Une vie au campus

Rwanda : les premiers jours de cours des étudiants d’Aims Kigali

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Awa, Ines et Jonas font tous les trois partie de la première promotion du master en intelligence artificielle d’Aims à Kigali. Ils livrent à Jeune Afrique Emploi & Formation leurs impressions sur leurs premiers jours au sein du campus.

Il ne se connaissent que depuis un mois mais leur complicité est déjà bien établie. Awa, Malienne de 24 ans, Ines, Rwandaise de 26 ans et Jonas, Camerounais de 24 ans font tous trois parties de la première promotion du master en intelligence artificielle (AMMI) de l’Institut africain des sciences mathématiques (Aims) de Kigali, au Rwanda. Bien que de culture et d’horizon différents, ils se sont liés d’amitié dès les premières heures de l’aventure : « Avec les autres on s’est vite trouvé, c’était presque trop facile ! », se rappelle Awa entre deux rires.

On se lève ensemble, on mange ensemble, on travaille ensemble et on rentre ensemble. »

Travailler dur

Depuis le 24 septembre, leur vie est rythmée par un emploi du temps exigent qui leur laisse peu de temps pour autre chose que le travail. « On s’organise comme on veut mais le matin il faut se lever vers 7 heures 30 et on finit la journée vers 20 heures. On se lève ensemble, on mange ensemble, on travaille ensemble et on rentre ensemble », résume Jonas.

Cette vie au sein du campus d’Aims de Kigali, ils la partagent aussi avec leurs professeurs. En ce moment, c’est Marc Diesenroth, professeur associé à l’Imperial College de Londres et spécialisé en statistiques appliquées à l’apprentissage machine, qui assure le premier module de cours. Au programme : les fondations de l’apprentissage machine. « Contrairement aux autres cursus d’Aims, notre programme est progressif. Nos matières sont un peu comme une suite logique de titres et de chapitres consacrés à une seule matière : l’apprentissage machine. Et avec Marc c’est passionnant. Du moins lui est très passionné ! », plaisante Jonas sous les rires de ses deux camarades.

De toute évidence, intégrer Aims, et d’autant plus le master AMMI, ne semble pas être à la portée de tout le monde.

Motivation

C’est en partie pour Diesenroth et pour les autres pointures dont il profitera des enseignements que le jeune camerounais a choisi ce master sélectif. Même motivation pour Awa : « J’ai vu que les cours seront données par des professionnels, des experts du domaine et que ce serait plus appliqué que ce que j’ai pu faire jusqu’ici », explique la jeune malienne. Anglophone, Ines avance des raisons plus pragmatiques : « Au Ghana, j’ai fait une thèse sur les mathématiques appliquées à l’optimisation des assurances. Elle m’a permis de revenir au Rwanda faire un stage lors duquel je manipulais beaucoup de données. Cela m’a donné envie de tout savoir sur le sujet », explique-t-elle.

On est allégés des autres soucis. On a juste à étudier et c’est déjà beaucoup ! »

Cursus sélectif

De toute évidence, intégrer Aims, et d’autant plus le master AMMI, ne semble pas être à la portée de tout le monde. Les trois étudiants ont présenté de solides dossiers de candidatures. À seulement 24 ans, Awa est diplômée de l’université Houari Boumediene à Alger et déjà titulaire d’un master 2 de l’université Pierre et Marie Curie à Paris. Après l’université du Rwanda, Ines est passée par Aims Ghana. Ingénieur informaticien, diplômé de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (ENSPY), Jonas est lui aussi passé par Aims au Cameroun.

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Tous sont issus des sciences mais ne partagent pas les mêmes connaissances. Dans la promotion, l’entraide se fait donc ainsi : le matheux va soutenir son camarade physiciens qui lui rendra la pareille plus tard. Et le jeu en vaut la chandelle. Pour découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles cultures et aller jusqu’au bout de ses études, le trio de tête bien faites n’a rien à débourser : « Tout est pris en charge. La scolarité, le logement, les repas… On est allégés des autres soucis. On a juste à étudier et c’est déjà beaucoup ! », relève Awa.

Divertissement

Souriant et décontractés, ces étudiants ne semblent pas mener une vie lugubre et isolée : « L’autre jour, nous sommes allés tous les trois au marché pour ramener des petites choses pour une soirée », raconte Awa, qui partage sa chambre avec Ines. Autre moment de détente, les 31 étudiants en intelligence artificielle organisent régulièrement des débats sur des thématiques qui leur tiennent à cœur. Une manière pour eux de parfaire leurs compétences oratoires sans avoir conscience de travailler.

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