Politique

Deux journalistes somaliens libérés sous caution, deux autres restent en prison

Deux journalistes somaliens travaillant pour une importante radio locale ont été libérés sous caution, alors que deux de leurs confrères, arrêtés comme eux en août pour incitation à la violence, ont été maintenus en détention, a-t-on appris mercredi auprès de leurs confrères.

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Mis à jour le 22 octobre 2014 à 15:29

Deux journalistes somaliens libérés sous caution, deux autres restent en prison © AFP

Le propriétaire de Radio Shabelle, Abdimalik Yusuf Mohamud, a été libéré sous caution. Il a dû cependant remettre son passeport britannique aux autorités somaliennes et doit rester en Somalie jusqu’à ce que le tribunal chargé du dossier décide ou non de le juger, a expliqué le Syndicat des journalistes somaliens.

« Nous n’avons rien fait de mal et les accusations portées contre nous sont sans fondement », a déclaré à l’AFP M. Mohamed après sa libération. « Il doivent libérer les autres journalistes et nous permettre d’émettre de nouveau ».

L’autre journaliste libéré est le rédacteur en chef adjoint de Radio-Shabelle, Ahmed Abdi Hassan. Les deux journalistes maintenus en détention — Mohamud Mohamed Dahir et Mohamed Bashir Hashi — travaillent pour une filiale de Radio Shabelle, Sky FM.

Les quatre journalistes rejettent les accusations portées contre eux.

L’importante station somalienne Radio Shabelle et Sky FM sont fermées depuis un raid de la police dans leurs locaux, en août.

Un responsable des forces de sécurité avait alors expliqué que les radios étaient sanctionnées en raison d’une couverture « négative » d’un raid mené le même jour contre un chef de milice locale et qui avait donné lieu à plusieurs heures d’intenses combats dans la capitale somalienne.

Radio Shabelle a été fermée au moins trois fois ces dernières, brièvement, par le gouvernement somalien.

En raison de sa couverture de l’actualité somalienne, la station est aussi régulièrement menacée par les insurgés islamistes shebab.

Plusieurs de ses journalistes et deux de ses directeurs ont même été assassinés – en 2007 et 2012 -.

Le Syndicat des journalistes, qui appelle à un traitement judiciaire « juste » dans cette histoire, a demandé au gouvernement somalien de « permettre aux radios de reprendre leurs activités ».

Mercredi, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a appelé la justice somalienne à garantir un procès équitable aux quatre journalistes, « dans le respect des standards internationaux qui s?appliquent en Somalie ».

Radio-Shabelle a reçu en 2010 le Prix de la liberté de la presse décerné chaque année par RSF et un jury international et est l’une des radios les plus respectées de Somalie.

La Somalie est privée de gouvernement central effectif depuis la chute du régime du président autoritaire Siad Barre en 1991. Le pays est depuis en état permanent de guerre civile, livré aux milices de chefs de guerre, aux gangs criminels et aux groupes islamistes.