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Cybersécurité : le Maroc en pénurie d’experts

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Le secteur de la protection des données au Maroc peine à recruter à cause du manque de cursus et de l'absence d'information sur les filières existantes, explique une étude récemment publiée sur le sujet.

D’année en année, le nombre de piratages ciblant les grandes entreprises mais aussi les PME ne cesse d’augmenter. Pour contrer ces attaques, les sociétés marocaines investissent de manière croissante dans la sécurité informatique. Mais ce virage est aujourd’hui freiné par le nombre insuffisant de spécialistes sur le marché, comme le révèle l’étude réalisée en octobre 2018 par Kaspersky Lab, un des leaders mondiaux de la sécurité des systèmes d’information, et le cabinet d’études Averty. Alors que 85 % des sondés estiment que la cybersécurité est un métier d’avenir, le nombre d’hommes et de femmes à se lancer dans la filière reste minime.


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Besoin urgent de formations

30 % des personnes interrogées expliquent ce manque d’intérêt par l’absence de formations dans le pays. Julien Jean, PDG d’Africa Global Services représentant exclusif d’ESET, éditeur de solutions de sécurité bientôt implanté au Maroc, l’a récemment constaté sur le terrain. « Même si j’ai été agréablement surpris par la qualité de la main d’œuvre marocaine notamment en télécom et en IT, j’ai rencontré peu de personnes qui maîtrisait la cybersécurité », reconnaît-il. L’étude préconise de développer des cursus spécialisés à destination des futurs diplômés et de mener en parallèle des actions de sensibilisation auprès des salariés pour améliorer les connaissances dans ce domaine.

Le secteur pâtit également d’un déficit de popularité auprès des femmes.

Plus de mixité

Le secteur pâtit également d’un déficit de popularité auprès des femmes. Pour elles, ces métiers occupent la 17ème position en termes d’attractivité, alors qu’elle figure chez les hommes dans leur top 5. 37 % déclarent n’avoir jamais entendu parler de cette profession. Pour Ilijana Vavan, directrice générale Europe de Kaspersky Lab, les jeunes filles doivent avoir accès plus tôt à des conseils et des renseignements sur le secteur afin qu’elles n’écartent pas cette option dans leur choix d’orientation. Elle appelle à plus de mixité, considérant que les femmes ont un rôle à jouer dans la résolution de cette crise. « Face à des attaques protéiformes de plus en plus ingénieuses, les compétences évoluent constamment et les profils aussi. Sans diversité, notre combat est perdu. »


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Mais ce phénomène de pénurie n’est pas spécifique au Maroc. « Nous manquons de talents en Europe, et notamment en France. Le peu de main d’œuvre formée est rapidement absorbée par des entreprises américaines et canadiennes », explique Julien Jean. D’après une étude menée par Cybersecurity Ventury, 3,5 millions d’emplois dans la cybersécurité seront vacants d’ici 2021 dans le monde. De quoi susciter des vocations.

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