Mobilité/Expatriation

S’expatrier au Sénégal : des « repats » racontent leur retour

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Entre l'envie de réaliser ses projets professionnels au pays et la confrontation à la réalité, le contraste est souvent saisissant. Des entrepreneurs sénégalais partagent les difficultés qu'ils ont rencontrées une fois sur place.

De la création d’une marque de vêtements, en passant par le développement de start-up spécialisés dans le numérique, à la fabrication de cosmétiques naturels, les projets des membres de la diaspora fleurissent au Sénégal. Poussés par les nouvelles opportunités offertes dans le monde de l’entrepreneuriat, l’amélioration économique du pays ou encore le besoin de concrétiser une envie ancrée depuis l’enfance, de nombreux entrepreneurs choisissent de vivre leur « African Dream ». Mais cette aventure excitante réserve aussi son lot de désillusions. Ils sont, dans un premier temps, confrontés au manque d’informations et de moyens pour les accompagner.


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S’informer seul

« Entreprendre, c’est difficile partout. Mais ça l’est encore plus en Afrique », lance Adama Paris, styliste sénégalaise de 41 ans. « Quand je suis arrivée à 22 ans à Dakar avec mes rêves de jeune fille, il n’y avait pas de structures. J’ai dû me débrouiller seule. Aujourd’hui des fonds existent mais ce n’était pas le cas à mes débuts », se souvient-elle. Depuis, elle a créé sa marque de vêtements, la première Fashion Week à Dakar et une chaîne de télévision.

J’ai fait le tour des entrepreneurs qui avaient réussi pour échanger avec eux ».

Beaucoup mobilisent leur propre réseau. Momar Diop, PDG d’ADNcorp, une société qui propose des offres et solutions numériques aux entreprises africaines, a mené sa propre enquête. « J’ai fait le tour des entrepreneurs qui avaient réussi pour échanger avec eux grâce aux recommandations de mes amis ou des contacts trouvés sur LinkedIn », précise-t-il. Une fois son activité lancée, il s’appuie sur des structures d’accompagnement comme Jokkolabs, le CJD (Centre des jeunes dirigeants) ou Enablis, réseau global d’entrepreneurs de PME au Sénégal. « Ces réseaux m’ont aidé à mieux comprendre l’environnement, à ne pas être isolé mais aussi à déjouer les pièges », ajoute-t-il.

Quand on la chance de faire sa vie ailleurs, c’est mal vu de revenir ».

Faire face à l’incompréhension des locaux

La confrontation aux remarques des locaux est également un autre obstacle à surmonter. Tous expliquent avoir subi les réflexions de Sénégalais sceptiques vis-à-vis de leur envie de retour. « Pourquoi vouloir abandonner le confort de l’Occident ? » a-t-on demandé à Mariétou Diouf, fondatrice d’Etounature, une entreprise de produits cosmétiques naturels. « Quand on la chance de faire sa vie ailleurs, c’est mal vu de revenir », confie-t-elle. Cette entrepreneure de 40 ans a quitté le Sénégal après l’obtention de son bac scientifique. Après avoir fait ses études en France, elle a travaillé dans la finance pendant 15 ans au Canada. « Lorsqu’on a été autant d’années à l’étranger, nous n’avons plus forcément la mentalité de notre pays d’origine. On est tiraillé entre deux cultures et on doit faire face au rejet des Sénégalais. Il faut être solide dans sa tête. »


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L’incompréhension peut venir aussi de la famille comme le confesse Mafal Lô, créateur de la régie publicitaire FireFly Media. « Mon père me disait : ‘pourquoi tu veux quitter la stabilité pour plus de chaos ? Là-bas, rien n’est carré, les gens sont malhonnêtes’. J’avais beaucoup d’appréhension mais j’étais aussi porté par l’énergie du début », se rappelle-t-il.

Des freins au niveau du recrutement

Du côté professionnel, le manque de compétences locales a pu freiner ces porteurs de projets dans la réalisation de leurs activités, tout secteur confondu. Depuis 2010, le producteur Malick Ndiaye a installé au Sénégal son label indépendant Think Zik, qui a permis de révéler les chanteuses Grace, Ayo, Imany et récemment le rappeur sénégalais Faada Freddy. Si les talents ne manquent pas dans le milieu artistique, il peine cependant à trouver des techniciens. « Dans les industries culturelles, il n’y a pas d’ingénieurs du son qualifiés par exemple à cause de l’absence de formations. On est obligé de faire venir des équipes de l’étranger. L’idée à terme, c’est de participer à la formation à travers notre structure », explique-t-il.

Les formations ne sont pas adaptées au marché du travail ».

L’envie d’embaucher de la main d’oeuvre locale ou africaine anime pourtant tous ces repats. L’entreprise Etounature de Mariétou Diouf emploie uniquement des Sénégalais. Ce sont essentiellement des postes opérationnels dans la vente ou la production. Elle reconnaît toutefois que le recrutement a été difficile. « Les formations ne sont pas adaptées au marché du travail », se désole-t-elle.


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« Un terrain de jeu plus large »

Monter son entreprise au Sénégal implique aussi des concessions dans la vie privée. La perte de confort est une conséquence à laquelle beaucoup d’expatriés se préparent, mais la confrontation au terrain est souvent différente. « Les services publics sont beaucoup moins performants, surtout dans l’éducation. C’est un problème quand on a des enfants à charge. Ayant vécu en France, je me rends compte à quel point c’est précieux », constate Mafal Lô. Si son business ne fait pas plus de 600 000 euros de chiffres d’affaires par an d’ici 5 ans, il pense revenir en France pour que sa fille bénéficie du système scolaire français.

Pour l’heure, les aspects positifs pèsent davantage dans la balance. Cette expérience lui a ouvert de nouveaux horizons. Il multiplie aujourd’hui les voyages d’affaires et se tourne vers de nouveaux partenaires en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Chine et aux États-Unis. « En France, la route est un peu tracée pour les ingénieurs. On est vite limité. Quand, je suis venue au Sénégal, j’ai trouvé que le terrain de jeu était plus large. On a de quoi s’exprimer. Si on amène des propositions innovantes, les portes s’ouvrent », se réjouit-il. Un enthousiasme partagé par l’ensemble des « repats » interrogés. « Si c’était à refaire, je recommence trois fois », conclut Momar Diop.

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Togo

| Banque-Finance-Assurance
Finalité du poste Assurer un soutien proactif au Président de la Banque en coordonnant et rationalisant le flux de travail administratif de la Présidence. Garantir l’efficacité des activités quotidiennes et anticiper les besoins, en faisant preuve de flexibilité, de rigueur et d’organisation. Missions Principales et Activités : Le Cadre Assistant Executive Bilingue a pour missions principales et activités : D’assurer la gestion de l‘agenda et de la communication du Président Gérer l’Agenda et les communications du Président De participer au traitement et à la production des documents du Président Assurer la gestion et le suivi des flux de documents Produire et assurer le traitement des documents produits par le Président Autres activités Gérer le stock de fournitures et les équipements de bureau de la Présidence Qualifications et profil du poste :
  • Être titulaire d’un diplôme universitaire ou professionnel équivalent au Bac + 5 dans les domaines de la Gestion des Affaires, du Commerce, de l’Administration ou dans une discipline connexe ;
  • Avoir une expérience professionnelle pertinente de cinq (5) ans minimum et pratique dans les fonctions d’appui au sein d’une institution internationale avec des compétences linguistiques avérées, une capacité à concevoir et à élaborer des documents à partir de consignes orales ou écrites ;
  • Avoir une très bonne maîtrise du pack office (Word, Excel, PowerPoint) et bureautique ;
  • Être parfaitement bilingue (Anglais /Français).
 Compétences Requises :
  • Avoir des notions de base de gestion opérationnelle de l’entreprise ;
  • Avoir la maîtrise des techniques de gestion administrative appliquées aux organisations, le développement et l’application des méthodes et outils de planification administrative ;
  • Avoir la maîtrise de la gestion de l’information et des circuits internes de l’information ;
  • Avoir des notions de base sur les systèmes d’informations, la logistique et la sécurité ;
  • Avoir la maîtrise de la conception, la rédaction de documents officiels d’actes de procès-verbaux et de compte rendus de réunion ;
  • Avoir la maîtrise des procédures internes et des formulaires de la BOAD ;
  • Avoir la maîtrise des techniques de Communication et Relations Interpersonnelles ;
  • Avoir la maîtrise de l’Environnement Economique et Bancaire et Financier ;
  • Avoir la maîtrise des méthodologies de résolution de problèmes ;
  • Connaissance de la BOAD ;
  • Organisation personnelle et gestion du temps.
Aptitudes clés :
  • Sens de la confidentialité et discrétion
  • Gestion des priorités
  • Autonomie et attention aux détails
  • Aisance relationnelle
  • Bonne qualité rédactionnelle
  • Réactivité et flexibilité pour apporter le soutien nécessaire à tout moment
 Les personnes intéressées sont invitées à envoyer leur CV, lettre de motivation, copie des diplômes à partir du BAC en indiquant les références du poste à pourvoir à l’adresse : infotg@africsearch.com   Date limite de dépôt des candidatures le 26 Octobre 2020 à 18 H 00 H TU N.B. : Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s par téléphone ou par e-mail. Retrouvez le descriptif du poste sur www.africsearch.com /http://www.boad.org  
Africsearch  
2020-10-12 13:25:31
full-time
Niger

| Institutions-ONG
Le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) est un organe opérationnel des Nations Unies soutenant la mise en oeuvre efficace des projets de ses partenaires dans les domaines humanitaires, de consolidation de la paix et de développement. Conformément à son mandat, l’UNOPS est une ressource centrale des Nations Unies et fournit des services durables en matière de gestion de projets, d’achats et d’infrastructures à un large éventail de gouvernements, de donateurs et d’entités onusiennes. C’est ainsi que le projet « Niger Compact », financé par le Millennium Challenge Corporation (MCC) a été signé récemment. L’UNOPS fournira des services d’assistance technique et de gestion de programmes en intégrant des experts hautement qualifiés et expérimentés au sein du MCA-Niger, l’organisation du GdN responsable de la mise en oeuvre du Compact. C’est dans cette optique que l’UNOPS est à la recherche d’Un·e Conseiller·ère - Bureau de gestion de programme à un niveau IICA 3/P4 qui travaillera pour le bureau Sous-régional basé à Niamey et rendra compte directement au Chef du PMO Compact. ----------------------------------------------------------------------------------- Titre : Conseiller·ère - Bureau de gestion de programme Niveau : IICA 3 Nombre de position : 1 Lieu d’affectation : Niamey-Niger Date de clôture : 26 octobre 2020 Éducation – Expérience - Langues • Être titulaire d’un diplôme universitaire du second cycle BAC+5 (Master) en gestion de projets, ou en sciences sociales, ou en Économie ou planification ou dans un domaine connexe est nécessaire. • Une combinaison d’un diplôme universitaire du premier cycle BAC+3 (Bachelor) en gestion de projets, sciences sociales, Économie ou planification ou dans un domaine connexe, et de 2 années supplémentaires d’expérience de travail pertinente peut être acceptée au lieu des exigences de scolarité décrites ci-dessus. • Une formation spécialisée en gestion de projet ou en contrôle des coûts est souhaitable. • La certification en MS Project (Managing Projects with Microsoft Project ou équivalent) est souhaitable. • La certification en PRINCE2 Foundation/Practitioner (ou PMP®) est un atout considérable. • Avoir au minimum de 7 années d’expérience en gestion de projet, dans la planification et au contrôle des coûts pour tous les projets du MCA-Niger, qui inclut la déclaration des variations, le suivi des étapes importantes à la préparation des processus de facturation pour les clients, etc est exigé. • Une solide connaissance des outils de planification tels que Microsoft Project et/ou Primavera est essentielle. • Une solide expérience dans la gestion documentaire est essentielle. • Une expérience dans la mise en place de systèmes d’information de gestion des projets (PMIS) tel que MS Power BI est un atout considérable. • Une connaissance des normes ISO en gestion de documents et de l’information (ISO 2709, 10244, 15836, 15489, 21127, 23950, 32000) est hautement souhaitée. • Une connaissance du contrat Fédération internationale des ingénieurs conseils (FIDIC) est un avantage. • Connaissances informatiques notamment Google Suite, MS Sharepoint et maîtrise de l’utilisation de MS Project. • Bonne connaissance des tableurs et feuilles de calculs pour le traitement des données et la production de divers rapports. • Connaissance du processus d’exécution du projet et capacité à fournir des plans et des programmes structurés adaptés à chaque phase. Pour postuler ou avoir plus d’informations, merci de suivre le lien suivant : https://jobs.unops.org/pages/viewvacancy/VADetails.aspx?id=20051 Les candidatures féminines sont fortement encouragées. UNOPS
2020-09-21 09:15:07
full-time
Togo

| Banque-Finance-Assurance

Saisissez l’opportunité d’un avenir prometteur Passez d’un(e) jeune diplômé(e) talentueux(se) à un(e) banquier(ière) professionnelle) de classe mondiale.

Ecobank Togo a récemment lancé son programme de développement de diplômé(e)s conçu pour former de jeunes diplômé(e)s talentueux(ses) et motivé(e)s à devenir des banquier(ière)s professionnel(le)s de « standing » mondial. Ce programme est une opportunité pour démarrer sa carrière dans notre institution fi nancière panafricaine. Caractéristiques du programme : • Ce programme s’étale sur 12 mois avec des modules d’apprentissage, de formation, d’expériences pratiques, d’immersion métier et de gestion de projets ; • Coaching individuel & mentorat. Profil des candidat(e)s : • 26 ans maximum au 31 décembre 2020 ; • Tout diplôme de niveau Bac+4 de n’importe quelle discipline obtenu dans une école de renom et sanctionné par une mention « Assez Bien » ou plus. Compétences clés des candidat(e)s : • Excellente communication verbale et écrite ; • Solides compétences interpersonnelles ; • Autonomes et orienté(e)s résultat ; • Capables d’identifi er les problèmes, les analyser et les résoudre. Processus de dépôt des candidatures Les candidat(e)s qualifi é(e)s sont prié(e)s d’envoyer leur CV à graduatetg@ecobank.com en mentionnant en objet “Programme de développement des diplômés“. Le dépôt des candidatures prendra fi n le 31 octobre 2020. Eco bank
2020-09-21 08:56:14
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