Universités

Tribune : « Bienvenue en France » aux étudiants étrangers, vraiment ?

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Doctorant en sociologie au Conservatoire national des arts et métiers, Hicham Jamid estime que l'augmentation des frais d'inscriptions dans les universités publiques françaises confirme l'obsession du gouvernement pour une politique migratoire restrictive.

Cette tribune a initialement été publiée sur le site de The Conversation.

Par Hicham Jamid, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Lundi 19 novembre 2018, le gouvernement français a annoncé une nouvelle stratégie pour attirer plus d’étudiants étrangers en France. Sous un nouveau label « Bienvenue en France » attribué aux établissements exemplaires, le premier ministre, Édouard Philippe, souhaite passer de 320 000 étudiants internationaux aujourd’hui à 500 000 dans les universités de l’Hexagone d’ici 2027. De quelle manière ? Entre autres, en augmentant les frais de scolarité pour les étudiants « extra-européens » !

Ainsi, dès la rentrée prochaine, ces jeunes devraient payer 2 770 euros au lieu de 170 euros pour s’inscrire en licence, et 3 770 euros pour une formation en master ou en doctorat – contre 243 euros et 380 euros actuellement. Le premier ministre trouve « absurde » et « injuste » qu’un étudiant extra-européen « fortuné » « paie les mêmes droits d’inscription qu’un étudiant français peu fortuné dont les parents résident, travaillent et paient des impôts en France depuis des années ».

Cette déclaration vient confirmer, encore une fois, l’ambiguïté de la politique française à l’égard des étudiants étrangers.

Cette déclaration vient confirmer, encore une fois, l’ambiguïté de la politique française à l’égard des étudiants étrangers. Une politique qui oscille entre un désir d’attractivité, puisé dans une vision libérale marquée par l’ère de la marchandisation des systèmes d’enseignement supérieur, et une obsession de contrôle affirmée par une politique migratoire restrictive, sélective, prospérant dans une logique bureaucratique sécuritaire.

Un marathon administratif

En 2017, ce sont plus de 78 000 premiers permis de séjour qui ont été délivrés en France pour « raisons liées à l’éducation ». Des documents obtenus au terme d’un véritable parcours de combattant. Depuis 2010, en effet, tout candidat étranger doit passer par la plate-forme numérique de Campus France, un établissement sous la tutelle conjointe du ministère des Affaires étrangères et du ministère chargé de l’Enseignement supérieur, avec un réseau de plus de 200 espaces et antennes dans le monde.

La candidature, appelée demande d’admission préalable (DAP), est payante. Pour soumettre un dossier de candidature, les étudiants doivent payer les frais de dossier en espèces, auprès d’une banque accréditée. Le montant varie d’un pays à un autre. Par exemple, pour les candidats sénégalais, il est de 50 000 FCFA (environ 75 euros), pour les étudiants turcs, il est de 430 LT (environ 98 euros), alors que pour les étudiants marocains, il est de 1 900 Dhms (environ 172 euros). Il est clairement mentionné que ces frais de dossier ne sont pas une garantie de préinscription et qu’ils ne sont, en aucun cas, remboursables même en cas de désistement, de non-admission ou de refus de visa.

En 2017, ce sont plus de 78 000 premiers permis de séjour qui ont été délivrés en France pour « raisons liées à l’éducation ».

Ainsi, dans un premier temps, les étudiants étrangers doivent créer un compte sur le site Campus France et compléter un dossier pédagogique, en saisissant les informations personnelles et les justificatifs de diplômes. Les candidats doivent également fournir un certificat attestant de leur niveau en français, et ce, en effectuant un test de connaissance du français (TCF), payant, ou en présentant un diplôme équivalent.

L’étape suivante consiste à envoyer le dossier pédagogique aux établissements français dans lesquels le candidat souhaite s’inscrire. En cas d’avis favorable de l’un d’entre eux, les services de Campus France convoquent l’étudiant pour un entretien afin de vérifier l’authenticité des documents fournis, son niveau de français, ses motivations et la cohérence de son projet. À l’issue de cet entretien, l’agent de Campus France donne son avis. S’il est favorable, le candidat est invité à prendre rendez-vous au consulat de France pour déposer sa demande de visa long séjour mention « étudiant ».

Des démarches coûteuses…

Tout étudiant ne disposant pas d’une bourse d’études doit présenter une attestation bancaire justifiant « du dépôt d’un ordre de transfert, permanent et irrévocable, d’un montant minimum de la contre-valeur de 615 euros par mois pour la durée du séjour (base de 12 mois pour une année scolaire ou universitaire) ». Cette somme est conséquente, puisque pour un étudiant marocain par exemple, cela représente deux fois le salaire minimum mensuel dans son pays. De fait, pour pouvoir déposer une demande de visa de long séjour pour études en France, un étudiant marocain doit avoir économisé l’équivalent de deux ans de salaire minimum !

Pour pouvoir déposer une demande de visa de long séjour pour études en France, un étudiant marocain doit avoir économisé l’équivalent de deux ans de salaire minimum.

Gardons l’exemple des étudiants marocains, puisqu’ils arrivent en tête de classement des étudiants étrangers en France (38 000 en 2017). Depuis 2015, tous les consulats de France au Maroc ont externalisé la réception des dossiers de demande et de délivrance des visas à un prestataire privé, la société TLS-Contact. Ainsi, outre les frais inévitables de visas – non remboursables en cas de refus, les demandeurs payent aussi des frais de service à TLS-Contact, équivalant à 269 dirhams (autour de 25 euros).

À leur arrivée en France, les étudiants étrangers doivent se présenter, dans un délai de trois mois à compter de la date d’entrée, aux services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de leur département d’installation, et ce, pour procéder aux formalités d’enregistrement. Une fois l’ensemble de démarches administratives accompli et en s’acquittant d’une taxe de 58 euros sous forme de timbres fiscaux, les passeports de ces étudiants étrangers se voient revêtus d’une vignette attestant l’achèvement des formalités.

… et sans fin

Dès leur deuxième année en France, les étudiants étrangers doivent demander une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant ». Selon l’article L.313-7 du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) français, cette carte est accordée à « l’étranger qui établit qu’il suit en France un enseignement ou qu’il y fait des études et qui justifie qu’il dispose de moyens d’existence suffisants ».

Le niveau de moyens d’existence estimé suffisant est équivalent à la demande initiale du visa long séjour, c’est-à-dire d’au moins 615 euros par mois. Ceci dit, le dossier de demande de cette première carte de séjour temporaire est composé, entre autres, d’un justificatif de ressources financières au montant défini ; un justificatif de domicile ; une attestation d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur et une attestation d’affiliation à une couverture sociale étudiante. La remise de ce premier titre de séjour exige l’acquittement d’une taxe de 79 euros sous forme de timbres fiscaux.

Coûteuse, exigeant plusieurs mois de démarches, la procédure d’obtention d’un visa pour études est révélatrice de la politique d’immigration sélective de la France.

Arrivés au terme de leur cursus, certains étudiants étrangers trouvent des opportunités d’emploi dans l’Hexagone et décident de s’y établir. Cette décision les expose de front à une nouvelle « carrière de papier » (Spire, 2005) aussi tracassante et complexe que les précédentes. En effet, pour qu’un étudiant étranger puisse séjourner légalement en France à l’issue de ses études supérieures et occuper une activité professionnelle salariée, il est soumis à une procédure administrative dite de « changement de statut », au terme de laquelle il passe de statut « étudiant » à celui de « travailleur temporaire » ou de « salarié ».

Ceci étant dit, je vous laisse faire le calcul de la somme de tous ces frais (dossier Campus France + TLS-Contact + frais de Visa + timbres fiscaux à l’OFII) que les étudiants extra-européens paient pour poursuivre leurs études supérieures en France. Coûteuse, exigeant plusieurs mois de démarches, la procédure d’obtention d’un visa pour études Jamid, 2018 est révélatrice de la politique d’immigration sélective de la France. Une sélection qui relève à la fois d’une dimension sociale inégalitaire et d’apparentes logiques économiques, prescrites par les besoins économiques du marché du travail français.

Des mesures contre-productives

Beaucoup d’étudiants étrangers dépendent au cours de leur expatriation en France des ressources financières que leur procurent leurs familles. Nombreux d’entre eux sont originaires de milieux modestes. Pour subvenir aux différentes exigences matérielles liées au séjour de leurs enfants en France, nombreuses sont les familles qui parfois s’endettent. Avec cette nouvelle politique de frais d’inscriptions qui alourdit les charges pesant sur elles, il ne s’agira plus de « Bienvenue en France », mais plutôt « Allez ailleurs, ne venez pas en France » !

Si les étudiants étrangers sont souvent considérés comme des candidats « désirables » à l’immigration en France, correspondant parfaitement aux canons de ce que vous appelez « l’immigration choisie », il n’en demeure pas moins qu’ils sont traités comme tout étranger, soupçonné en permanence de devenir ultérieurement en situation juridique irrégulière.

Alors que le coût de ces étudiants étrangers pour le budget de l’État peut être évalué à 3 milliards d’euros environ, l’apport des étudiants l’économie française se monte à 4,65 milliards d’euros. »

En 2014, Campus France a réalisé une étude auprès d’un échantillon représentatif afin de cerner l’apport économique des étudiants étrangers à la vie du pays. Selon les résultats de cette enquête, en ligne :

« Alors que le coût de ces étudiants étrangers pour le budget de l’État peut être évalué à 3 milliards d’euros environ, l’apport des étudiants l’économie française se monte à 4,65 milliards d’euros dont : 3 250 millions euros en consommation quotidienne de biens et services ; 563 millions euros en frais d’inscription et de scolarité ; 364 millions euros en dépenses de transport aérien auprès d’opérateurs français ; 466 millions euros de dépenses des proches qui rendent visite aux étudiants. »

Peut-être les responsables politiques devraient-ils faire un tour pendant leurs vacances dans des villes comme Brest, Nancy ou Mulhouse, où les étudiants étrangers dynamisent la vie locale. Leurs habitants le confirmeront !

The Conversation

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Togo

APPEL A CANDIDATURE 

Le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation Locale de la République togolaise recrute pour le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF) 

UN DIRECTEUR GENERAL

Principales missions Le Directeur Général coordonne et dirige l’ensemble des activités du CETEF. A cet effet, il a pour missions essentielles de 

  • - proposer en accord avec le conseil d’administration, un plan stratégique de développement du Centre en phase avec les orientations du ministère ;
  • - proposer et mettre en œuvre des plans et programmes d’organisation et/ou de participation aux foires, salons spécialisés, expositions nationales, régionales, internationales, universelles, etc ;
  • - initier des actions et manifestations à caractère promotionnel pour tous les autres secteurs de l’économie nationale ;
  • - organiser des événements visant à promouvoir l’entreprenariat féminin et des jeunes ; 
  • - assurer la coordination, la gestion et la maintenance des infrastructures du Centre – Parc d’exposition et Foires de Lomé ;
  • - gérer et mobiliser le personnel du CETEF autour des missions et des objectifs assignés au Centre 
  • - proposer pour adoption par le CA, le budget, les rapports d’activités et de gestion du centre, les comptes périodiques et toutes autres décisions ou propositions relevant de son autorité ;

 

Profil et compétences Etre titulaire d’un diplôme BAC+5 en Gestion, Management, Marketing, Commerce, Ingénierie et justifier d’une dizaine d’année d’expérience professionnelle à un poste de direction (Direction Générale, Direction Opérationnelle) dans une fonction de management de foires et salons ainsi que l’organisation de grands évènements ; avoir une bonne connaissance de l’activité, du secteur du commerce et des secteurs connexes. Etre parfaitement bilingue et disposer de bonnes capacités d’organisation, de communication et de négociation ; Avoir une bonne connaissance de la gestion axée sur les résultats. 

Le poste est basé à Lomé avec des déplacements à l’extérieur. 

 

Procédure de recrutement Le recrutement se fera en deux (02) phases : une phase de présélection sur étude de dossiers et une phase de sélection à l’issue de tests écrit et oral. Les candidats présélectionnés devront fournir un dossier complet dont la composition leur sera communiquée en temps opportun. 

Les candidats intéressés sont priés d’envoyer leur CV détaillé et actualisé et une lettre de motivation au plus tard le 31 Mai 2022, sur les adresses électroniques suivantes :

recrutement@cssynergie.com et cetef.recrutement@cssynergie.com

Consult Services Synergie BP : 20803 Lomé-TOGO Tél. : +228 22 22 91 35

cssynergie@cssynergie.com

Retrouvez cette annonce sur notre site www.cssynergie.com et www.commerce.gouv.tg

https://www.linkedin.com/company/consult-service-synergie/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2022-05-12 15:01:17
full-time
Égypte

| Institutions-ONG
  Numéro de poste vacant: RAPS/1/2022/AF/01 Le poste est situé au sein de l'équipe d'appui technique au travail décent de l'OIT et du bureau de pays pour l'Afrique du Nord (DWT/CO-Caire) basé au Caire. Les DWTs fournissent un soutien technique de haute qualité, opportun et intégré aux bureaux nationaux dans la conception et la mise en œuvre des programmes par pays de travail décent (DWCPs) en réponse à leurs demandes dans le cadre de plans de travail basés sur les résultats. Ce soutien comprend des conseils techniques et politiques, des informations et des analyses. Le titulaire du poste est chargé de fournir des services consultatifs sur la politique salariale dans l'ensemble de la région africaine, la priorité étant accordée aux pays couverts par le DWT/CO-Caire. Le titulaire du poste fournira également un soutien en matière de dialogue social et de tripartisme, ainsi qu'en matière de négociations collectives sur les salaires et autres conditions de travail. Le titulaire du poste rend compte au Directeur du DWT/CO-Caire et travaille en étroite coordination avec les Directeurs des autres bureaux de pays de l'OIT dans la sous-région. Le titulaire du poste recevra une supervision technique générale et des conseils de la part du Service des marchés du travail inclusifs, des relations professionnelles et des conditions de travail (INWORK) et du Département des conditions de travail et de l'égalité (WORKQUALITY) au siège. L'unité Dialogue social et tripartisme (DIALOGUE) du département Gouvernance et tripartisme (GOUVERNANCE) fournira également des orientations et des conseils techniques. Qualifications requises: Formation Diplôme universitaire supérieur en économie avec une expertise en économie du travail, en administration publique, en relations industrielles, en droit ou dans une autre discipline liée aux études du marché du travail. Expérience Au moins huit ans d'expérience au niveau national ou cinq ans au niveau international en matière de politiques salariales et/ou de relations professionnelles/industrielles. Langues Excellente maîtrise de l'anglais ou du français et connaissance pratique de la deuxième langue. Une connaissance pratique de l'arabe serait un avantage. L'OIT apprécie la diversité au sein de son personnel et accueille favorablement les candidatures de femmes qualifiées. Nous encourageons également les candidats handicapés. Si vous ne pouvez pas remplir notre formulaire de candidature en ligne en raison d'un handicap, veuillez envoyer un courriel à ilojobs@ilo.org. Pour de plus amples informations sur le poste et pour savoir comment postuler, veuillez consulter le site: https://jobs.ilo.org/job/Cairo-Wages-and-Social-Dialogue-Specialist/804334601/. Date limite de dépôt des candidatures (minuit, heure de Genève) : 6 juin 2022    
2022-05-12 13:36:48
full-time
Côte d'Ivoire

| Banque-Finance-Assurance

BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

AVIS DE VACANCE DE POSTE No ADB/22/809

INTITULÉ DU POSTE :

 

DIRECTEUR /DIRECTRICE, POLITIQUE MACROÉCONOMIQUE, PRÉVISIONS ET RECHERCHE 

COMPLEXE :

DÉPARTEMENT :

 

ÉCONOMISTE EN CHEF/VICE-PRÉSIDENCE POUR LA RECHERCHE ÉCONOMIQUE, LE DIALOGUE SUR LES POLITIQUES ET LA GESTION DES CONNAISSANCES (ECVP)

POLITIQUE MACROÉCONOMIQUE, PRÉVISIONS ET RECHERCHE (ECMR)

GRADE 

 

EL5

SUPÉRIEUR HIÉRARCHIQUE :

 

ÉCONOMISTE EN CHEF/VICE-PRÉSIDENT POUR LA RECHERCHE ÉCONOMIQUE, LE DIALOGUE SUR LES POLITIQUES ET LA GESTION DES CONNAISSANCES (ECVP)

LIEU D’AFFECTATION :

 

ABIDJAN, CÔTE D’IVOIRE

INFORMATIONS CONCERNANT LE POSTE :

 

CE POSTE BÉNÉFICIE DU STATUT INTERNATIONAL ET OUVRE DROIT AUX CONDITIONS D’EMPLOI Y AFFÉRENTES.

Si vous rencontrez des difficultés techniques pour soumettre votre candidature, veuillez envoyer un courriel avec une description précise du problème ou une capture d’écran indiquant le problème à : HR Direct HRDirect@AFDB.ORG

No SAP :

 

50092394

DATE DE CLÔTURE :

 

05 JUIN 2022 (à 23 h 59 GMT)

Pour postuler: https://www.afdb.org/fr/poste-vacant/directeur/directrice-politique-macroeconomique-previsions-et-recherche-51389

 

 

LA BANQUE :

Créée en 1964, la Banque africaine de développement est la première institution panafricaine de développement. Elle a pour mission de promouvoir la croissance économique et le progrès social dans l’ensemble du continent. La Banque compte 81 pays membres, dont 54 pays africains (les Pays membres régionaux). Le programme de développement de la Banque vise à fournir l’appui financier et technique aux projets porteurs de transformation qui permettront de réduire sensiblement la pauvreté grâce à une croissance économique inclusive et durable en Afrique. Pour davantage se concentrer sur les objectifs de la Stratégie décennale (2013‑2022) et réaliser un plus grand impact sur le développement, Cinq grandes priorités (High 5) dans lesquelles les interventions devront s’intensifier pour accélérer l’obtention de résultats en Afrique ont été identifiées, à savoir : l’énergie, l’agro-industrie, l’industrialisation, l’intégration et l’amélioration de la qualité de vie des populations africaines. La Banque entend constituer une équipe de direction qui pilotera la mise en œuvre efficace de cette vision.

LE COMPLEXE

La Vice-présidence (ECVP) est principalement chargée d’amener le Groupe de la Banque à donner la priorité à la production, l’analyse, la diffusion, le courtage et la mise en œuvre de solutions du savoir pertinentes dans toutes les priorités opérationnelles des High 5 et les thèmes transversaux de sa stratégie décennale. Ces solutions doivent répondre clairement aux problèmes de développement prioritaires auxquels font face individuellement ou collectivement les pays membres régionaux (PMR), et les PMR doivent être impliqués tant dans leur planification que dans leur mise en œuvre. Au nombre des solutions figurent : i) les recherches touchant aux principaux problèmes de développement auxquels fait face l’Afrique et leur relation avec la gouvernance économique mondiale et les autres biens publics mondiaux majeurs ; ii) les diagnostics pays et les perspectives d’avenir ; iii) le dialogue sur les politiques et les services consultatifs ; iv) les activités liées au savoir économique, sectoriel, et thématique ; v) l’amélioration des systèmes statistiques nationaux et sous-régionaux ; vi) la préparation, la conception et l’appui à la mise en œuvre des opérations de gestion des finances publiques et de gouvernance ; vii) le renforcement des capacités pour la formulation et la mise en œuvre de politiques ; viii) l’assistance technique et les conseils relatifs à la gestion des ressources naturelles par les PMR ; et ix) la diffusion du savoir et l’établissement de réseaux du savoir nationaux, régionaux et interrégionaux.

LE DÉPARTEMENT/LA DIVISION QUI RECRUTE :

Le Département de la politique macroéconomique, des prévisions et de la recherche a pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie efficace et solide pour la production, le courtage et la diffusion de connaissances de haute qualité sur différentes questions de développement économique en Afrique. Le Département apporte un appui technique aux unités opérationnelles et aux pays membres régionaux par des travaux d’analyse rigoureux dans les domaines liés à sa stratégie décennale et aux priorités opérationnelles High 5. De même, le Département travaille en partenariat avec diverses parties prenantes internes et externes pour soutenir ou promouvoir un dialogue politique efficace avec les organes de décision au sein et en dehors de la Banque. Les activités du Département s’articulent autour de la politique macroéconomique, de la soutenabilité de la dette et des prévisions d’une part, et de l’impact microéconomique, institutionnel et sur le développement d’autre part.

LE POSTE

 

Le Groupe de la Banque africaine de développement passe aujourd’hui par une phase exaltante d’ajustement stratégique et structurel, évoluant vers un mode de travail plus collaboratif et transversal. Dans le cadre de ce changement, le Complexe ECVP joue un rôle de premier plan dans le processus de repositionnement du Groupe de la Banque en tant qu’organisation innovante et dynamique qui applique efficacement le principe de l’unité d’action. Ce repositionnement consistera plus particulièrement à accroître la visibilité et l’impact politique de la Banque, en intégrant l’analyse critique des questions économiques dans tous les aspects de ses activités, y compris dans ses projets de recherche et ses actions de sensibilisation, ainsi qu’en ce qui concerne son engagement externe auprès des décideurs, des leaders d’opinion et des autres parties prenantes.

Le Directeur/La Directrice du département Politique macroéconomique, prévisions et recherche contribuera de manière substantielle à la conceptualisation, à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’assurance qualité de l’ensemble des produits du savoir du Groupe de la Banque. Le/La candidat(e) retenu(e)fera partie de l’équipe de direction du Complexe et de l’ensemble de la Banque, jouera un rôle clé dans l’amélioration de l’image publique de la Banque relativement à ses activités et mènera des actions de sensibilisation auprès d’un large éventail de parties prenantes externes, tout en gérant une équipe dynamique de professionnels.

La Banque africaine de développement recherche une personne justifiant d’une solide expérience en économie, faisant preuve d’une logique claire et de créativité, dotée de capacités d’influence avérées et capable de nouer des relations avec des acteurs clés du monde universitaire, des secteurs privé et public et de la société civile, et de les influencer.

Sous la direction générale du Vice-président, le/la titulaire du poste devra de manière générale assumer les fonctions suivantes :

1. Aider à fournir un leadership, des orientations et des prestations stratégiques en matière de politique économique et de recherche au sein du Groupe de la Banque, et à éclairer et structurer le travail de ce dernier par des analyses et des orientations solides.

2. Améliorer et accroître le profil de connaissance externe du Groupe de la Banque, son influence et son impact. Pour ce faire, le titulaire du poste devra assurer une communication crédible et convaincante de l’ambition stratégique de l’institution auprès de publics cibles clés, à savoir notamment les PMR, les décideurs politiques, les leaders d’opinion, les médias, ainsi que d’autres parties prenantes.

3. Constituer, diriger, gérer, encadrer et accompagner un groupe de premier ordre de chercheurs économistes, de statisticiens et d’analystes politiques afin de renforcer les capacités de la Banque en matière de dialogue politique à l’échelle nationale et régionale.

PRINCIPALES FONCTIONS 

Sous la supervision et les conseils de l’Économiste en chef/Vice-président chargé de la recherche économique, du dialogue sur les politiques et de la gestion des connaissances, le Directeur/la Directrice devra s’acquitter des fonctions suivantes :

  1. Validation et exécution du programme de travail
  1. Examiner et valider les objectifs et le programme de travail du Département, en veillant à ce qu’ils soient alignés sur les priorités stratégiques de la Banque, du Complexe et du Département.
  2. Superviser leur exécution et fournir des orientations aux équipes le cas échéant.
  3. Examiner et valider le budget, et sa mise en œuvre effective.
  4. Faire rapport sur l’exécution du programme de travail et proposer des mesures alternatives et correctives si nécessaire.
  5. Contribuer activement à la conception et au suivi de la mise en place des indicateurs clés de performance de l’institution.
  1. Supervision technique des activités du département
  1. Fournir au Groupe de la Banque et aux pays membres des renseignements économiques sur l’évolution macroéconomique, des projections des variables économiques et financières les plus utilisées relativement à l’économie africaine et aux opérations du Groupe de la Banque.
  2. Analyser l’économie des PMR en mettant l’accent sur les High 5, en utilisant des techniques de pointe et en évaluant les stratégies de développement régionales et continentales, tout en insistant sur l’analyse de la soutenabilité de la dette et l’impact des chocs exogènes majeurs sur les agrégats macroéconomiques et les niveaux de vie.
  3. Participer à des études spéciales visant à améliorer les stratégies et la programmation des opérations du Groupe de la Banque, ou diriger celles-ci.
  4. Élaborer des outils d’analyse appropriés en vue de rationaliser les études économiques et sectorielles de la Banque dans des domaines essentiels tels que l’analyse macroéconomique et l’évaluation de l’impact des projets de développement.
  5. Coordonner la préparation des rapports phares du Groupe de la Banque.
  6. Superviser le traitement des principales publications de la Banque, y compris le Rapport sur le développement en Afrique, la Revue sur le développement en Afrique et les publications statistiques annuelles.
  7. Préparer et apprêter les principales déclarations, allocutions et notes d’information pour le Président et les vice-présidents, lors des réunions de haut niveau, des conférences et des missions officielles dans les pays membres régionaux.
  1. Gestion des personnes
  1. Veiller à ce que le Département soit doté des compétences appropriées à tout moment pour la réalisation efficace des objectifs définis dans le programme de travail.
  2. Examiner et valider les besoins en personnel et élaborer, en collaboration avec le département des ressources humaines, les plans de recrutement nécessaires.
  3. Évaluer les performances et le potentiel du personnel et déterminer les besoins en formation.
  4. Mettre en place, avec l’aide du département des ressources humaines, des mécanismes de gestion des talents, pour constituer un pool de talents pour le Département en vue de la continuité des activités.
  5. Prévoir une délégation efficace des responsabilités, en donnant au personnel les moyens d’agir à tous les niveaux.

 

  1. Relations avec les parties prenantes
  1. Assurer une collaboration efficace avec les autres départements du Complexe.
  2. Travailler en étroite collaboration avec les départements opérationnels pour assurer la pertinence des connaissances et des travaux de recherche par rapport aux opérations et aux projets de la Banque.
  3. Promouvoir et entretenir des relations avec les institutions chargées des politiques de recherche et de développement économiques, en particulier celles axées sur l’Afrique.
  4. Agir en qualité d’Économiste en chef/Vice-président par intérim du Complexe de recherche économique, de dialogue sur les politiques et de gestion des connaissances, le cas échéant.
  5. S’acquitter d’autres tâches qui lui seraient confiées par l’Économiste en chef/Vice-président.

COMPÉTENCES (qualifications, expérience, connaissances) 

  1. Être titulaire d’au moins un Doctorat (Ph. D.) d’une université réputée en économie ou dans toute autre discipline pertinente.
  2. Justifier d’au moins dix (10) à quinze (15) années d’expérience pertinente, dont au moins cinq (5) années à des postes de direction. (Avoir précédemment travaillé dans des agences de développement multilatérales, bilatérales ou régionales constitue un atout).
  3. Être parfaitement au fait des débats contemporains en matière de politique économique, au sens large, tant en Afrique qu’ailleurs, sur la base de la théorie économique orthodoxe et hétérodoxe (avoir des contacts dans le milieu universitaire avec d’autres chercheurs spécialistes des sciences sociales s’intéressant aux questions de développement constitue un avantage concurrentiel).
  4. Posséder de solides compétences en recherche macroéconomique et microéconomique et justifier de publications dans des revues à comité de lecture réputées et spécialisées dans le domaine concerné ou dans un domaine connexe.
  5. Afficher une solide feuille de route en matière de conceptualisation, de mise en œuvre et de gestion de la recherche macroéconomique ou microéconomique axée sur les politiques, notamment en assurant la qualité des résultats de la recherche de haut niveau ainsi que l’exploitation, la diffusion et la vulgarisation des connaissances.
  6. Faire preuve d’une connaissance approfondie du rôle des autres institutions de financement du développement dans la facilitation du partage des connaissances sur les réformes économiques et dans la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement.
  7. Faire preuve de solides compétences techniques et quantitatives, plus particulièrement en ce qui concerne l’utilisation de méthodes statistiques et économétriques dans l’analyse des questions de développement économique et dans les domaines connexes.
  8. Démontrer de solides compétences en matière de planification et d’organisation, y compris une capacité avérée à penser de manière stratégique et à appréhender une situation dans sa globalité tout en ayant le souci du détail, des compétences en matière de négociation et de constitution d’équipes, ainsi qu’une capacité avérée à influencer les autres et à présenter des idées.
  9. Être capable d’établir des liens avec les parties prenantes à tous les niveaux, de comprendre leurs intérêts et d’exercer de l’influence sur elles.
  10. Pouvoir gérer les demandes de haut niveau d’une organisation complexe, ce qui inclut la capacité à travailler sous pression et à respecter des délais serrés.
  11. Avoir d’excellentes compétences de communication orale et écrite en français comme en anglais, avec une bonne connaissance pratique de l’autre langue.
  12. Savoir utiliser les applications courantes de la suite Office (Word, Excel, Access, PowerPoint) ; la maîtrise de SAP est hautement souhaitable.

 

Seuls les candidats qui auront satisfait à toutes les exigences du poste et qui auront été retenus pour les entretiens seront contactés. Les candidats devront soumettre un curriculum vitae (CV) complet et tout autre document complémentaire pouvant être requis. Le Président de la Banque africaine de développement se réserve le droit de nommer un candidat à un grade inférieur à celui du poste annoncé. La Banque africaine de développement est un employeur garantissant l’égalité des chances et les candidatures féminines sont vivement encouragéeshttp://www.afdb.org

 

Le Groupe de la Banque africaine de développement ne perçoit aucune contribution de quelque nature que ce soit des candidats tout au long de son processus de recrutement (dépôt des candidatures, étude des CV, entretien d’embauche, traitement final des candidatures). En outre, la Banque ne demande aucune information relative aux comptes bancaires des candidats. Le Groupe de la Banque africaine de développement décline toute responsabilité pour des publications frauduleuses d’offres d’emploi en son nom ou, de manière générale, pour l’utilisation frauduleuse de son nom de quelque manière que ce soit. 

 

2022-05-06 14:48:13
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