon (UNEG).

Nous sommes une centaine dans ma classe, comment voulez-vous qu’on apprenne correctement ? »

Au sortir du lycée Léon Mba, frappé en 2017 par plusieurs mois de grève, une élève se plaint de salles de cours « surchargées » : « Nous sommes une centaine dans ma classe, comment voulez-vous qu’on apprenne correctement ? »

Au lycée Mabignath, situé aux Akebe, un quartier défavorisé de Libreville, une jeune fille explique qu’« il arrive que des élèves commencent le CP1 à 9 ans… alors ça devient compliqué d’atteindre la terminale à 19 ans ».


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« Je peux comprendre pour le 12/20, mais pourquoi ajouter le critère de l’âge ? », se plaint un de ses camarades, âgé de 20 ans. « Moi je passe un Bac scientifique et la majorité des gens qui passent ce Bac ont 19 ans… et ce sont les meilleurs de la classe ».

Un dialogue prévu

Le ministre de l’Enseignement supérieur maintient quant à lui que les cas d’élèves gabonais commençant l’école en retard sont rares, et que les statistiques de 2016 à 2018 montrent que les meilleurs bacheliers sont âgés de 19 ans maximum.

Enfin, le prêt bancaire soulève des inquiétudes. Les leaders étudiants de l’UNEG pensent que les banques au Gabon n’assureront pas leur rôle, et que trop de jeunes sortent chômeurs de leurs études.

La réforme des bourses arrive dans un contexte où l’État gabonais, comme les ménages, doivent se serrer la ceinture. Le pays pétrolier d’Afrique centrale connaît des difficultés financières depuis la chute des prix du baril en 2015 et vit sous perfusion du FMI depuis juin 2017.

Des rencontres entre élèves, étudiants et membres du gouvernement sont prévues tout au long de la semaine, indique M. Iwangou. En soutien aux lycéens, les étudiants disent se tenir prêts pour une « action collective » si le gouvernement ne revient pas sur les mesures « dans la semaine », indique le président de l’UNEG.

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