Formation continue

Tribune : comment le numérique se met au service de l’éducation en Afrique

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Pour Antoine Amiel, PDG de la start-up LearnAssembly, spécialisée dans le maintien de l'employabilité et la formation continue auprès des entreprises, le numérique et notamment le téléphone mobile peuvent jouer un rôle dans la formation des futurs leaders africains.

Avec 230 millions d’habitants en 1950 et une estimation de 2,5 milliards en 2050, la croissance démographique africaine crée une pression sur les systèmes éducatifs tout simplement intenable. Depuis quelques années, les initiatives edtech – pour education technology – foisonnent, soit à l’initiative de start-up, soit de rapprochements entre ONG-acteurs étatiques et acteurs venus du numérique, soit venant de grandes entreprises qui voient dans la formation continue un levier stratégique pour réduire la fracture numérique et les écarts de compétences.

Démocratiser l’accès à la connaissance

Restons prudents : la jeunesse de ces initiatives privées ou publiques, l’absence d’études d’impact publiques ainsi que l’enthousiasme débordant et parfois naïf pour tout ce qui est numérique, invite à la prudence. Les innovations edtech ont cependant le mérite de proposer des solutions alternatives pour démocratiser l’accès à la connaissance et offrir des opportunités à ceux qui s’en saisiront. À titre d’exemple, les récentes polémiques autour de l’attribution des marchés publics de livres scolaires en Côte d’Ivoire montrent bien la difficulté de construire un système de formation, allant du primaire à la formation continue, via les canaux institutionnels.

L’enjeu est de donner accès au savoir, en contournant les contraintes structurelles comme l’équipement et l’accès à Internet.

Avec une population rurale oscillant de 30 % à 50 % selon les pays, voire plus dans des pays comme le Niger ou le Tchad, l’enjeu premier est d’arriver à toucher l’ensemble d’un territoire. Les investissements nécessaires à la construction d’écoles ou centres de formation continue sont colossaux; quand bien même les « murs » seraient construits, le recrutement, la formation d’équipes pédagogiques, la création des cursus seraient un travail de titan, auquel vient s’ajouter l’achat de plateformes de diffusion (learning management systems). L’enjeu est donc de donner accès au savoir, en contournant les contraintes structurelles comme l’équipement et l’accès à Internet.

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Les spécificités du continent africain (sous-investissement dans les infrastructures pédagogiques, forte population rurale éparpillée sur de vastes territoires, inégalités dans l’accès à Internet, faible maturité des entreprises sur la formation continue) favorisent l’émergence de stratégies pédagogiques de contournement et d’initiatives passionnantes.

Barrière des coûts

Le coût de l’éducation, primaire ou continue, est une barrière considérable. Pour remédier à ce problème, certains acteurs de l’éducation s’inspirent de modèles venus du mobile banking en utilisant le mobile comme un outil de partage de connaissances mais aussi d’achats de micro-contenus pédagogiques. Le mobile learning est en pleine effervescence en Afrique et propose des moyens d’accéder au savoir réellement innovants.

Le mobile learning est en pleine effervescence en Afrique et propose des moyens d’accéder au savoir réellement innovants.

La start-up kenyane eLimu a poussé ce concept en équipant des tablettes de contenus pédagogiques (activités, vidéos, jeux, quizzes) et en proposant un système de micro-paiement permettant aux parents de n’acheter que certains chapitres d’un manuel. La solution permet ainsi de contourner les problèmes de bande-passante et réduit le prix du matériel pédagogique.

Autre exemple très parlant, la société tanzanienne Ubongo. Elle conçoit des dessins animés pédagogiques interactifs, diffusés à la fois sur les chaînes de télévision nationales et maintenant sur une plateforme réutilisable par des ONG ou professeurs. Mais la société va plus loin que la simple production de contenus digital learning : elle crée des quizzes associés aux cartoons, auxquels les enfants peuvent répondre sur mobile. La complémentarité entre télévision et mobile permet de démocratiser l’accès au savoir, mais aussi de mettre en pratique.On peut également citer Eneza, qui revendique 200 000 étudiants actifs mensuels ou encore Chalkboard Education qui propose une solution de mobile learning sans connexion wifi.

Les solutions de démocratisation de l’éducation en Afrique ne s’arrêtent pas à l’éducation primaire ou secondaire. Au contraire, c’est peut-être sur le plan du lifelong learning, ou formation tout au long de la vie, que tout pourrait se jouer.

Apprendre à apprendre

La formation continue est le meilleur moyen de compenser des inégalités : elle est l’école de la seconde chance. La vague de digitalisation du savoir entamée notamment avec les Massive open online courses (Moocs) est une aubaine formidable pour la formation continue en Afrique, leur gratuité – seul le certificat étant payant – rendant accessible le savoir.

L’enjeu prioritaire n’est pas tant de produire du contenu pédagogique mais bien de développer une culture du lifelong learning

Mais les limites de cette vague de digitalisation sont réelles : au cours de déplacements dans plusieurs pays africains pour y travailler sur les stratégies de formation digitales, j’ai pu constater que l’écrasante majorité des personnes interrogées, pourtant diplômées de l’enseignement supérieur et bien insérées professionnellement, n’avaient tout simplement jamais entendu parler des Moocs, applications de mobile learning ou autres dispositifs pédagogiques, et plus généralement des contenus gratuits ou abordables d’auto-formation.

On le voit, l’enjeu prioritaire n’est pas tant de produire du contenu pédagogique – celui-ci existe déjà ou sera créé -, mais bien de développer une culture du lifelong learning, une culture d’apprendre à apprendre. À ce titre, les entreprises ont un rôle important à jouer. La difficulté à recruter oblige les entreprises à investir dans la formation de leurs collaborateurs. Certaines grandes entreprises panafricaines ou étrangères implantées en Afrique se préoccupent de plus en plus du développement des compétences des salariés pour pallier les manques.

Le digital learning est également un levier puissant pour démocratiser le savoir

Afin de professionnaliser les managers, les entreprises cherchent à faire émerger des modèles de leadership africains, plutôt que d’importer des modèles venus d’Europe ou des États-Unis. L’African Leadership University, dont les campus sont installés à Maurice et au Rwanda – pays moteur de la transformation numérique  – est l’exemple de ces offres universitaires pensées par des Africains pour des Africains.

Le digital learning est également un levier puissant pour démocratiser le savoir; qu’il s’agisse de savoir-faire industriel ou technique, de formations comportementales ou sur le digital, la création de digital learning factories dans des entreprises permet de valoriser le savoir de quelques experts pour le diffuser à tous. Nous avons ainsi observé l’impact de la digitalisation des compétences d’experts qui deviennent ainsi des role models et valorisent le fait d’apprendre.

Créer une culture commune

Cette reprise en main par les entreprises de la formation est une tendance structurelle. Avec la transformation numérique, les entreprises ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin. les opérations de croissance externes menées notamment par des entreprises sud-africaines ou marocaines entraînent des besoins de formation énormes. Le learning est un moyen de créer une culture commune, de réduire les silos. Plutôt que d’attendre et partant du principe qu’elles ont les savoir-faire, elles créent leurs propres contenus, soit sous forme de Moocs d’entreprise, soit de partenariats avec des universités.

En conclusion, si l’accès au contenu pédagogique reste le frein le plus évident pour l’éducation primaire, ce n’est plus le cas pour la formation continue. Certains individus se forment directement sur des cours en ligne ou plateformes de social learning, mais restent encore trop peu nombreux. Les États, les startups et les entreprises ont un effort d’évangélisation et de pédagogie sur le sujet de la formation à faire, pour développer l’empowerment et fluidifier l’accès aux compétences nécessaires au développement du continent.

Ces actions d’empowerment individuels et collectifs peuvent se faire par la création d’incubateurs comme Injini, spécialisé dans l’éducation en Afrique du Sud. Mais aussi par la diffusion de contenus pédagogiques sur mobile ou télévision; par la localisation et le sous-titrage encore trop souvent anglophones ou francophones; par la diffusion de moocs dès l’enseignement secondaire; et enfin par des investissements des grandes entreprises dans la formation, et l’ouverture de ces formations à l’extérieur. Enfin, l’accès au digital learning pour les femmes est probablement l’enjeu le plus complexe et ambitieux. Là encore, l’entreprise a un rôle sociétal à jouer.

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AFRICSEARCH RECRUTE POUR LA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT DES ÉTATS DE L’AFRIQUE CENTRALE (BDEAC), DANS LE CADRE DU RENFORCEMENT DE SON ÉQUIPE :

EXPERT EN PLANIFICATION ET EN STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT H/F

MISSIONS

L’Expert en Planification et en Stratégie de Développement est chargé de la planification et du développement de la banque pour assurer l’efficacité des processus de décision au travers de l’analyse et la disponibilité de l’information.

ACTIVITÉS SPÉCIFIQUES • Au titre de la Planification Stratégique • Définir, planifier, réaliser et contribuer à la mise en oeuvre et au suivi des études économiques de la Banque ; • Suivre les orientations et les programmes de développement économique des pays de la CEMAC ; • Définir des objectifs précis et opérationnels de développement de la Banque en impliquant l’ensemble des acteurs concernés ; • Piloter le programme de développement de la Banque : animation, coordination, validation, respect des échéances, etc. ; • Construire un projet consensuel en précisant les actions prévues, l’échéancier de réalisation ainsi que le plan de financement et de développement ; • Au titre des Etudes • Piloter le programme des études économiques et stratégiques à mener, en identifiant les domaines prioritaires et s’assurer qu’ils sont conformes aux priorités opérationnelles de la Banque ; • Élaborer et rédiger pour chaque pays membre de la CEMAC, des fiches économiques sous forme de fiches de synthèse économiques ; • Contribuer à la réalisation d’études d’impact économique et social des projets financés et à la formulation des stratégies d’intervention et politiques opérationnelles de la Banque ; • Instaurer un cadre de large partage avec le personnel de la Banque à travers la présentation, fiches et notes d’information à l’intention des agents sur les dossiers d’actualité à caractère économique ou d’intérêt pour la Banque. • Au titre de la Statistique : • Collecter les données statistiques relatives à la zone d’intervention de la Banque et à l’environnement économique international ; • Alimenter et de mettre à jour les bases de données micro et macroéconomiques nécessaires aux opérations de la Banque ; • Établir sur la base des projections macroéconomiques des Etats membres de la Banque centrale et des autres institutions multilatérales, des analyses macroéconomiques et de la viabilité de la dette pour chaque Etat membre ; • Contribuer à la production des publications permanentes de la Banque, notamment le Rapport annuel et le Rapport du Président à la Conférence des Chefs d’Etats de la CEMAC ; • Au titre du Suivi des Indicateurs d’Impact Socio-Economiques des Projets et des Programmes : • Définir pour chaque projet et programme financé par la Banque, les indicateurs d’impacts socio-économiques permettant de démontrer, sur la base des données chiffrées, l’impact effectif de l’intervention de la Banque sur l’économie nationale et l’amélioration du cadre de vie des populations ; QUALIFICATIONS & COMPÉTENCES • Avoir un diplôme universitaire niveau Bac + 5 dans les domaines des sciences économiques ou de l’Ingénierie Statistique économique ; • Avoir au moins sept (07) ans d’expérience à un poste d’Expert ou équivalent dans le domaine des études économiques ; • Disposer de connaissances en matière de modélisation économique ; • Connaissance du mode de fonctionnement des institutions financières internationales ; • Bonne maîtrise de l’une des quatre langues : Français, Anglais Arabe ou Espagnol. DOSSIER DE CANDIDATURE • Un CV et une demande manuscrite faisant ressortir la motivation du candidat pour le poste ; • Deux photos d’identité, format 4 x 4 ; • Un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois et un certificat de nationalité ; • Des copies certifiées conformes des diplômes d’enseignement supérieur ; • Un certificat de travail attestant des emplois antérieurs et un extrait d’acte de naissance.  

Pour postuler : Les candidats peuvent postuler en ligne à l’adresse infotg@africsearch.com ou au sein du cabinet AFRICSEARCH TOGO sis à NYEKONAKPOE au 63 Boulevard du 13 janvier 81793 Lomé – TOGO. Tél. : +228 22 20 21 04. Date limite de dépôt des candidatures, le Vendredi 31 Janvier 2020 à 18h00 TU.N.B. : Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s par téléphone ou par e-mail.

Le descriptif du poste est disponible avec plus de détails sur le site web du cabinet www.africsearch.com   AFRICSEARCH
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logo JA3080P083 IOF L’Organisation internationale de la Francophonie regroupe 54 Etats et gouvernements membres, 7 associés et 27 observateurs répartis sur les cinq continents, rassemblés autour du partage d’une langue commune : le français. Consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et de valeurs universelles, elle oeuvre au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable. L’ORGANISATION RECRUTE POUR LE POSTE SUIVANT : • Directeur(trice) de la langue française et de la diversité des cultures francophones - jusqu’au 05/02/2020 Ce poste est basé à Paris. Les personnes intéressées peuvent consulter le descriptif détaillé à l’adresse : https://www.francophonie.org/recrutements-291 OIF
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