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Tunisie : hausse des salaires de 6,5 % dans le textile dès 2019

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Un accord a été signé entre patrons et syndicats pour une hausse des salaires de 6,5 % à partir de 2019. Ce texte reflète surtout la position des dirigeants mais l'UGTT est loin d'avoir déclaré forfait.

Les quelque 160 000 employés du secteur du textile tunisien verront leur salaire de base grimper de 6,5 % à partir du 1er janvier et à nouveau de 6,5 % le 1er janvier 2020. Ces augmentations correspondent à l’accord cadre, signé le 18 septembre, entre l’UGTT, le puissant syndicat des travailleurs, et l’UTICA, le représentant des patrons, sous l’égide du gouvernement. Mais il aura fallu trois semaines supplémentaires de guerre de position entre syndicalistes et dirigeants de la fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) pour entériner, le 10 octobre, le compromis national après que les deux adversaires ont compris qu’aucun ne céderait un pouce de terrain. Et c’est la FTTH qui sort vainqueur. Au moins dans ce premier round.

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Reprise des discussions

« Nous avions deux lignes rouges : pas de hausse de plus de 7 % des salaires de base et qu’elle n’intervienne pas avant le 1er janvier 2019. Nous avons été entendus sur ces deux points », se félicite Néji Karafi, le secrétaire général de la fédération, qui aurait bien voulu que le gouvernement baisse les taxes patronales sur les bas salaires.

Habib Hazami rappelle que cette augmentation de 6,5 % ne couvre pas l’inflation qui culmine à 7,4 %.

Du côté de l’UGTT, qui demandait une augmentation de 10,3 % avec rétroactivité au 1er mai 2018, on concède avoir perdu une bataille mais pas la guerre. « Accepter l’accord au niveau national ne veut pas dire que les discussions sectorielles sont finies », prévient Habib Hazami, le secrétaire général de la fédération générale du textile, de l’habillement, chaussure et cuir (FGTHCC-UGTT), qui annonce d’ores et déjà de nouvelles discussions dans les prochains jours avec la FTTH. « L’objectif, a minima, était d’obtenir une rétroactivité de la hausse des salaires à partir du 1er septembre. » Il rappelle que cette augmentation de 6,5 % ne couvre pas l’inflation qui culmine à 7,4 %.

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Contexte de chute des exportations

L’UGTT veut jouer de la division entre la centrale patronale et les représentants du textile. En mars 2017, la Fédération nationale du textile avait quitté l’UTICA pour créer la FTTH, autonome. Les dirigeants du textile s’opposaient à l’accord national de l’époque entre l’UGTT et l’UTICA qui prévoyait une hausse de 6 % des salaires. Depuis la FTTH s’est réconciliée avec la maison-mère mais elle a préservé une large indépendance de statut, notamment concernant sa capacité à signer des accords de branche. C’est sur cette autonomie que l’UGTT compte s’appuyer pour obtenir des concessions spécifiques au secteur textile.

Les patrons pointent un secteur mondialisé ultra-concurrentiel où les produits made in Tunisie ne font plus autant recette qu’avant avec notamment une chute d’un quart des exportations comparés à 2008.

Ces futures discussions risquent d’être plus tendues. Les patrons pointent un secteur mondialisé ultra-concurrentiel où les produits made in Tunisie ne font plus autant recette qu’avant avec notamment une chute d’un quart des exportations comparés à 2008 couplé à une chute du dinar face à l’euro (-11 % en un an). En face, on répond par d’autres chiffres : la hausse de 3,5 % des exportations vers l’Union européenne au premier semestre 2018 et les 20 % que pèse le secteur dans le PIB.

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